Esthétique

Articles récents

« Santiago, Italia » de Nanni Moretti : La Morale de la Partialité

Avec « Santiago, Italia », Nanni Moretti applique au documentaire la recette bien connue de son cinéma : un engagement partial et intime. Il fait ainsi le pari de prendre à rebours certaines tendances morales du cinéma documentaire.

Interview de Marianne Basler : donner du sens dans le non-dit et l’épure

Marianne Basler évoque avec nous son travail avec Michael Hers, Paul Vecchiali, Jean-Pierre Mocky, Woody Allen, Christian Petzold ou encore Jacques Rivette.

« One Cut of the Dead » : Un Abécédaire du Cinéma

Avec « One Cut of the Dead », Shin'ichirô Ueda signe un abécédaire du cinéma traitant à la fois du genre, de la grammaire et de la réception.

« Peu m’importe si l’Histoire nous considère comme des barbares » : Tragédie de l’Histoire, farce noire de la mémoire

D'une tragédie de l'histoire, de la farce noire de la mémoire : étude critique de la représentation à l'épreuve de l'histoire dans « Peu m'importe si l'histoire nous considère comme des barbares » de Radu Jude.

« Basse Normandie » de Patricia Mazuy : Les écarts du Making-of

Troisième volet d’une série consacrée au cinéma de Patricia Mazuy, quelque part entre fiction et documentaire, « Basse Normandie » s’offre aux écarts du making-of à l’occasion d’une représentation des « Carnets du Sous-sol » de Dostoïevski.

« Dumbo » de Tim Burton : L’Éléphant qui réenchante les Regards

Dumbo est un corps par lequel le réenchantement est possible. Ce qui a pour effet de briser la logique marchande du film et de laver les cœurs des personnages de leur noirceur.

« Le Roi Lion » : Idéologies de la Fable Disneyenne

Derrière les beaux sentiments, « Le Roi Lion » cache une série de contradictions : le discours de Zazu, le rabat-joie de service, finira par aboutir ; Timon et Pumba énoncent un message inaudible opposé à la fable disneyenne ; le projet « politique » de Scar s’avère tout aussi intenable dans un monde qui décrédibilise ses idées.

« Bienvenue à Gattaca » : Un Rêve à l’épreuve de la Science

« Bienvenue à Gattaca » affiche une simplicité étudiée. C’est dans une succession lente, où seuls changent les cadrages qui passent des corps aux visages pour révéler le processus d’humanisation des relations inter-personnages, que réside la poésie singulière du film, où les êtres expriment leur beauté plastique et leur âme.

Trouver le lieu de ses promenades : le cinéma de Kelly Reichardt au prisme des coordonnées de l’« américanité »

De « River of Grass » à « La Dernière Piste », en passant par « Old Joy » et « Wendy et Lucy », analyse croisée du cinéma de Kelly Reichardt et de la littérature américaine sous les thématiques du paysage, du road-movie et de l'utopie.

« The House that Jack Built » de Lars von Trier : Le démiurge et ses contrariétés

À l'occasion de la sortie de « The House that Jack built », portrait de Lars von Trier en démiurge pervers maintenant film après film le cap de la contrariété : celle du spectateur, et la sienne propre, jusqu'à la mortification.

La Médiation du Regard dans le cinéma de Fassbinder

Analyse du travail effectué sur la médiation du regard et le cadrage par Rainer Werner Fassbinder dans "Martha" ou "Tous les autres s’appellent Ali".

« Le Labyrinthe de Pan » : Porosité des mondes, Porosité des genres

Ancré dans une réalité historique avérée, le Labyrinthe de Pan s'articule selon les codes du conte et du merveilleux : retour sur les trois épreuves d'Ofelia et la symbolique du film de Guillermo del Toro, quand le corps féminin se fait territoire de résistance et de renaissance.

« Insectes » : Le Testament de Jan Svankmajer

Avec Insectes, Jan Švankmajer met images son ultime manifeste pour un cinéma artistique, le legs d'un autre cinéma d'auteur qui se perd : donner forme à une intention qui laisse place au rêve, à l’imagination et à l'artifice, dans le droit fil de la tradition inaugurée par Georges Méliès.

« Le Roman de Werther » de Max Ophüls : Impossible n’est pas français

Sans relever une seule seconde du film à thèse, « Le Roman de Werther » de Max Ophüls est une démonstration par les images que le texte de Goethe est tout bonnement incompatible avec l’esprit français.

« La Femme des sables » : Le Mythe de Sisyphe à l’ère atomique

Exploration des territoires physiques et psychiques construits par Hiroshi Teshigahara dans le désert post-atomique de La Femme des Sables, adaptation du roman éponyme de l'écrivain avant-gardiste Kobo Abe parue sur les écrans en 1964, afin de regagner la liberté.

Nam June Paik et après : L’installation vidéo et le prolongement de l’image filmée

L'exposition de Nam June Paik, Exposition of Music - Electronic Television, installée dans la galerie Parnass en Allemagne, fut la première manifestation de la vidéo dans un espace d'art. C'était en 1963. Comment cette installation a-t-elle été reprise et déplacée dans les pratiques contemporaines ?

« Duck Amuck » : La Main de Dieu

Invisible à l’écran, manipulateur avec ses acteurs, capable de détruire tout ce qui l’entoure pour parvenir à ses fins, Chuck Jones est un Dieu sur un plateau. Tout puissant, il est celui qui donne au film sa ligne directrice, au détriment du pauvre Daffy Duck. Analyse d'un classique du cinéma d'animation.

