Critique

Articles récents

« Barbara » de Mathieu Amalric : le biopic à l’ère de sa reproductibilité technique

Avec Barbara, Mathieu Amalric renverse le biopic majeur par une distanciation humoureuse et de nombreux voyages dans le temps.

« Once Upon a Time… in Hollywood » : Le petit théâtre de Spectres de Quentin Tarantino

Avec « Once Upon a Time... in Hollywood », Tarantino crée une sorte de petit théâtre de spectres qui invoque les esprits, fait déambuler les fantômes et finit par ressusciter les morts.

À partir de « Le Dictateur » : Le corps primitif de Chaplin contre le spectacle télévisuel

Animalité et Satyre dans le cinéma de Charlie Chaplin : redevenir primitif, sale, barbouillé, montrer son derrière, être méchant comme des enfants pour échapper au lissage du spectacle télévisuel.

« Herbes flottantes » de Yasujirô Ozu : Le Phare et la Bouteille

« Herbes flottante » raconte une triple disparition, celles de : l’autorité patriarcale d’un chef, la survie d’une mauvaise troupe de théâtre traditionnelle et la possibilité pour un homme de pouvoir se réconcilier avec son fils.

« Midsommar » d’Ari Aster : Des vertus immersives de l’archétype et de la référence

Pour faciliter l’immersion du spectateur dans les situations vécues par les personnages, accompagnant ceux-ci dans leur descente vers « l’antre de la folie », Ari Aster recourt précisément à des références connues et à des archétypes scénaristiques tels que le trauma initial et la dissémination d’indices.

À partir de « Monsieur Verdoux » : Une trinité de l’obscénité

À partir de « Monsieur Verdoux » jusqu'à « Un Roi à New York », en passant par « Les Feux de la rampe » : analyse d'une trinité de l'obscénité personnifiée par Verdoux, Shahdov et Calvero dans la filmographie de Charlie Chaplin.

« Gatta Cenerentola » : l’anti-Disney

Anti-Disney par excellence, Gatta Cenerentola ose braver les interdits du genre. Pendant près d’1h30, cette relecture du conte s’affirme comme une version moderne, urbaine, adulte et méditerranéenne du film classique de Walt Disney : Cendrillon est aujourd'hui une héroïne moderne.

« Black Mirror » Saison 4 : Le Sacerdoce de Charlie Brooker

En voulant nous sensibiliser à l'humanité des hologrammes et à la cruauté humaine, Charlie Brooker semble délaisser la critique des dangers imminents des nouvelles technologies au profit d'une leçon de morale chrétienne et populiste.

« Call Me by Your Name » : Attachement facile

Réflexions critiques autour de « Call Me by Your Name » de Luca Guadagnino. Comment porter un regard critique objectif sur un film directement lié à l’attachement qui se crée (ou pas) pour les acteurs/personnages ?

Tout révéler : « Carré 35 » d’Eric Caravaca

Hanté depuis toujours par la mort d’une sœur qu’il n’a pas connue et dont on lui a longtemps caché l’existence et les circonstances de la mort, Eric Caravaca essaye de révéler le secret de famille qui a marqué sa propre histoire. Quelle pourrait être la place du spectateur dans cette enquête familiale ?

« Rocco », pornologie du tyran

Rocco, 1500 films, 5000 partenaires, 30 ans de carrière. Il fallait tout ça pour tenter d'épuiser le désir. Mais c’est raté, car le désir ne s’épuisera que dans la mort, pas la petite – aussi grande fut-elle dans une dernière mise en scène d’inspiration christique. La pornologie du tyran raconte l'histoire tragique de cet échec.

« BoJack Horseman » : Un Cheval de Troie nommé Psychanalyse

Avec cette saison 4 de Bojack Horseman, le célèbre cheval de Hollywoo n'est plus que l'ombre de lui-même. Interprétés à l'aide d'une psychologie freudienne caricaturale, les traumatismes familiaux s'imposent comme la clé de lecture du mal-être des personnages.

« Ingrid Goes West » et le simulacre de l’Ego véritable

Contre le postulat d'une solidité de notre Égo, analyse des contradictions, artifices et différents jeux de sens dans « Ingrid Goes West », un film de Matt Spicer avec Aubrey Plaza et Elizabeth Olsen.

« Mindhunter » (Série Netflix) : N’est pas chasseur d’Esprit qui veut !

À partir d'une opposition entre le Mind et le Spirit, Mindhunter renverse le système de croyance de son personnage pour le transformer en une sorte d'Icare de l'Âge de la psychologie. N'est pas chasseur d'Esprit qui veut !

« High Hopes » de Mike Leigh : Noms, Classes, Luttes

Des mondes entiers passent dans les différentes manières d’être appelés, avec ou sans prénom, avec ou sans nom : celui du bourgeois, du marxiste désabusé, de la femme sans qualité, de l'errant. C'est à l'étude de ces noms et de leurs mondes, des classes et les luttes qui s'y dissimulent, que se destine cet article.

