Le Majeur en crise

Articles récents

« J’ai perdu mon corps » de Jérémy Clapin : Une lecture chiromantique

Variations sur la main de « J'ai perdu mon corps », tantôt animalité mobile et nomadique lancée dans des danses métamorphes, tantôt objet partiel redevenu le membre fantôme d'un organisme mutilé

« Rushmore » de Wes Anderson : Réinventer l’espace pour reconstruire le collectif

« Rushmore » est une nouvelle histoire de famille réinventée chère au cinéma de Wes Anderson. Le film raconte aussi cela d'un point de vue esthétique : reconstruire l’espace pour que la nouvelle grande famille puisse y habiter.

« Le Traître » de Marco Bellocchio : Cosa Nostra, notre chose, votre faute, ma cause

Retour sur les multiples facettes, mineures et majeures, de la trahison dans « Le Traître » et le cinéma de Marco Bellocchio.

« Miraï, ma petite sœur » de Mamoru Hosoda : Un plan pour l’éternité

Avec « Miraï, ma petite sœur », Mamoru Hosoda poursuit le travail entamé avec l'esthétique superflat lorsque le plan met à plat les chagrins narcissiques de l'enfance et la filiation généalogique.

« Sorry We Missed You » de Ken Loach : Uberisation et couches-culottes

Avec « Sorry We Missed You », Ken Loach accentue le misérabilisme de son cinéma et entre en contradiction avec son combat contre le libéralisme.

« Métamorphoses » de Christophe Honoré : La métamorphose d’un genre cinématographique

Pour Christophe Honoré comme pour Ovide, la métamorphose prend une dimension performative qui permet d’espérer une métamorphose du genre, du narrateur et de l’audience.

« River of Grass » de Kelly Reichardt : « Evergladed »

Analyse de « River of Grass » de Kelly Reichardt : comme le remake minimaliste et désenchanté, drôle et inventif de toute une tradition cinématographique du road-movie criminel.

« Le Daim » de Quentin Dupieux : L’Arc du délire (bandé par le délire de l’autre)

Monté sur une cinéphilie taxiderme nourrie de l'inerte, tout en raccords avec l’américanisation du monde comme réification, désertification et « californication », « Le Daim » de Quentin Dupieux s'ouvre à une rêverie mélancolique sur la possibilité du cinéma à l’heure très réelle de la « cinématographie générale ».

« Bohemian Rhapsody » de Bryan Singer : Les débordements du Biopic

Malgré les nombreux travers du biopic dans lesquels s'engouffre « Bohemian Rhapsody », le film de Bryan Singer, par éclats, se montre fidèle à l'esprit du mini opéra pop-rock créé par Queen : le chant de ceux qui débordent.

« Batman Begins » de Christopher Nolan : Le Masque aux deux Visages

Dans le monde réaliste et théâtral de « Batman Begins » de Christopher Nolan, le vrai visage serait celui de Batman et le masque serait Bruce Wayne. Comme pour signifier que tout le monde peut être Batman.

« Basse Normandie » de Patricia Mazuy : Les écarts du Making-of

Troisième volet d’une série consacrée au cinéma de Patricia Mazuy, quelque part entre fiction et documentaire, « Basse Normandie » s’offre aux écarts du making-of à l’occasion d’une représentation des « Carnets du Sous-sol » de Dostoïevski.

« Ragtime » de Milos Forman, Pompiers pyromanes

Film majeur menacé par l'académisme décoratif autant que film mineur peuplé d'impromptues réjouissances, « Ragtime » de Miloš Forman s'avance pareil à son titre : syncopé.

« Saint-Cyr », le cheval de bascule de Patricia Mazuy

Monté sur des chevaux de bascule oscillant entre raison et passion, Saint-Cyr, de Patricia Mazuy, raconte l'histoire du dressage et de ce qui l'excède : de l'animal, de la langue française et des jeunes filles du pensionnat de la Maison Royale de Saint-Louis.

« Edward aux mains d’argent » : La Revanche Policière de Tim Burton

L’imagination de Tim Burton est policière : elle juge, hiérarchise, oppose, nie. Elle est aussi animée par un esprit de revanche. « Edward aux mains d'argent », considéré pourtant comme un des meilleurs films du cinéaste, présente déjà toutes les caractéristiques de cet imaginaire policier.

« Travolta et moi » : Le Naturalisme enfiévré de Patricia Mazuy

Avec « Travolta et moi », son second long-métrage de fiction sorti en 1994, Patricia Mazuy contamine le naturalisme cinématographique par une passion fictionnelle et un amour du faux enfiévrés : Analyse.

« Gone Girl » de David Fincher : Le retour de la petite Amy

« Gone Girl » pose une nouvelle fois la question de la place qu'occupent la littérature et les jeux de société dans le cinéma de David Fincher. Au départ du jeu « Destins », auquel joue Nick, comment le cinéaste développe-t-il le parcours d'Amy en parallèle avec la version littéraire de celle-ci, "La Petite Amy" ?

« Tel père, tel fils » de Hirokazu Kore-Eda : Quand le Maître s’endort…

Analyse de Tel père tel fils de Kore-Eda à partir de ce qui fait émeute dans le film : l’image adulée de la popstar Masaharu Fukuyama, les mots entêtés de Shôgen Hwang, le regard spectral de Keita Nonomiya. Car il n'y a de filiation et de transmission que lorsque les maîtres s'endorment...

