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BRIFF

Depuis 2018, le BRIFF – Brussels International Film Festival – fête le cinéma sous de multiples formes : compétitions à plusieurs niveaux, panorama belge, projection en plein air, masterclasses, rétrospectives, avant-premières, soirées de galas, concerts. L'occasion, également, de découvrir certains films qui n'ont pas pu bénéficier d'une sortie dans les salles belges.

Alfredo et Afonso rejouent un tableau de Rubens dans "Feu Follet"
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« Feu follet » de João Pedro Rodrigues : L’arbre et le phallus

9 juillet 2022
À travers une rêverie musicale et la fable d'un roi sans couronne qui veut devenir pompier pour protéger les arbres, João Pedro Rodrigues établit dans Feu Follet un lien entre une communion sexuelle et une communion avec la nature, avec comme ciment l'amitié et des images fortes comme autant d'allégories visuelles et textuelles auxquelles peut se raccrocher un spectateur invité à contempler cette fantaisie sexuelle et écologique flamboyante, comme un spectacle à la fois ouvert au monde et circonscrit à la forme donnée par son auteur.
Des habitants du village polonais des images d'archives dans Three Minutes : A Lengthening
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« Three Minutes : A Lengthening » de Bianca Stigter : Véracité d'une archive

5 juillet 2022
Avec Three Minutes : A Lengthening, Bianca Stigter apporte sa pierre à l'édifice de la très longue histoire de la représentation de la Shoah au cinéma. En travaillant uniquement au départ de trois minutes d'archives sur lesquelles se superposent des témoignages, elle fait se rencontrer deux traditions de pensée généralement opposées.
Carmen (Aline Küppenheim) dans la poterie au début de 1976
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« 1976 » de Manuela Martelli : Petite histoire d'une seconde chance

4 juillet 2022
En faisant revivre le spectre d'une grand-mère partie trop tôt, 1976 est porté par un refus de la fatalité et de la tristesse. Loin de toute démonstration de force, Manuela Martelli, sous l'influence de Chantal Akerman, fait le choix d'une certaine forme de minimalisme pour raconter son histoire de seconde chance.
Neil Bennett (Tim Roth) prend le soleil sur la plage dans Sundown
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« Sundown » : Interview de Michel Franco

2 juillet 2022
De passage à Bruxelles pour la cinquième édition du BRIFF, Michel Franco présentait Sundown, qui est peut-être, avec Chronic, son film le plus doux et le plus abouti.
Les enquêteurs de "La Nuit du 12"
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« La Nuit du 12 » : Interview de Dominik Moll

1 juillet 2022
Dans « La Nuit du 12 », Dominik Moll s'empare du genre "piégé" de l'enquête policière et confère à la figure du policier une dimension quasi mythologique de passeur ou de réceptacle d'émotions. Son passage à Bruxelles, lors du BRIFF, était l'occasion pour nous de décrypter et d'analyser avec lui ce film, ainsi que de revenir sur l'ensemble de son œuvre et des obsessions qui la nourrissent : de la hantise au mal en passant par l'animalité.
Kiril dans la forêt dans Une bosse dans le cœur
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« Une bosse dans le cœur » de Noé Reutenauer : Un miroir comme un autre

30 juin 2022
Avec Une bosse dans le cœur, Noé Reutenauer réussit avec brio un film sur la trisomie où il tend un miroir au spectateur qui pourra réfléchir sur les fondements de sa propre existence. La notion d'humanité peut alors être comparée à un grand puzzle dont chacun recolle les morceaux à sa façon. Nous avons tous des bosses dans le cœur, logées quelque part au croisement du réel, des rêves et de la spectralité.
Lucie (Lucie Debay) en armure et sur son cheval dans les montagnes dans Lucie perd son cheval
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« Lucie perd son cheval » de Claude Schmitz : Faut pas perdre le film

15 septembre 2021
Dans ce film coupé en deux, chamboulé et disparate, Claude Schmitz, tout comme son personnage Lucie, s’en tient néanmoins à une devise qui semble devoir présider à la construction de sa filmographie en devenir : « Faut pas perdre le fil ». Aux nombreuses questions qui restent en suspens chez le spectateur à la fin de Lucie perd son cheval, Claude Schmitz répond sans tergiverser, tout en promettant une suite qui permettra peut-être d’y répondre encore un peu mieux ou, au contraire, de les prolonger et de les complexifier.
La gérante du kiosque dans Le Kiosque
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« Le Kiosque » d’Alexandra Pianelli : L’Art de la miniature