« Detroit » de Kathryn Bigelow : mettre le meurtre en scène

Dans Detroit, les images de violence et de meurtre ne servent pas uniquement le spectacle. Elles interpellent également le spectateur par la mise en abyme, racontent une progression vers l’horreur, témoignent d'un monde où le pouvoir se construit par la mise en scène de la violence.

« Have a Good Time ! » : Les Parcs d’attractions désenchantés des Frères Safdie

Pour les frères Safdie, les espaces ont toujours été de grandes zones de jeu indéterminées où se brouillent différents niveaux de réalité cauchemardesques. En inversant les codes du parc d'attractions, ils nous lancent un ironique et désenchanté : « Have a good time ! »

« Happy End » de Haneke : Bourgeois et outsiders, Langues étrangères et accents distinctifs

En optant pour un casting international à l'affiche de Happy End, Michael Haneke joue avec la diversité des langues, des accents, voire des rapports au langage : une diversité qui éclaire les rapports de force entre individus et entre classes sociales.

Michael Haneke : Variations sur l’enfermement

Depuis l’appartement du final du Septième continent jusqu’à celui d’Amour, en passant par la maison de campagne où est séquestrée la famille de Funny Games, Michael Haneke travaille à l'enfermement de ses personnages. Happy End, malgré son titre, ne déroge pas à la règle : Analyse.

« 12 jours » de Raymond Depardon : C’est la Société qui vous parle !

Dans 12 jours, troisième documentaire de Raymond Depardon dans le milieu de la psychiatrie, les mots et les images des patients du Vinatier témoignent de la répression sociale : ils appellent à la compassion qui manque dans une société anesthésiée à force de se vouloir rationnelle.

L’empreinte du Leviathan : « Faute d’Amour » d’Andreï Zviaguintsev

« Faute d'amour » (Loveless) d'Andreï Zviaguintsev raconte une lutte entre un monstre des abysses, dont les traces sont visibles dans les éléments liquides, et un Dieu apportant la Lumière sur le monde.

« Les Proies » : L’homme amoindri et la menace sexuelle chez Sofia Coppola

La figure de l’homme alité et amoindri, à nouveau présente dans Les Proies, traverse la filmographie de Sofia Coppola : qu’il s’agisse du Bill Murray presque végétatif de Lost in Translation ou encore du Jason Schwartzman sexuellement inoffensif de Marie-Antoinette. Analyse d'un motif récurrent.

Les Temps du « Parc » de Damien Manivel : Amour, à Mort de l’innocence amoureuse

Dans Le Parc se raconte l’angoisse d’être englouti par la répétition stérile, qu'elle s’appelle « truisme », « code » ou « généralité ». À rebours, Maxime et Naomie y réinventent les clichés de l'amour : « La tête est l'organe des échanges, mais le cœur, l'organe amoureux des répétitions. »

Le Cinéma de Valeska Grisebach : Toute la Tendresse du Monde

Le miracle des films de Valeska Grisebach n’est peut-être rien d’autre que cette ontophanie de l’ordinaire qu’ils rendent possible, cette révélation quasi photographique du banal qui se produit à chaque instant dans les corps, qu'ils soient au travail ou emportés par la danse.

« Sandy Wexler » : Le Gigantisme métafictionnel de l’Impresario

Lors de son mariage, Sandy Wexler chante devant les stars dont il est, pour le meilleur et pour le pire, l’impresario. Les paroles de la chanson suggèrent que rien ne vaut le spectacle de Hollywood : sous la farce, Adam Sandler fait l'éloge du monde du faux.

« Les Fantômes d’Ismaël » : Récurrences et Hantises du cinéma d’Arnaud Desplechin

L’instabilité est au centre des Fantômes d’Ismaël et du cinéma d'Arnaud Desplechin. Symptôme parmi d'autres, le personnage d'Ismaël, incarné par Mathieu Amalric, titube entre transe quasi-métaphysique et hystérie bouffonesque. Analyse d'un cinéma de l'instabilité.

« Holy Motors » de Leos Carax : Le grand zapping

Tel le spectateur qu’il représente comme noyé dans un déluge d’images et hypnotisé par elles, Carax semble actionner une télécommande invisible pour réaliser un zapping cinéphile et inquiétant. Holy Motors serait-il le cimetière de toutes les images du cinéma ?

« Haramiste » : Portrait du cinéaste en jeune fille

Avec Haramiste, Antoine Desrosières a choisi d'arpenter le chemin tortueux d'un certain cinéma de la cruauté : comme une gigantesque machination théâtrale, comme un complot libidinal de tous les instants...

« Willy 1er » : De l’autre côté du cliché

Admiration de Daniel Vannet, alias Willy 1er, celui dont le règne n'arrivera qu'à se débarrasser des clichés, à commencer par ceux que font entendre nos rires de spectateurs. Car il n'y a d'affirmation de soi que féroce et hargneuse : pour se proclamer libre et irréductible, comme un homme.

« Captain Fantastic » : Simulacre d’anticonformisme et autres contrefaçons

« Captain Fantastic » traite avec une rare hypocrisie un sujet qui méritait plus de sérieux et moins de contrefaçons. Matt Ross opte pour un psychologisme primaire et un humour mainstream qui peinent à masquer le but de son entreprise : être le feel good movie éphémère de la rentrée 2016.

