Esthétique

Articles récents

« Bohemian Rhapsody » de Bryan Singer : Les débordements du Biopic

Malgré les nombreux travers du biopic dans lesquels s'engouffre « Bohemian Rhapsody », le film de Bryan Singer, par éclats, se montre fidèle à l'esprit du mini opéra pop-rock créé par Queen : le chant de ceux qui débordent.

« Faces » de John Cassavetes : Rire désespéré

Du rire et du désespoir dans « Faces » de John Cassavetes : analyse d'une séquence au cours de laquelle Jeannie essaye de suspendre, par le dialogue, les automatismes sociaux de Richard.

« Godzilla » : du Sublime à la Fossilisation des Souvenirs

Comment la nouvelle saga "Godzilla" développe-t-elle une conception singulière du sublime et des processus intimes de fossilisation – des deuils et des catastrophes ?

« Parasite » de Bong Joon-ho : Charge de la farce, Décharge de la grâce

Avec « Parasite », Bong Joon-ho expose la nature délirante des rapports sociaux dans une somptueuse et joyeuse fête carnavalesque.

« Sibyl » de Justine Triet : La Machine de Déception Hystérique

Analyse du film « Sibyl » de Justine Triet au départ de l'hystérie, cette machine qui tourne à vide, dépolitise tout et laisse la tristesse durer toujours.

« Ray & Liz » de Richard Billingham : La Maison du bonheur

Étranger à tout misérabilisme, au naturalisme plus contrarié que contrariant, Ray & Liz de Richard Billingham relève à travers le temps quelques affects et souvenirs passés par une banlieue de Birmingham sous le néolibéralisme de Margaret Thatcher.

« Alice » de Jan Svankmajer : Quelque chose d’Alice…

Avec « Alice » (1988), loin des adaptations moralisatrices de Walt Disney et Tim Burton, Jan Svankmajer se dresse contre la tyrannie de la conformité et le diktat de l'œil par l'imagination : sa poétique de la tactilité repose sur la conviction que l'expérience du corps est plus fondamentale que celle du regard.

« Le Roi Lion » : Idéologies de la Fable Disneyenne

Derrière les beaux sentiments, « Le Roi Lion » cache une série de contradictions : le discours de Zazu, le rabat-joie de service, finira par aboutir ; Timon et Pumba énoncent un message inaudible opposé à la fable disneyenne ; le projet « politique » de Scar s’avère tout aussi intenable dans un monde qui décrédibilise ses idées.

« Bienvenue à Gattaca » : Un Rêve à l’épreuve de la Science

« Bienvenue à Gattaca » affiche une simplicité étudiée. C’est dans une succession lente, où seuls changent les cadrages qui passent des corps aux visages pour révéler le processus d’humanisation des relations inter-personnages, que réside la poésie singulière du film, où les êtres expriment leur beauté plastique et leur âme.

Trouver le lieu de ses promenades : le cinéma de Kelly Reichardt au prisme des coordonnées de l’« américanité »

De « River of Grass » à « La Dernière Piste », en passant par « Old Joy » et « Wendy et Lucy », analyse croisée du cinéma de Kelly Reichardt et de la littérature américaine sous les thématiques du paysage, du road-movie et de l'utopie.

« The House that Jack Built » de Lars von Trier : Le démiurge et ses contrariétés

À l'occasion de la sortie de « The House that Jack built », portrait de Lars von Trier en démiurge pervers maintenant film après film le cap de la contrariété : celle du spectateur, et la sienne propre, jusqu'à la mortification.

« Le Labyrinthe de Pan » : Porosité des mondes, Porosité des genres

Ancré dans une réalité historique avérée, le Labyrinthe de Pan s'articule selon les codes du conte et du merveilleux : retour sur les trois épreuves d'Ofelia et la symbolique du film de Guillermo del Toro, quand le corps féminin se fait territoire de résistance et de renaissance.

« Insectes » : Le Testament de Jan Svankmajer

Avec Insectes, Jan Švankmajer met images son ultime manifeste pour un cinéma artistique, le legs d'un autre cinéma d'auteur qui se perd : donner forme à une intention qui laisse place au rêve, à l’imagination et à l'artifice, dans le droit fil de la tradition inaugurée par Georges Méliès.

« Le Roman de Werther » de Max Ophüls : Impossible n’est pas français

Sans relever une seule seconde du film à thèse, « Le Roman de Werther » de Max Ophüls est une démonstration par les images que le texte de Goethe est tout bonnement incompatible avec l’esprit français.

« La Femme des sables » : Le Mythe de Sisyphe à l’ère atomique

Exploration des territoires physiques et psychiques construits par Hiroshi Teshigahara dans le désert post-atomique de La Femme des Sables, adaptation du roman éponyme de l'écrivain avant-gardiste Kobo Abe parue sur les écrans en 1964, afin de regagner la liberté.

Nam June Paik et après : L’installation vidéo et le prolongement de l’image filmée

L'exposition de Nam June Paik, Exposition of Music - Electronic Television, installée dans la galerie Parnass en Allemagne, fut la première manifestation de la vidéo dans un espace d'art. C'était en 1963. Comment cette installation a-t-elle été reprise et déplacée dans les pratiques contemporaines ?

« Duck Amuck » : La Main de Dieu

Invisible à l’écran, manipulateur avec ses acteurs, capable de détruire tout ce qui l’entoure pour parvenir à ses fins, Chuck Jones est un Dieu sur un plateau. Tout puissant, il est celui qui donne au film sa ligne directrice, au détriment du pauvre Daffy Duck. Analyse d'un classique du cinéma d'animation.

