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Des Nouvelles du Front cinématographique

Des nouvelles du front cinématographique, comme autant de prises de positions, esthétiques, politiques, désigne le site d’un agencement collectif d'énonciation dont Alexia Roux et Saad Chakali sont les noms impropres à définir sa puissance, à la fois constituante et destituante.
Doria Tillier et Alka Balbir dans Yves de Benoit Forgeard
Critique

« Yves » de Benoît Forgeard : L'ennemi le plus intime

6 juillet 2019
Depuis la critique potache d'un monde où le capitalisme relève de l'air conditionné, et de l'évaluation des ambivalences de ce tiers démoniaque incontournable qu'est l'intelligence artificielle, « Yves » de Benoît Forgeard propose sur le fil – cronenbergien – un nouvel agencement du désir et de la libido.
Le Daim de Quentin Dupieux
Le Majeur en crise

« Le Daim » de Quentin Dupieux : L'Arc du délire (bandé par le délire de l'autre)

22 juin 2019
Monté sur une cinéphilie taxiderme nourrie de l'inerte, tout en raccords avec l’américanisation du monde comme réification, désertification et « californication », « Le Daim » de Quentin Dupieux s'ouvre à une rêverie mélancolique sur la possibilité du cinéma à l’heure très réelle de la « cinématographie générale ».
Parasite de Bong Joon-ho
Critique

« Parasite » de Bong Joon-ho : Charge de la farce, Décharge de la grâce

7 juin 2019
Avec « Parasite », Bong Joon-ho expose la nature délirante des rapports sociaux dans une somptueuse et joyeuse fête carnavalesque.
Sybil (Virginie Efira) à la fête de fin de tournage
Critique

« Sibyl » de Justine Triet : La Machine de Déception Hystérique

5 juin 2019
Analyse du film « Sibyl » de Justine Triet au départ de l'hystérie, cette machine qui tourne à vide, dépolitise tout et laisse la tristesse durer toujours.
Ella Smith et Justing Salinger dans Ray & Liz
BRIFF

« Ray & Liz » de Richard Billingham : La Maison du bonheur

31 mai 2019
Étranger à tout misérabilisme, au naturalisme plus contrarié que contrariant, Ray & Liz de Richard Billingham relève à travers le temps quelques affects et souvenirs passés par une banlieue de Birmingham sous le néolibéralisme de Margaret Thatcher.
Le Bateau Phare de Jerzy Skolimowski (1985)
Rayon vert

« Le Bateau phare » de Jerzy Skolimowski : L'exil du paria comme une île

18 mai 2019
Sous couvert du huis-clos maritime d'un Bateau Phare immobile, Jerzy Skolimowski fait affleurer les vies insulaires de ses personnages : des gangsters théâtraux et immatures au paria en exil tenant le cap de mystérieux principes.
Les trois actrices au lit dans Que le diable nous emporte de Jean-Claude Brisseau
Critique

« Que le diable nous emporte » de Jean-Claude Brisseau : Le maître du logis et son refuge comme une caverne

12 mai 2019
En raison de ses démons, la construction du conte moral proposé par « Que le diable nous emporte », aussi savante soit-elle dans une stratégie des apparences théorématiques voilant cependant un credo axiomatique, ne sort résolument pas de la « pensée straight ».
Armurier dans Monrovia Indiana de Frederick Wiseman
Critique

« Monrovia, Indiana » de Frederick Wiseman : La sphérologie comme spéléologie

11 mai 2019
« Monrovia, Indiana » est particulièrement affecté par un paysage dévasté : Frederick Wiseman n'a rien d’autre à proposer face à la victoire du camp réactionnaire que le tableau réactif de la petitesse triomphante, répondant au ressentiment des vainqueurs par le ressentiment mimétique des vaincus. 
Laurent Lafitte dans Paul Sanchez est revenu de Patricia Mazuy
Critique

« Paul Sanchez est revenu ! » de Patricia Mazuy : Le Chaudron du fait divers (et ses marmitons)

4 mai 2019
Reconnaissance symbolique, pulsion de mort, auto-intoxication fantasmatique : « Paul Sanchez est revenu ! » de Patricia Mazuy est travaillé par une série de figures majeures et tristes du désir contemporain. Peut-être moins drôles que terrifiantes, à la fin. Analyse.
Sport de filles de Patricia Mazuy (2011)
Critique

« Sport de filles » de Patricia Mazuy : À hue et à dia (de la fiction et du documentaire)

1 mai 2019
La rencontre de Marina Hands et de Bruno Ganz, pour une articulation salvatrice entre une puissance d’intensification physique et psychique de l’existence individuelle et un support de socialisation collective et de discipline des corps.
Peu m'importe si l'histoire nous considère comme des barbares de Radu Jude (2018)
Critique