« Les Sauteurs » : la Caméra déchaînée de Sidibé

À la caméra enchaînée de "Broken Land", celle du pouvoir, celle du chasseur, celle du télé-surveillant, s’oppose la caméra déchaînée des sauteurs, celle de ceux qui ne cessent de grever l’attente par le possible, de sauter différentes régions du réel avec la force de l’imaginaire.

« Brooklyn Village » : Panser les plaies sans détourner le regard

Plus que par sa délicatesse, « Brooklyn Village » étonne par sa capacité à affronter sans détours la violence des relations humaines et son désir de les apaiser. Chez Ira Sachs, tout est lisible et donné. Son cinéma cherche à panser les plaies de ses personnages, sans jamais détourner le regard.

Sur la réception de « Nocturama » : Des larmes de sperme aux larmes d’essence

Avec Nocturama, sorti en 2016, Bertrand Bonello ouvre la possibilité d’un débat à la hauteur du contemporain. Rarement un film n’aura été si actuel en se faisant sans cesse dépasser par une certaine réalité toujours trop simple pour penser l'image. Retour sur la réception complexe du film.

« L’Ordre » de Jean-Daniel Pollet

Avec L'Ordre, Jean-Daniel Pollet s'intéresse à l'idée de normalité. Qu'est-ce qui fait que l'on peut qualifier quelqu'un de normal ou d'anormal ? Pourquoi une fois la maladie interrompue, les lépreux n'arrivent pas à se réintégrer en société, voire ne le souhaitent plus ?

« La Tortue Rouge » : Le Négatif déplié d’une Vie

Par son abstraction totale, la langue de Dudok de Wit parvient à se rapprocher de l'un des grands rêves du cinéma d'animation : celui de retranscrire l'invisible par l'imaginaire, sans devoir souffrir des contraintes de la vraisemblance et de la narration.

Le prix de la fiction 2 : Film libéralisme, à partir de Toni Erdmann

« Toni Erdmann » et « Les Amitiés invisibles » interpellent par l'ambition commune qu'ils nourrissent, à savoir une critique du libéralisme contemporain plus ou moins voilée dans l'apparente inoffensivité de la forme : screwball comedy potache pour M. Ade, thriller politique pour C. Hochhäusler.

« Spetters » de Paul Verhoeven : Heurts et malheurs

À passer outre le parfum de scandale qui entoure « Spetters », nous découvrons un film bouleversant, dont la noirceur est proportionnelle au lyrisme qui habite chacun de ses plans : heurts, malheurs, rixes, accidents et heureuses coïncidences fourmillent dans ce chef d'œuvre de Paul Verhoeven.

« Mustang » : Aventures de Lumières

Dans les jeux innocents de celles qui doivent devenir femmes, Mustang laisse entrevoir ce que le langage commun appelle une lueur d'espoir, c'est-à-dire une lueur de savoir, un retour possible des Lumières, au sein des archaïsmes les plus éculés.

Jean-Luc Nancy : « Le corps du philosophe »

En 2003, lorsqu'il filme Jean-Luc Nancy, Marc Grün fait un pari : interroger le rapport du corps du philosophe à la voix et la parole, plutôt que de le reléguer à leur simple accessoire. Par les machines enregistreuses, caméra ou électrocardiogramme, se livre l'autre du monde parlé et conscient.

« Broken Land » : L’Allégorie animale du Migrant

Retour sur les enjeux de l'allégorie politique mise en œuvre dans « Broken Land » par Stéphanie Barbey et Luc Peter à travers le portrait d'Américains frontaliers du Mexique.

« L’imposteur », ou le Masochisme comme Outil critique d’une Réalité sociale

Entre le désoeuvrement général de son existence et la pression sociale relayée par son entourage, Armin revendiquera la responsabilité d'un accident. Il devient un Falscher Bekenner, « Faux confesseur ». C’est par cette fausse confession qu’il fait boiter la domination sociale.

Paloma Faith et la vanité de Paolo Sorrentino

Les déformations du rêve et la vanité de Sorrentino à travers l'analyse du clip de la popstar Paloma Faith dans Youth. Et si Can't Rely on You, qui sert de point de départ à la parodie du réalisateur, était en réalité bien plus fouillé esthétiquement et mieux mis en scène que n'importe lequel de ses films ?

« Youth » : La danse macabre de Sorrentino

Une danse macabre. C'est peut-être ce que manquent les vitalistes qui ne connaissent de la vie que son versant créateur, et les nihilistes qui ne connaissent de la vie que son versant destructeur. Avec Youth, Sorrentino nous invite au carnaval de la vie et de la mort, par définition irrévérencieux.

« Les Incroyants » : Du Monothéisme à l’athéisme ou d’une Croyance à l’autre

Avec Les Incroyants, un documentaire signé Gus Holwerda, c'est tant la religion que la science et la philosophie qui perdent au change. Sous les mots d'ordre proférés par les protagonistes du film, nous n'entendons qu’une autre rengaine marketing dont le slogan serait : « Join the atheists ! »