Le cinéma du duo Nakache-Toledano est nourri du scoutisme du temps de leur jeunesse, ils y ont appris à respirer l’air du temps qu’ils expirent en leçons de vie particulières. Les animateurs instruisent les enfants que nous sommes de leur propre cause en sachant qu’il faut parfois taper sur les uns pour mettre en valeur les autres. Juste une illusion glisse ainsi dans les habits flashy de la nostalgie autobiographique – le marqueur de l’année 1985 comme chez François Ozon – la feinte innocence des persévérances biaisées. Une première année difficile, celle du chômage des pères et de l’antiracisme de leurs enfants, est le prétexte d’une fête à géométrie variable. Chez notre duo de boy-scouts, la fête est triste à faire leçon des réussites (la judéité saura passer les fourches caudines de la modernité) qui ont pour revers des automutilations assumées (une partie de l’héritage est jetée à l’eau en ayant échoué à passer le cap de la Méditerranée). D’autres années difficiles sont à venir et ce n’est pas une illusion.
