La fable contée par The Fabelmans aura délivré pour ses thuriféraires une vérité dure à avaler (il faut bien avouer que la dragée est salée-poivrée et le prix de la dénégation est très élevé) : le bon génie de l’enfance immortelle et du divertissement industriel abrite un démon puéril et vindicatif à toujours vouloir identifier un mauvais sujet à expulser en réparation d’une souveraineté indûment déclassée. L’élève doué est un roi distribuant bons et mauvais points, les uns pour papa, les autres pour maman, à l’origine pour toute arrivée. Le roi du divertissement s’est d’emblée présenté en garde-fou de notre enfance mais n’a jamais démérité à démontrer qu’il était le gardien forcené de son exploitation spectaculaire et globalisée, au prix d’un cantonnement dans leur chambre d’adolescence de ses spectateurs, victimes du syndrome de Stockholm. Rester confiné dans le placard a un coût dont son cinéma a de plus en plus conscience et malheureuse est celle du boutiquier. Le souverain qui sait donner à ses vassaux l’illusion nécessaire de leur vassalisation n’est un roi pêcheur qu’à avoir appris la mesure exorbitante du Saint Graal. Car si le spectacle a pour fonction de divertir, c’est en faisant également diversion des blessures de son royal bateleur dans l’exercice de son magistère. Peut-être le temps a-t-il été long à venir, la déclosion annoncée par Disclosure Day ?
