Rayons verts

Articles récents

« Portrait de la jeune fille en feu » de Céline Sciamma : Pyromanie fumeuse

Film-monstre en même temps que film-somme, « Portrait de la jeune fille en feu » est étouffé par la toute-puissance de son scénario mais scintille néanmoins de quelques brasiers sauvages.

« Ça » d’Andrès Muschietti : Des enfants et leurs parents – et le clown qu’il y a entre eux

Derrière le masque numérique et plâtreux du clown éructant de « Ça » se rappelle une mémoire pharmacologique de l'enfance : celle de combats contre des dragons imaginés depuis le trou noir d'un ordre parental dysfonctionnel et diabolique.

« Liberté » d’Albert Serra : Le crépuscule des idoles

Grevé par un dandysme moignon, « Liberté » d'Albert Serra égrène ce qu'il reste de transgression à une époque du capitalisme tardif où celle-là n’a plus cours, sinon dans les manières consensuelles et festives de sa simulation.

« River of Grass » de Kelly Reichardt : « Evergladed »

Analyse de « River of Grass » de Kelly Reichardt : comme le remake minimaliste et désenchanté, drôle et inventif de toute une tradition cinématographique du road-movie criminel.

« Thalasso » de Guillaume Nicloux : Dialectique de la résurrection des corps

« Thalasso » de Guillaume Nicloux s'impose comme une réflexion sur le corps et la résurrection au cinéma à travers trois icônes : Michel Houellebecq, Gérard Depardieu et Sylvester Stallone.

« Mirage de la vie » de Douglas Sirk : L’or et l’oraison

Au couchant du vieil Hollywood pour lequel Douglas Sirk célèbre alors une oraison, se lève un nouveau soleil, l’or des subalternes qui, le temps est venu désormais, passeront enfin de l’autre côté du contrechamp. Glorieusement.

« Herbes flottantes » de Yasujirô Ozu : Le Phare et la Bouteille

« Herbes flottante » raconte une triple disparition, celles de : l’autorité patriarcale d’un chef, la survie d’une mauvaise troupe de théâtre traditionnelle et la possibilité pour un homme de pouvoir se réconcilier avec son fils.

« Les Trois lumières » de Fritz Lang : La responsabilité d’avoir un destin (ni un drame, ni une fatalité)

Entre archaïsme et modernité, allégorie surannée et dispositif meta moderne, « Les Trois lumières » du démiurge Fritz Lang met son héroïne à l’épreuve morale d’une conversion de la fatalité en destinée – amor fati.

« Animus Animalis » d’Aiste Zegulyte : Quand la Mort nous Regarde

Avec « Animus Animalis », Aistė Žegulytė filme la mort qui regarde la vie à travers une position omnisciente qui pourrait être celle de la mort elle-même si celle-ci devait s'incarner sous une forme narrative.

« Faces » de John Cassavetes : Rire désespéré

Du rire et du désespoir dans « Faces » de John Cassavetes : analyse d'une séquence au cours de laquelle Jeannie essaye de suspendre, par le dialogue, les automatismes sociaux de Richard.

« Ray & Liz » de Richard Billingham : La Maison du bonheur

Étranger à tout misérabilisme, au naturalisme plus contrarié que contrariant, Ray & Liz de Richard Billingham relève à travers le temps quelques affects et souvenirs passés par une banlieue de Birmingham sous le néolibéralisme de Margaret Thatcher.

« Le Bateau phare » de Jerzy Skolimowski : L’exil du paria comme une île

Sous couvert du huis-clos maritime d'un Bateau Phare immobile, Jerzy Skolimowski fait affleurer les vies insulaires de ses personnages : des gangsters théâtraux et immatures au paria en exil tenant le cap de mystérieux principes.

« Synonymes » de Nadav Lapid : Des pays dépaysés

Au dépays de Yoav, le paria de « Synonymes », Nadav Lapid construit une critique mi-tragique mi-rieuse de la culture comme colonialité et la langue comme obscénité, toutes deux expropriatrices.

« The Immigrant » de James Gray : Faire parler le Cœur

« The Immigrant » prête l’oreille à de nombreuses questions de langage. Les différentes langues parlées et la manière dont les personnages s’expriment sont autant d’éléments moteurs d'un récit où les personnages tentent de s’affranchir de leur milieu comme de leurs démons intérieurs, en posant des mots sur leurs plaies.

« L’Épouvantail » de Jerry Schatzberg : Deux hommes et un Cadeau

Dans l’Amérique fêlée des seventies, Jerry Schatzberg se penche avec douceur sur le road trip chaotique et attachant de deux marginaux que la vie a beaucoup roulés et trop bousculés. Pourtant, Max et Lion n’ont pas renoncé à lui faire un joli cadeau. Parce que tous les épouvantails ont le cœur tendre.

« Dark Crystal » : Les Marionnettes et le Pouvoir des Corps

Entièrement réalisé avec des marionnettes, « Dark Crystal » est pourtant profondément habité par des questions de corps. Comme si l’absence d’être humain et de corps en chair et en os était l’occasion idéale pour questionner les limites et les pouvoirs des yeux, des mains ou encore des voix.

