Stalker pour mieux condamner est le fil conducteur esthétique et politique de Naza. C'est en même temps sa force et sa faiblesse puisque la parole est inégalement distribuée dans un film qui pourtant repose entièrement sur le témoignage. Que montre in fine le film de Yuval Abraham et Rachel Szor ? Si la valeur de Naza en tant que document et arme de riposte médiatique est indiscutable, qu'en est-il d'un point de vue cinématographique et esthétique ? Comment fonctionne-t-il en tant que film, avec son champ, son hors-champ et son dispositif de mise en scène ? Comment agence-t-il le visible et l'invisible ? Peut-on, de ce point de vue, lui reprocher certains choix derrière une réflexion pourtant aboutie où rien n'est laissé au hasard ?