Le Cinéma, Rohmer et l’architecture : à propos de « L’Arbre, le Maire et la Médiathèque »

Avec L’Arbre, le Maire et la Médiathèque ou Les sept hasards, Éric Rohmer met en scène sa conception de l’architecture, mais aussi, en creux, celle du cinéma : « Je préfère le cinéma à tous les autres arts parce qu’il n’a pas un rapport de prédation au paysage ».

« Split » : le pacte de croyance de M. Night Shyamalan

Enquête sur les mystères, les règles, la symbolique et les origines de La Bête dans Split à travers une donnée essentielle du cinéma de M. Night Shyamalan : le pacte de croyance conclu avec les spectateurs.

Le cinéma français sous l’Occupation (1940-1944) : le paradoxe de la parenthèse enchantée

Étude historique consacrée à l'influence de l'Occupation sur les réalisations cinématographiques françaises en général et sur le cinéma de Henri-Georges Clouzot, Jean Delannoy et Marcel Carné en particulier. Retour sur une vitalité inattendue, ou le paradoxe de la parenthèse enchantée.

« Koolhaas Houselife » : Des trois petits cochons aux aguets dans le vestibule du temple

Koolhaas Houselife d'Ila Bêka et Louise Lemoine, premier film de la série Living architectures, ou les subversions du documentaire d'architecture contemplatif : par la comédie (œuvre maculée), le jeu (œuvre expérimentée) et la sensualité (œuvre hantée).

Crime et châtiment de deux Chasseurs d’hommes

Analyse croisée de la mise en scène de chasseurs transgressifs dans « Les chasses du comte Zaroff » de Shoedsack et Pichel, sorti en 1932, et « Soudain, l’été dernier » de Mankiewicz, sorti en 1959 : de la figure marquée du comte Zaroff à la défiguration de Sebastian.

Exposition « WEPORN » : L’Irréductibilité du Corps face à la Pornographie

Retour sur l'exposition WEPORN organisée à Bruxelles par le Gsara, où une cinquantaine d’œuvres questionnent la représentation de la pornographie.

« Elle » de Paul Verhoeven : Pronom Impersonnel

À La Femme Universelle violée du spectateur ordinaire de cinéma qui réclame la catharsis répond « elle », entité sous-déterminée que l’on ne pourra pas même nommer « personnage » : automate vivant...

« Dressé pour tuer » : Critique de la culture par Samuel Fuller

Quelques notes sur « Dressé pour tuer » (1982) de Samuel Fuller, sous l'horizon conceptuel de l'aphorisme 74 de « Minima Moralia » (1951) d'Adorno : D'une critique de la culture logée dans l’interstice entre la civilisation et la nature, ouvrant un point de vue utopique sur la réalité mise en scène...

Buñuel, Lynch et Jeunet : la magie des boîtes

De trois esthétiques, condensées dans trois boîtes, issues de trois films qui ont, chacun à leur manière, marqué l’histoire du septième art : Belle de jour (Luis Buñuel), Mulholland Drive (David Lynch), Le fabuleux destin d'Amélie Poulain (Jean-Pierre Jeunet).

« Une femme est une femme » : Scène de ménage entre son et image

Analyse d'une scène de ménage faite leçon de cinéma par Jean-Luc Godard dans « Une femme est une femme », l’un des films emblématiques de la Nouvelle Vague : 4 minutes 30 de variations entre ce qui est dit, entendu et montré pour autant de décalages pédagogiques et comiques.

Divaguer avec James Benning : La suspension de l’expérience contemplative dans « 13 lakes »

Par la suspension de la contemplation, Benning fait le portrait du spectateur en vagabond, errant dans les interstices de l'image et du monde alentour. Au gré des allées et venues, le spectateur est alors happé par ce qu'il aurait ignoré si ses yeux n'avaient quitté l'écran...

Paul Verhoeven : La Vie projetée

De Total Recall à Elle, en passant par Basic Instinct, Showgirls, ou encore Black Book, retour sur quelques films de Paul Verhoeven pour une Apocalypse et une éthique du regard au service de la vie.

« Pierrot le fou » : Métaphore et littéralité dans le cinéma de Godard

Comment Jean-Luc Godard traite-t-il les métaphores venant de la littérature afin d’en tirer « juste une image » ? Sous la thématique « Littérature et cinéma », analyse de la métaphore et de la littéralité dans Pierrot le fou, œuvre maîtresse parue en 1965.

« Un jour avec, un jour sans » : Rêverie d’Hong Sang-Soo

De tous les films de Hong Sang-Soo, Un jour avec, un jour sans est peut-être celui qui s'adonne le plus à la rêverie romantique nichée depuis toujours au creux de l’œuvre. Le cinéma s'y fait sarcophage, pour ces moments voués à disparaître dans les profondeurs du temps : là où s'oublient toutes les histoires.

« Advenir » ou les secrets enfouis du cinéma de M. Night Shyamalan

Du Village à The Visit, les films de Shyamalan sont obsédés par une grande idée : celle de déterrer les secrets enfouis, les délier, leur donner une nouvelle existence - intime, collective ou surnaturelle - afin de mieux les affronter et les dépasser. C'est par là que l'individu et la collectivité adviennent.

« Souvenirs de Marnie » : Catharsis et dessin chez Hiromasa Yonebayashi

Étude sur le pouvoir cathartique du dessin, selon le maître japonais Hiromasa Yonebayashi, dans le film d'animation « Souvenirs de Marnie » : où le dessin animé se fait rêve éveillé, rencontre des vivants et des morts au croisement des lieux et des souvenirs par l’imagination.

Trois paradoxes à l’oeuvre dans « Le Fils de Saul »

Si le film de László Nemes sorti en 2015 en impose, il est loin d'être aussi irréprochable que la critique ne le prétend sur les questions de représentation de la Shoah. Nous relevons trois paradoxes critiques pour mieux penser ce qui se joue dans Le fils de Saul.