Critique

Articles récents

« Bohemian Rhapsody » de Bryan Singer : Les débordements du Biopic

Malgré les nombreux travers du biopic dans lesquels s'engouffre « Bohemian Rhapsody », le film de Bryan Singer, par éclats, se montre fidèle à l'esprit du mini opéra pop-rock créé par Queen : le chant de ceux qui débordent.

« Faces » de John Cassavetes : Rire désespéré

Du rire et du désespoir dans « Faces » de John Cassavetes : analyse d'une séquence au cours de laquelle Jeannie essaye de suspendre, par le dialogue, les automatismes sociaux de Richard.

« Godzilla » : du Sublime à la Fossilisation des Souvenirs

Comment la nouvelle saga "Godzilla" développe-t-elle une conception singulière du sublime et des processus intimes de fossilisation – des deuils et des catastrophes ?

« Parasite » de Bong Joon-ho : Charge de la farce, Décharge de la grâce

Avec « Parasite », Bong Joon-ho expose la nature délirante des rapports sociaux dans une somptueuse et joyeuse fête carnavalesque.

« Sibyl » de Justine Triet : La Machine de Déception Hystérique

Analyse du film « Sibyl » de Justine Triet au départ de l'hystérie, cette machine qui tourne à vide, dépolitise tout et laisse la tristesse durer toujours.

« Ray & Liz » de Richard Billingham : La Maison du bonheur

Étranger à tout misérabilisme, au naturalisme plus contrarié que contrariant, Ray & Liz de Richard Billingham relève à travers le temps quelques affects et souvenirs passés par une banlieue de Birmingham sous le néolibéralisme de Margaret Thatcher.

« Que le diable nous emporte » de Jean-Claude Brisseau : Le maître du logis et son refuge comme une caverne

En raison de ses démons, la construction du conte moral proposé par « Que le diable nous emporte », aussi savante soit-elle dans une stratégie des apparences théorématiques voilant cependant un credo axiomatique, ne sort résolument pas de la « pensée straight ».

« Monrovia, Indiana » de Frederick Wiseman : La sphérologie comme spéléologie

« Monrovia, Indiana » est particulièrement affecté par un paysage dévasté : Frederick Wiseman n'a rien d’autre à proposer face à la victoire du camp réactionnaire que le tableau réactif de la petitesse triomphante, répondant au ressentiment des vainqueurs par le ressentiment mimétique des vaincus. 

« Paul Sanchez est revenu ! » de Patricia Mazuy : Le Chaudron du fait divers (et ses marmitons)

Reconnaissance symbolique, pulsion de mort, auto-intoxication fantasmatique : « Paul Sanchez est revenu ! » de Patricia Mazuy est travaillé par une série de figures majeures et tristes du désir contemporain. Peut-être moins drôles que terrifiantes, à la fin. Analyse.

« Sport de filles » de Patricia Mazuy : À hue et à dia (de la fiction et du documentaire)

La rencontre de Marina Hands et de Bruno Ganz, pour une articulation salvatrice entre une puissance d’intensification physique et psychique de l’existence individuelle et un support de socialisation collective et de discipline des corps.

« Santiago, Italia » de Nanni Moretti : La Morale de la Partialité

Avec « Santiago, Italia », Nanni Moretti applique au documentaire la recette bien connue de son cinéma : un engagement partial et intime. Il fait ainsi le pari de prendre à rebours certaines tendances morales du cinéma documentaire.

« La Ballade de Buster Scruggs » : Des Épouvantails dans le Désert

« La Ballade de Buster Scruggs » relève à la fois du célèbre nihilisme des frères Coen et d'une relecture de certaines paraboles de l'Ancien Testament. Ce mélange détonnant confère au film son étrange construction et, surtout, son impression d'absurdité ou de gratuité.

« Grâce à Dieu » : Je sais bien, mais quand même

À l'œuvre dans « Grâce à Dieu » de François Ozon, le déni soutient à la fois le pacte cinématographique et un consensus social en forme de pacte idéologique. Et l'un de rendre gorge à l'autre, par des voies qui se soutiennent plus d'une éthique de l'esthétique que du civisme.