La Surprise d’être vivant : Ce que peut le corps de Jerry Lewis

La surprise d'être vivant, ou ce que peut le corps de Jerry Lewis. Analyse à travers une série de films réalisés entre 1955 et 1964 par Frank Tashlin ou Jerry Lewis, d'Artists and Models à Disorderly Orderly : quand la représentation de l'émotion passe l'épreuve de l'affection.

« La Fiancée du Pirate » : Sorcellerie, Puissance et devenir-femme

Avec « La Fiancée du Pirate », Nelly Kaplan appelle à l’expression d’une imagination en puissance, plutôt qu’à l’institution de l’imaginaire au pouvoir. C'est de sorcellerie qu'il s'agit avec Marie, l'anti-héroïne du film interprétée par Bernadette Lafont : déchaîner les « forces paniques de la nature ».

Netflix : Quand les contenus antisystèmes et l’idée de liberté se font marchandises

Enquête sur l'omniprésence de contenus libertaires et antisystèmes sur Netflix. Comment expliquer cette contradiction ? Sur quel présupposé repose-t-elle ? Comment celle-ci traduit-elle une stratégie de "contrôle" ?

À partir de « Charlie et la Chocolaterie » : Tim Burton, Policier de l’imaginaire et Fossoyeur de freaks

L'imaginaire de Tim Burton, sous son apparente marginalité et malgré son origine macabre, serait en réalité traversé par un désir de conformisme totalitaire et de négation d'autres formes d'altérité.

« Involuntary : Happy Sweden », l’Armageddon de Ruben Östlund

Sorti en 2018, Happy Sweden de Ruben Östlund est moins une petite leçon de morale qu'un étrange film de science-fiction apocalyptique prônant une forme de vitalisme présente dans toute l’œuvre du cinéaste. Dans ce Royaume, les Involontaires sont rois.

« K.O. » de Fabrice Gobert : Dérèglements d’un film double

K.O. renvoie aussi bien à une donnée scénaristique – le « fight club » clandestin auquel va prendre part le personnage principal – qu'à l’état psychologique du héros, ou encore à la situation chaotique dans laquelle se trouve le héros, avant de renoncer à tout. Explication.

Les blockbusters et le spectateur 2.0 : entre marketing et ingéniosité

Dans une perspective postmoderne, les blockbusters hollywoodiens mobilisent aujourd'hui les nouveaux savoirs du spectateur, sa culture et ses attentes. Ils transforment ainsi les personnages en complices presque conscients de participer au spectacle. Ces films ne cachent plus leurs ambitions commerciale, leur cynisme mais aussi leur l'ingéniosité.

De l’utilisation de la musique à des fins de rupture narrative dans le cinéma d’auteur contemporain

Analyse d'une figure de style qui a fini par devenir un gimmick : l'usage in extenso d’un morceau de musique dans la diégèse – le plus souvent une chanson populaire –, à des fins scénaristiques et dramaturgiques, avec pour effet escompté de provoquer une émotion chez le spectateur.

« Desperate Hours » : Cimino aux heures désespérées du Nouvel Hollywood

La Maison des Otages peut être lu comme un manuel de survie cinématographique : il y a là comme une invitation à jouir de façon presque enfantine du spectacle que nous offrent les images, en dépit de l'amertume et de la désillusion qui en constituent le revers.

La Magie des rencontres : de Boris sans Béatrice à Boris avec Béatrice

Il en va du cinéaste comme de Boris Malinovsky, l'anti-héros de Boris sans Béatrice : sa richesse tient de la maîtrise absolue des espaces-temps, et de tout ce qui circule à l’intérieur de ceux-ci. C'est à la subversion de cette maîtrise sans reste que travaille Denis Côté, pour faire advenir une rencontre.

Les typologies sociales de « Plus Belle la Vie »

Premières pistes de réflexion autour de « Plus Belle la Vie » : Comment la série représente-t-elle les différentes couches de la société et les différents corps de métiers ? En tant que microcosme où se retrouvent tous les personnages de la série, quel rôle y joue le bar du Mistral ?

« Anomalisa » : D’une Marionnette emmêlée dans les Ficelles du désir

Avec Anomalisa, Kaufman s'intéresse à une nouvelle force invisible logée au creux de l'être humain : le désir, à la fois amoureux et sexuel qui, dans les nouages complexes qu'il opère, définit une attente envers l'autre autant qu'avec soi-même et le monde dans lequel on se trouve.

« Friends » : Quand la comédie de caractère trébuche sur le jeu sans acteur

Il arrive parfois que l’histoire n’avance plus, que la situation globale trébuche, que les acteurs se mettent véritablement à jouer. C’est ce jeu, pour rien, qui se donne à voir dans l’épisode 21 de la saison 5 de la série « Friends » : « Celui qui jouait à la balle ».

Quelques mots sur l’intelligence de Mr. Bean

Pourrait-on imaginer que Mr. Bean puisse nous éveiller à l’art du portrait ? Une séquence admirable du film Bean (1997) va nous permettre de saisir toute la richesse du personnage que Rowan Atkinson n’a cessé de décliner avec inventivité.

« Knock Knock » de Eli Roth

S'il y a une morale à Knock Knock, ce n'est pas à la perversité ou à la violence latente du spectateur qu'elle s'adresse : Eli Roth rappelle simplement comment notre société crée des modèles artificiels qui peuvent nous rendre prisonniers de ses illusions et de ses archétypes.