12 septembre 2021
Dans l’espace cloisonné d’un kiosque, derrière son comptoir, Alexandra Pianelli s’adonne à un art de la miniature qui, par l’accumulation de ses petites touches et la juxtaposition de ses petites couches, tend à une ampleur et une densité au départ insoupçonnée. Quand le « tout petit » peut prétendre sans le vouloir et sans s’en rendre compte au « grand ».
Un révolutionnaire s'attaque aux bourgeois dans Nouvel Ordre (New Order)
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« Nouvel ordre » de Michel Franco : Rien de neuf sous l’éternel soleil de la misanthropie

7 septembre 2021
Avec son titre ironique, son Mexique dystopique et sa vision extrêmement noire et désespérée du monde et de la nature humaine, Nouvel ordre de Michel Franco semble tout faire pour parer à la moindre critique et au moindre débat. Il est en quelque sorte le point culminant d’un cinéma de la misanthropie qui échappe à toute tentative de décantation et ne cultive aucun mystère. Tout est dit, tout est montré. Le film devient alors une démonstration.
Arnaud dans la forêt dans Soy Libre
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« Soy Libre » de Laure Portier : Se libérer du film

5 septembre 2021
En filmant son frère Arnaud dans une quête de liberté après un enfermement forcé, Laure Portier lui donne également la possibilité de se libérer d’un carcan filmique qu’elle aura mis en place avec le concours du premier intéressé. Soy Libre montre au final une libération, à la fois réelle et cinématographique, en donnant l’occasion à un « personnage » de cinéma de se libérer de son film.
Clarisse (Vicky Krieps) au volant de sa voiture dans Serre moi fort
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« Serre moi fort » de Mathieu Amalric : La projectionniste et son film intérieur

4 septembre 2021
Serre moi fort est-il un film (trop) cérébral ? Renferme-t-il un mystère trop opaque ? Le film de Mathieu Amalric interroge en tout cas la projection mentale en la mettant en parallèle avec la projection cinématographique tout en invoquant des fantômes. Si la recherche de l’explication prime sur l’immédiateté de l’émotion, il s’agit malgré tout d’un film qui hante autant qu’il est hanté.
Un papillon du film Pyrale
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« Pyrale » de Roxanne Gaucherand : Vers la lumière

8 juin 2021
Moyen métrage mêlant documentaire et fiction, Pyrale fait se rencontrer la réalité documentaire d’une invasion de papillons asiatiques dans le sud de la France et la fiction d’une histoire d’amour adolescente. Le film questionne cette rencontre à travers les figures allégoriques du papillon et de la lumière.
Deux danseurs s'embrassent dans Si c'était de l'Amour
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Interview de Patric Chiha pour « Si c'était de l'Amour »

11 septembre 2020
"Mettre en scène, ce n'est pas diriger mais aimer assez le monde et les gens pour qu’ils vivent d’eux-mêmes". Dans ce grand entretien autour de « Si c'était de l'Amour », Patric Chiha revient sur sa conception de la mise en scène, du montage et de l'auteur. En filmant les répétitions et les coulisses de « Crowd », un pièce proposée par la compagnie de danse de Gisèle Vienne, Patric Chiha s'interroge sur la condition de l’artiste au travail et sur sa propre méthode de cinéaste. Tout comme les danseurs du spectacle recherchent toujours quelque chose en eux ou chez l’autre, pour comprendre ou être stimulé, le cinéma de Patric Chiha s’épanouit aussi dans une démarche de recherche constante et d’échange, toujours dans un équilibre instable, voire impalpable, entre documentaire et fiction. "L’émotion étant le contraire du contrôle, je ne crois pas que l’on puisse émouvoir s’il y a un programme, un plan. L’émotion est une surprise, un événement qui interrompt le fil des choses. Une émotion prévue n’est par essence pas une émotion".
Les policiers dans la rue face aux manifestants dans "Un pays qui se tient sage"
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Interview de David Dufresne pour « Un pays qui se tient sage »

8 septembre 2020
"Avant, il n'y avait rien" : c'est par ces mots que David Dufresne souligne l'importance des images qu'il a regroupées et montées dans « Un pays qui se tient sage ». Depuis deux ans, nous avons donc des images des violences et des pratiques policières. Nous pouvons maintenant penser avec elles. Le film, tourné vers l'avenir, se pose comme un champ de réflexion autour de ces images grâce à un dispositif où différents intervenants échangent à égalité "sans qu'il n'y ait de parole autorisée d'une part et de parole plus faible de l'autre". David Dufresne répond avec générosité à nos questions plus critiques et évoque plusieurs séquences du film d'un point de vue cinématographique.
Elia Suleiman devant la mer dans It Must Be Heaven
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« It Must Be Heaven » de Elia Suleiman : Palestiniens partout, Palestine nulle part