« Les Éternels » de Jia Zhang-ke : Immortalité, Fétiche et Guérison

À travers le destin de Quiao et Bin, Jia Zhang-ke travaille à nouveau avec brio la porosité des genres en recourant au fantastique, à la fresque épique et à l'allégorie. Ce qui lui permet comme d'habitude de décrire, sur plusieurs décennies, la réalité socio-économique de la Chine.

« Le Château de Cagliostro » de Miyazaki : L’Horlogerie interne du Démiurge

Avec le Château de Cagliostro, paru sur les écrans japonais en 1979 et qui connait 40 ans après sa première sortie dans les salles françaises, Hayao Miyazaki met en forme les trois grands principes de son cinéma d'animation : le machinisme, le syncrétisme et l'ambivalence démiurgique.

« Si Beale Street pouvait parler » : Esthétisme et Anesthésie, la méthode Barry Jenkins

Avec « Si Beale Street pouvait parler », la douceur du cinéma de Barry Jenkins devient le point d'ancrage d'une méthode anesthésiante, où le style hyper référencé du cinéaste (Wong Kar-Wai en tête) permet de faire passer plus facilement les clichés tout en atténuant la violence latente qui traverse le film.

« La Mule » de Clint Eastwood : La Fleur de son secret

Avec La Mule, Clint Eastwood revient au cœur de son cinéma, ce héros intouchable et impitoyable, têtu comme une mule parce qu’il est demeuré fidèle à l’exception d’une loi au-delà de la loi, dont la lettre ne s’écrit pas. Analyse.

« Hotel by the River » de Hong Sang-soo : Mystères et Rêves autour du Labyrinthe-Hôtel

« Hotel by the River » relève à la fois de la rêverie et du mystère. Hong Sang-soo construit autour de cet hôtel au magnétisme étrange un film labyrinthique où, sur plusieurs niveaux de sens, les personnages rêvent peut-être ensemble tandis que le spectateur reste libre de choisir sa clé de lecture. Analyse.

« Donbass » : L’enthousiasme au pas (de charge)

Donbass de Sergeï Loznitsa est comme une poupée gigogne traditionnelle russe, une matriochka où s’emboîtent la réalité carnavalesque du nihilisme russe, une tentation fellinienne à la caricature et, malheureusement, un enthousiasme lesté d'idéologie.

« Continuer » de Joachim Lafosse : C’était un beau Cheval Blanc…

« Continuer » n'apporte pas le bol d'air frais dont le cinéma de Joachim Lafosse avait tant besoin. Ce n'est qu'un triste film psychologique de plus, manipulateur et bourré de clichés, dans la filmographie d'un metteur en scène indécrottable que rien ne semble pouvoir arracher à sa posture de "petit instituteur".

« Suspiria » de Luca Guadagnino : Sorcellerie féministe

Si le remake de « Suspiria » n’échappe pas au maniérisme grand style coutumier de Luca Guadignino, cette nouvelle version du chef d’œuvre de Dario Argento continue de susciter l’intérêt du spectateur avide d’en creuser les marges : Analyse.

« Doubles vies » d’Olivier Assayas : La Grainothèque du Futur

Avec « Doubles vies », Olivier Assayas ne cherche pas à souligner l’opposition attendue entre le livre et le numérique, le réel et la dépravation dans le virtuel. Il dépeint d’abord l’adaptation des hommes à une nouvelle ère : le film se présente ainsi comme une réflexion sur le futur de cette réalité hybride, constituée de croisements entre ce qui tient de l'humain et du numérique.

« La Favorite » : Sens et Métaphore, le Bestiaire de Yorgos Lanthimos

Avec « La Favorite », le cinéma de Yorgos Lanthimos opère peut-être un changement de cap décisif et définitif. Il se dirigerait vers des voies moins cérébrales et formalistes en dépliant son récit sur deux niveaux de lecture laissant autant de place aux paraboles et autres métaphores qu'aux affects.