Le Cinéma, Rohmer et l’architecture : à propos de « L’Arbre, le Maire et la Médiathèque »

Avec L’Arbre, le Maire et la Médiathèque ou Les sept hasards, Éric Rohmer met en scène sa conception de l’architecture, mais aussi, en creux, celle du cinéma : « Je préfère le cinéma à tous les autres arts parce qu’il n’a pas un rapport de prédation au paysage ».

« Split » : le pacte de croyance de M. Night Shyamalan

Enquête sur les mystères, les règles, la symbolique et les origines de La Bête dans Split à travers une donnée essentielle du cinéma de M. Night Shyamalan : le pacte de croyance conclu avec les spectateurs.

Le cinéma français sous l’Occupation (1940-1944) : le paradoxe de la parenthèse enchantée

Étude historique consacrée à l'influence de l'Occupation sur les réalisations cinématographiques françaises en général et sur le cinéma de Henri-Georges Clouzot, Jean Delannoy et Marcel Carné en particulier. Retour sur une vitalité inattendue, ou le paradoxe de la parenthèse enchantée.

« Koolhaas Houselife » : Des trois petits cochons aux aguets dans le vestibule du temple

Koolhaas Houselife d'Ila Bêka et Louise Lemoine, premier film de la série Living architectures, ou les subversions du documentaire d'architecture contemplatif : par la comédie (œuvre maculée), le jeu (œuvre expérimentée) et la sensualité (œuvre hantée).

Crime et châtiment de deux Chasseurs d’hommes

Analyse croisée de la mise en scène de chasseurs transgressifs dans « Les chasses du comte Zaroff » de Shoedsack et Pichel, sorti en 1932, et « Soudain, l’été dernier » de Mankiewicz, sorti en 1959 : de la figure marquée du comte Zaroff à la défiguration de Sebastian.

« Elle » de Paul Verhoeven : Pronom Impersonnel

Lors de la sortie de « Elle » en 2016, de nombreux commentateurs et critiques ont accusé Verhoeven de faire l'apologie du viol. Une analyse s'impose afin de lever ce malentendu et évaluer les enjeux d'un film travesti par l'indignation morale.

« Dressé pour tuer » : Critique de la culture par Samuel Fuller

Quelques notes sur « Dressé pour tuer » (1982) de Samuel Fuller, sous l'horizon conceptuel de l'aphorisme 74 de « Minima Moralia » (1951) d'Adorno : D'une critique de la culture logée dans l’interstice entre la civilisation et la nature, ouvrant un point de vue utopique sur la réalité mise en scène...

Buñuel, Lynch et Jeunet : la magie des boîtes

De trois esthétiques, condensées dans trois boîtes, issues de trois films qui ont, chacun à leur manière, marqué l’histoire du septième art : Belle de jour (Luis Buñuel), Mulholland Drive (David Lynch), Le fabuleux destin d'Amélie Poulain (Jean-Pierre Jeunet).

« Une femme est une femme » : Scène de ménage entre son et image

Analyse d'une scène de ménage faite leçon de cinéma par Jean-Luc Godard dans « Une femme est une femme », l’un des films emblématiques de la Nouvelle Vague : 4 minutes 30 de variations entre ce qui est dit, entendu et montré pour autant de décalages pédagogiques et comiques.

Divaguer avec James Benning : La suspension de l’expérience contemplative dans « 13 lakes »

Par la suspension de la contemplation, Benning fait le portrait du spectateur en vagabond, errant dans les interstices de l'image et du monde alentour. Au gré des allées et venues, le spectateur est alors happé par ce qu'il aurait ignoré si ses yeux n'avaient quitté l'écran...

Paul Verhoeven : La Vie projetée

De « Total Recall » à « Elle », en passant par « Basic Instinct », « Showgirls » ou encore « Black Book », le cinéma de Paul Verhoeven ne témoigne pas tant du mauvais goût de son auteur pour la violence que d'une éthique rigoureuse du regard mise au service de la vie, dans tout ce qu'elle a de furieux et de bruyant.

« Pierrot le fou » : Métaphore et littéralité dans le cinéma de Godard

Comment Jean-Luc Godard traite-t-il les métaphores venant de la littérature afin d’en tirer « juste une image » ? Sous la thématique « Littérature et cinéma », analyse de la métaphore et de la littéralité dans Pierrot le fou, œuvre maîtresse parue en 1965.

« Un jour avec, un jour sans » : Rêverie d’Hong Sang-Soo

De tous les films de Hong Sang-Soo, Un jour avec, un jour sans est peut-être celui qui s'adonne le plus à la rêverie romantique nichée depuis toujours au creux de l’œuvre. Le cinéma s'y fait sarcophage, pour ces moments voués à disparaître dans les profondeurs du temps : là où s'oublient toutes les histoires.

« Advenir » ou les secrets enfouis du cinéma de M. Night Shyamalan

Du Village à The Visit, les films de Shyamalan sont obsédés par une grande idée : celle de déterrer les secrets enfouis, les délier, leur donner une nouvelle existence - intime, collective ou surnaturelle - afin de mieux les affronter et les dépasser. C'est par là que l'individu et la collectivité adviennent.

« Souvenirs de Marnie » : Catharsis et dessin chez Hiromasa Yonebayashi

Étude sur le pouvoir cathartique du dessin, selon le maître japonais Hiromasa Yonebayashi, dans le film d'animation « Souvenirs de Marnie » : où le dessin animé se fait rêve éveillé, rencontre des vivants et des morts au croisement des lieux et des souvenirs par l’imagination.

Trois paradoxes à l’oeuvre dans « Le Fils de Saul »

Si le film de László Nemes sorti en 2015 en impose, il est loin d'être aussi irréprochable que la critique ne le prétend sur les questions de représentation de la Shoah. Nous relevons trois paradoxes critiques pour mieux penser ce qui se joue dans Le fils de Saul.