Épiphanies 2018 : Tentative de ne pas faire un Top Annuel

41 épiphanies pour autant d'occasions de ne pas faire de top cinéma 2018 : ni hiérarchie, ni jugement de goût, rien que le passage d'affects quelque part entre les écrans de cinéma et les pensées et les corps des spectateurs.

« Inherent Vice » de Paul Thomas Anderson : La Raison en Fumée

Paranoïaques, hystériques, identitaires. Avec « Inherent Vice », Paul Thomas Anderson égrène les figures de la raison malheureuse et hystérique à l'ère du capitalisme. Et si le détective, cette figure grise, offrait quelques échappées - sous la forme de volutes cannabiques - à la subsomption intégralement désintégrative du capital ?

Mad Men, des visages promettent la lune

Des visages promettent la lune dans la série « Mad Men » créée par Matthew Weiner : de la reconstruction de soi et du rêve américain étudiés à travers l'existence publicitaire d'un visage qui promet beaucoup, celui de Donald Draper.

« Burning » de Lee Chang-Dong : Le feu invisible des Great Hungers

Analyse du monde invisible de « Burning » : celui des Great Hungers où le rôle du feu, de la lumière et des éléments disséminés (le chat, le puits, les serres ou les meurtres) est déterminant.

« L’Heure de la sortie » et la Collapsologie : Trembler ensemble

Dans le sillage de « Melancholia », « L'Heure de la sortie » de Sébastien Marnier pourrait bien être le premier grand film français de collapsologie : accueillir la peur pour faire le deuil d'un monde qui s'effondre; entrevoir une autre fin du monde possible.

« Coincoin et les Z’inhumains » : L’identité frontalement biaisée

Avec Coincoin et les Z'inhumains, Bruno Dumont continue à saborder le naturalisme des représentations et des identités : dans la farce et les éclats de rire carnavalesques s'annonce la fête des masques identitaires rendus, abattus et révélés dans leur facticité bariolée.

Ce que racontent les oreillettes : « Baby Driver » et « Les Gardiens de la Galaxie»

Que peuvent donc nous apprendre les oreillettes du walkman de Peter Quill et de l'Ipod de Baby ? Analyse croisée de la musique des Gardiens de la Galaxie, réalisé par James Dunn en 2014, et de Baby Driver, réalisé par Edgar Wright en 2017.

« Persona » d’Ingmar Bergman et « Trois femmes » de Robert Altman : La perte de l’identité féminine

Analyse croisée de « Persona » d'Ingmar Bergman et de « Trois femmes » de Robert Altman autour de la question de la perte de l’Identité Féminine. Que nous apprennent ces deux films sur la femme lorsqu'ils explorent la thématique de l’échange d’identité ?

Les Voyages inopérants et les Quêtes spirituelles chez Jim Jarmusch

Les quêtes spirituelles qui traversent le cinéma de Jim Jarmusch n'ont pas besoin du voyage pour s'accomplir. Elles peuvent faire du surplace et se réaliser au creux d'un divan ou sous le nez des personnages. Analyse croisée de « Only Lovers Left Alive », « The Limits of Control » et « Paterson ».

« Lady Bird » de Greta Gerwig : Les Troubles de l’identification

Objet hybride, condensant une période diégétique assez longue dans le cadre très restreint, voire formaté, d’une comédie rythmée et réduite à son heure et demi syndicale, Lady Bird trouble l'identification du spectateur aux personnages tout en la stimulant.

« L’insulte » de Ziad Doueiri : Le Flashback en procès

À partir d’une simple injure dans une rue de Beyrouth de nos jours, « L’Insulte » de Ziad Doueiri explore le passage d’un conflit entre deux hommes à celui d’un pays tout entier, un conflit du présent qui voit également se rouvrir les plaies du passé.

« Broken Flowers » de Jim Jarmusch : La quête de Dissemblance de Bill Murray

« Broken Flowers » dépasse un comique s'amusant des clichés et une poétique du décalé pour raconter, à partir d'un travail autour de la ressemblance, une quête de dissemblance angoissante. Et si cette quête était aussi celle de Bill Murray, dont le fils, Homer, apparaît à la fin du film ?

Épiphanies 2017 : Tentative de ne pas faire un Top annuel

Plutôt qu'un énième top 2017, retrouvez une série de micro-épiphanies racontées par les expérimentateurs du Rayon Vert. Ce n'est pas de la science-fiction, c'est par là que le cinéma est passé.

« L’Épreuve de force » de Clint Eastwood : La meilleure façon de conduire

Depuis la Ford Galaxie 500 de l’inspecteur Harry Callahan jusqu’à la Gran Torino de Walt Kowalski, en passant par L'Épreuve de force, nombreuses sont les images de routes avec Clint Eastwood au volant. Histoire d'un lonesome driver : « Enjoy it while it last ».

Hantologie de la Frontalité : du Surgissement des Démons dans « It Comes At Night »

Comment ce qui hante l'esprit se présente à l'être tourmenté ? « It Comes At Night » cherche à répondre esthétiquement à cette question en travaillant sur la frontalité comme espace où se manifestent les démons.