« Leto » de Kirill Serebrennikov : White Russian Noise

Il aura fallu passer par le Leningrad du début des années 80 et « Leto » pour se réjouir à nouveau de ce que l’on n’a pourtant jamais cessé de savoir : le rock est une culture libertaire couturée d’histoires bouleversantes d’amitié, c’est aussi une discipline de l’émancipation individuelle et collective.

« Une Affaire de famille » : La Maison des Possibles à l’Aube du Printemps

Avec « Une Affaire de famille », Hirokazu Kore-eda raconte l'histoire d'un printemps qui se prépare, malgré tout, sur les ruines verdoyantes d'une double utopie : les existences d'une Maison de tous les possibles et d'une Famille idéale.

« De chaque instant » de Nicolas Philibert : Le pouvoir de la Répétition théâtrale

Avec « De chaque instant », Nicolas Philibert compare la formation des infirmiers à une pratique du théâtre divisée en trois temps : la répétition, la représentation et le débriefing. Avec quel message politique et sociétal ?

« Beautiful Boy » : La circulation de la misanthropie chez Felix Van Groeningen

Avec « Beautiful Boy », réalisé aux États-Unis en anglais et avec des acteurs américains, Felix Van Groeningen porte les clichés d'un certain cinéma d'auteur sur la scène d'un cinéma mondial : histoire d'une récupération industrielle annoncée depuis "The Broken Circle Breakdown".

« Climax » : la Danse Macabre de Gaspar Noé vers la Beauté

Avec « Climax », Gaspar Noé exécute le programme d'une danse macabre : dépasser les limites du corps et de l'esprit jusqu'à la folie collective d'où peut s'entrevoir la beauté de l'enfer.

« First Man » : L’Odyssée de la Maîtrise de la Fragilité

Une troisième histoire gravite autour de « First Man » : celle du processus qui a mené l’intelligence humaine à réussir un exploit. Et si la relative lourdeur du biopic, au bout du compte, ne faisait que servir cette troisième histoire, qui n'est autre que la maîtrise de la Fragilité ?

« Les Frères Sisters » de Jacques Audiard : L’or perdu de la douceur masculine

L'utopie foudroyée par l'éclair de la pulsion reste une fatalité persistante qui obscurcit les belles promesses du cinéma de Jacques Audiard. Ce bonheur provisoire de la communauté improbable qu'on trouve dans « Les Frères Sisters » lui a pourtant fait le plus grand bien.

« Amin » de Philippe Faucon : La rétention jusqu’à la résignation

La retenue de « Amin », si caractéristique du style de Philippe Faucon, se raidit en rétention, envenimée d’une frilosité par volonté de ne pas faire de vagues en franchissant des lignes seulement imaginaires.

« Girl » : La Preuve par l’Exemple à (ne pas) suivre

Plombé par la malhonnêteté et le voyeurisme "inconscient" de la mise en scène de Lukas Dhont, « Girl » n'est qu'un énième film à sujet se servant du devenir-femme de son héroïne comme port-étendard.

Westworld : Une Utopie sous Contrôle

Au départ du livre de Bruce Bégout, « Le ParK », nous nous frottons à « Westworld » et son obsession pour le contrôle, sa peur de l'Infini, son virage vers le HBO Porn.

En guerre de Stéphane Brizé : Un héros nommé Laurent Amédéo

Avec « En guerre » et Laurent Amédéo, le héros bigger than life interprété par Vincent Lindon, les intentions politiques de Stéphane Brizé achoppent sur un dispositif renvoyant l'intégralité de la lutte du côté de l'idéal : quand vient à manquer la fable politique – cette fiction documentaire, ce documentaire fictionnel.

« L’Homme qui tua Don Quichotte » : l’imagination est morte, vive l’imagination !