11 décembre 2019
« It Must Be Heaven » d’Elia Suleiman parle de la Palestine comme d'un "dépays" comique et mélancolique dont la circonférence serait partout et le centre nulle part ; et des Palestiniens comme une espèce en voie de disparition tandis que monte un devenir-palestinien global.
Les fous dans Koko-di Koko-da deJohannes Nyholm
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« Koko-di Koko-da » de Johannes Nyholm : Immersion dans un cauchemar interactif

17 juillet 2019
« Koko-di Koko-da » se présente à la fois comme un objet de fascination où la place du spectateur ne cesse de fluctuer et une surprenante tentative de croiser le film d'auteur, le film de genre et le film "à sujet".
Doria Tillier et Alka Balbir dans Yves de Benoit Forgeard
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« Yves » de Benoît Forgeard : L'ennemi le plus intime

6 juillet 2019
Depuis la critique potache d'un monde où le capitalisme relève de l'air conditionné, et de l'évaluation des ambivalences de ce tiers démoniaque incontournable qu'est l'intelligence artificielle, « Yves » de Benoît Forgeard propose sur le fil – cronenbergien – un nouvel agencement du désir et de la libido.
Les deux adolescentes dans Zombi Child de Bonello
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« Zombi Child » : Interview de Bertrand Bonello

3 juillet 2019
Bertrand Bonello, qui se présente à la fois comme architecte et cinéaste instinctif, revient dans cet entretien sur sa méthode de travail, son utilisation de la musique et de thématiques fantastiques comme l'idée de possession.
Des animaux empaillés dans Animus Animalis de Aistė Žegulytė
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« Animus Animalis » d'Aiste Zegulyte : Quand la Mort nous Regarde

1 juillet 2019
Avec « Animus Animalis », Aistė Žegulytė filme la mort qui regarde la vie à travers une position omnisciente qui pourrait être celle de la mort elle-même si celle-ci devait s'incarner sous une forme narrative.
Ella Smith et Justing Salinger dans Ray & Liz
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« Ray & Liz » de Richard Billingham : La Maison du bonheur

31 mai 2019
Étranger à tout misérabilisme, au naturalisme plus contrarié que contrariant, Ray & Liz de Richard Billingham relève à travers le temps quelques affects et souvenirs passés par une banlieue de Birmingham sous le néolibéralisme de Margaret Thatcher.
Alina Serban et Tom Vermeir dansent dans Seule à mon mariage
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« Seule à mon mariage » : Interview de Marta Bergman

7 février 2019
Entretien avec Marta Bergman autour de la sortie de « Seule à mon mariage », son premier film, qui contourne les clichés du cinéma naturaliste et ceux entourant la communauté rom. La réalisatrice évoque ses choix narratifs et esthétiques ou son travail sur la musique et la personnalité de Pamela, le personnage principal du film.
Virginie Efira et Kacey Mottet Klein dans Continuer de Lafosse
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« Continuer » de Joachim Lafosse : C'était un beau Cheval Blanc...

25 janvier 2019
« Continuer » n'apporte pas le bol d'air frais dont le cinéma de Joachim Lafosse avait tant besoin. Ce n'est qu'un triste film psychologique de plus, manipulateur et bourré de clichés, dans la filmographie d'un metteur en scène indécrottable que rien ne semble pouvoir arracher à sa posture de "petit instituteur".
Victor Polster dans Gir de lLukas Dhont
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« Girl » de Lukas Dhont : La Preuve par l'Exemple à (ne pas) suivre

15 octobre 2018
Plombé par la malhonnêteté et le voyeurisme « inconscient » de la mise en scène de Lukas Dhont, « Girl » n'est qu'un énième film à sujet se servant du devenir-femme de son héroïne comme port-étendard.
Pierre Deladonchamps et Vincent Lacoste dans Plaire aimer et courir vite
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« Plaire, aimer et courir vite » : Christophe Honoré et les prisons de la cinéphilie

1 juillet 2018
La cinéphilie, chez Honoré, ne s'assimile-t-elle pas à une forme d'imaginaire policier ? Petite étude des références présentes dans « Plaire, aimer et courir vite » et de la scène de rencontre, qui traduisent peut-être d'abord une recherche de légitimation par le bon goût et une certaine tendance à exclure ceux qui ne le partageraient pas.