« Brève Rencontre » de David Lean : Entre le Bruit et la Musique

Sorti en 1945, « Brève rencontre » de David Lean raconte une histoire d’amour passionnel et interdit entre deux êtres à la vie bien rangée, Laura et le docteur Alec, en travaillant de manière originale sur le son : bruit ou musique, incarné ou non, le son constitue un langage à part entière.

« Paterson » de Jim Jarmusch : La Quête de la Légèreté

« Paterson » montre la difficulté pour un homme qui se rêve poète, un poil orgueilleux et pratiquement incapable de s’accorder avec ce qui l’entoure, de retrouver la simplicité et la légèreté, aussi bien dans ses mots que dans son quotidien.

« Premier Contact » : Les Extraterrestres, les Écrans et Nous

Télévisions, ordinateurs, tablettes, sans oublier ce qui sépare les heptapodes et les humains à l’intérieur du vaisseau : « Premier Contact » est parsemé d’écrans. Et si le réalisateur proposait, derrière la rencontre entre humains et extraterrestres, une mise en abyme du spectateur de cinéma ?

« Certaines Femmes » de Kelly Reichardt : Kelly’s Cutoff

Kelly Reichardt opère une constante déstabilisation du regard : tout en enracinant ses personnages dans un microcosme prosaïque, elle les abandonne à leurs errements dans une immensité aussi aride qu’accueillante, terrain d’une poétique de la déviation...

Il y a péril en la demeure : À propos de « La Femme infidèle » de Claude Chabrol

Craquelant les faux-semblants des bourgeois interprétés par Michel Bouquet et Stéphane Audran dans La Femme Infidèle, Claude Chabrol déchaîne une passion folle et sauvage qui troublera définitivement la paix du ménage : étude de la mise en scène d'une Nature non-domestiquée.

Boire la tasse dans ses larmes avec « L’Effet aquatique »

Dans la très belle scène où Agathe « boit la tasse dans ses larmes », « L'Effet aquatique » trouve ce moment de révélation où le personnage se laisse submerger par ses affects. Cette scène marque l'aboutissement d'un travail précis sur l'hétérogénéité d'un petit monde bariolé.

« Neon Bull » de Gabriel Mascaro : Les Silences et la Nuit

Rodéo nous donne l'occasion de mieux comprendre deux caractéristiques esthétiques du cinéma sud-américain : les silences et le recours aux passages oniriques : il y va de l’originalité d'un regard, d'un réel travail esthétique ainsi que d'un usage subtil des puissances du cinéma.

« Orpheline » : Dialectique de l’effeuillage, peaux et clichés

Dialectique de l'effeuillage des peaux dans Orpheline, par laquelle le réalisateur des Pallières et la scénariste Christelle Berthevas racontent l'histoire d'une femme avec quatre actrices différentes (Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Solène Rigot, Vega Cuzytek)

« Anomalisa » & « Her » : Le chant des sirènes contemporaines

Il arrive régulièrement que des œuvres empruntent des chemins inédits pour nous parler d’amour autrement. C’est le cas de « Her » (2013) et de « Anomalisa » (2016) qui rejouent, à leur manière, l’appel des sirènes de l’Odyssée.

Prisonniers du désert : sur Terrence Malick, Bruno Dumont et Werner Herzog

Dans Knight of Cups, Terrence Malick subvertit les données du roman de chevalerie ou du récit picaresque pour faire affleurer à leur surface ce qui serait le squelette d’une sensation ou d’un souvenir. Analyse de l’expérience et de l’épreuve du temps chez Malick, Dumont et Herzog.

« Midnight Special » de Jeff Nichols : Protéger le fantastique d’une existence

« Ce que j’ai compris, c’est que quand on a un enfant on abandonne une part de soi à l’univers » : analyse des thèmes et motifs fantastiques présents dans « Midnight Special » du réalisateur américain Jeff Nichols.

« Souvenirs de Marnie » : Les Cercles d’Anna

Pour vivre, nous dit magnifiquement Souvenirs de Marnie, il faut s'inventer des cercles, des sphères, des micro-univers, se tenir à l'intérieur, s'y épanouir, puis pouvoir grandir avec, c'est-à-dire les oublier, parce qu'ils sont éphémères, tout en s'en rappelant comme des événements fondateurs.

« La Loi du marché » : Un dernier cours de danse…

Avec « La Loi du Marché », Stéphane Brizé pose la question des liens qui rattachent les hommes à la société. Comment maintenir ces liens alors que tout s'écroule ? Quelle réaction adopter face à la déshumanisation croissante de la société qui en brise les fondements ?

Histoires de Rayons Verts : Phénomène physique, Critique de cinéma, Spectateurs mélancoliques

En s'appuyant sur la physique, un roman de Jules Verne et un film de Rohmer, ce texte déplie les différents aspects théoriques et pratiques contenus dans le concept de rayon vert : un type de perception, une manière de concevoir la critique de cinéma, une expérience de spectateur.