Avec "L'Homme qui tua Don Quichotte", Terry Gilliam invoque les figures immortelles de Don Quichotte et de Sancho Panza pour questionner la frontière entre le réel et l'imaginaire, la raison et la folie, la réalité et la fiction : si Don Quichotte et Sancho sont éternels, c'est peut-être parce qu'ils existent à l'intérieur de chacun de nous.

« Au Poste » de Quentin Dupieux : L’insupportable Présent

Avec « Au Poste ! », Quentin Dupieux entérine la culture de la patience comme moyen d'accès à son cinéma. Il replace le spectateur face à ses propres résistances pour le confronter à l'insupportable présent.

« Plaire, aimer et courir vite » : Christophe Honoré et les prisons de la cinéphilie

La cinéphilie, chez Honoré, ne s'assimile-t-elle pas à une forme d'imaginaire policier ? Petite étude des références présentes dans « Plaire, aimer et courir vite » et de la scène de rencontre, qui traduisent peut-être d'abord une recherche de légitimation par le bon goût et une certaine tendance à exclure ceux qui ne le partageraient pas.

« 13 novembre : Fluctuat Nec Mergitur » : Éloge de l’Impudeur

Sous la forme d'une éloge de l'Impudeur, la série Netflix « 13 novembre : Fluctuat Nec Mergitur » rappelle ce qu'a été le réel de l’événement à rebours du discours consensuel des médias de masse et de l'opinion.

« Avant que nous disparaissions » : Le Fantôme chez Kurosawa, entre Matérialité et Peur

En affichant son goût marqué pour la science, Kiyoshi Kurosawa entérine le changement de forme de ses fantômes. « Avant que nous disparaissions », loin d'être une parodie des films de SF, porte à la fois la matérialité scientifique du spectre et la peur humaine de disparaître.

« Wild Wild Country » : Le Documentaire et l’Esthétique de l’effet spectaculaire

« Wild Wild Country » s'inscrit dans un genre de documentaire où il n'y a plus rien à voir : sous son apparence de saga épique dont il transpose habilement les codes, il ne fait rien d'autre qu'imposer une esthétique de l'effet spectaculaire.

« Mektoub, My Love » d’Abdellatif Kechiche : Amin se fait des films

Avec Mektoub My Love, Abdellatif Kechiche offre à ses détracteurs tout ce qu'ils attendent de lui, précisément pour mieux déjouer leurs attentes : voyeurisme, lubricité, chosification des jeunes femmes ne sont que des détonateurs préludant les événements complexes vécus par les personnages.

« Survival Family » : À l’aveugle sur la route de la survie

Revisite habile et drôle du thème de la route peuplant les récits post-apocalyptiques, Survival Family prend à contre-pied les codes du genre. Le héros est une famille tokyoïte ordinaire, le transport se fait à pied ou à vélo, et le principal obstacle est un tunnel non éclairé.

« The Third Murder » : Substitutions et Surimpressions

La figure de la surimpression dans The Third Murder peut être vue dans la manière dont Kore-eda semble vouloir renouveler son cinéma. En transparence, sous le film de genre, se retrouvent à nouveau frais les obsessions du réalisateur : des personnages rongés par la famille et les liens du sang.

« Gatta Cenerentola » : l’anti-Disney

Anti-Disney par excellence, Gatta Cenerentola ose braver les interdits du genre. Pendant près d’1h30, cette relecture du conte s’affirme comme une version moderne, urbaine, adulte et méditerranéenne du film classique de Walt Disney : Cendrillon est aujourd'hui une héroïne moderne.

« Black Mirror » Saison 4 : Le Sacerdoce de Charlie Brooker

En voulant nous sensibiliser à l'humanité des hologrammes et à la cruauté humaine, Charlie Brooker semble délaisser la critique des dangers imminents des nouvelles technologies au profit d'une leçon de morale chrétienne et populiste.

« Call Me by Your Name » : Attachement facile

Réflexions critiques autour de « Call Me by Your Name » de Luca Guadagnino. Comment porter un regard critique objectif sur un film directement lié à l’attachement qui se crée (ou pas) pour les acteurs/personnages ?