« Peu m'importe si l'Histoire nous considère comme des barbares » : Tragédie de l'Histoire, farce noire de la mémoire

14 avril 2019
D'une tragédie de l'histoire, de la farce noire de la mémoire : étude critique de la représentation à l'épreuve de l'histoire dans « Peu m'importe si l'histoire nous considère comme des barbares » de Radu Jude.
Ragtime de Milos Forman
Le Majeur en crise

« Ragtime » de Milos Forman, Pompiers pyromanes

4 avril 2019
Film majeur menacé par l'académisme décoratif autant que film mineur peuplé d'impromptues réjouissances, « Ragtime » de Miloš Forman s'avance pareil à son titre : syncopé.
Synonymes de Nadav Lapid (c) Guy Ferrandis / SBS Productions)
Rayon vert

« Synonymes » de Nadav Lapid : Des pays dépaysés

29 mars 2019
Au dépays de Yoav, le paria de « Synonymes », Nadav Lapid construit une critique mi-tragique mi-rieuse de la culture comme colonialité et la langue comme obscénité, toutes deux expropriatrices.
Critique

« Grâce à Dieu » : « Je sais bien, mais quand même »

2 mars 2019
À l'œuvre dans « Grâce à Dieu » de François Ozon, le déni soutient à la fois le pacte cinématographique et un consensus social en forme de pacte idéologique. Et l'un de rendre gorge à l'autre, par des voies qui se soutiennent plus d'une éthique de l'esthétique que du civisme.
Le Château de Cagliostro
Critique

« Le Château de Cagliostro » de Miyazaki : L'Horlogerie interne du Démiurge

17 février 2019
Avec le Château de Cagliostro, paru sur les écrans japonais en 1979 et qui connait 40 ans après sa première sortie dans les salles françaises, Hayao Miyazaki met en forme les trois grands principes de son cinéma d'animation : le machinisme, le syncrétisme et l'ambivalence démiurgique.
"Tata", alias Clint Eastwood dans La Mule
Critique

« La Mule » de Clint Eastwood : La Fleur de son secret

31 janvier 2019
Avec La Mule, Clint Eastwood revient au cœur de son cinéma, ce héros intouchable et impitoyable, têtu comme une mule parce qu’il est demeuré fidèle à l’exception d’une loi au-delà de la loi, dont la lettre ne s’écrit pas. Analyse.
Un contrôle d'identité dans Donbass
Critique

« Donbass » : L'enthousiasme au pas (de charge)

26 janvier 2019
Donbass de Sergeï Loznitsa est comme une poupée gigogne traditionnelle russe, une matriochka où s’emboîtent la réalité carnavalesque du nihilisme russe, une tentation fellinienne à la caricature et, malheureusement, un enthousiasme lesté d'idéologie.
Les trois supers-héros à l'hopital (Glass)
Critique

« Glass » de M. Night Shyamalan : La Pharmacie du Super-héros

22 janvier 2019
Analyse de Glass de M. Night Shyamalan, film cubiste au triple twist, décomposant dans tous les sens la figure du super-héros afin de panser le monde.
Les sorcières dans Suspiria de Luca Guadagnino
Critique

« Suspiria » de Luca Guadagnino : Sorcellerie féministe

19 janvier 2019
Si le remake de « Suspiria » n’échappe pas au maniérisme grand style coutumier de Luca Guadignino, cette nouvelle version du chef d’œuvre de Dario Argento continue de susciter l’intérêt du spectateur avide d’en creuser les marges.
Justin Theroux et Carrie Coon dans le final de The Leftovers
Interview

Humanité restante, penser l’événement avec la série « The Leftovers »

25 décembre 2018
Rencontre avec Saad Chakali et Alexia Roux à propos de leur ouvrage « Humanité restante, Penser l'événement avec The Leftovers » paru chez L'Harmattan en septembre 2018.
Les deux chanteurs sur scène et leur amité dans Leto
Critique

« Leto » de Kirill Serebrennikov : White Russian Noise

19 décembre 2018
Il aura fallu passer par le Leningrad du début des années 80 et « Leto » pour se réjouir à nouveau de ce que l’on n’a pourtant jamais cessé de savoir : le rock est une culture libertaire couturée d’histoires bouleversantes d’amitié, c’est aussi une discipline de l’émancipation individuelle et collective.
Une scène de plage avec Joaquin Phoenix et Katherine Waterston dans Inherent Vice
Rayon vert

« Inherent Vice » de Paul Thomas Anderson : La Raison en Fumée

24 novembre 2018
Paranoïaques, hystériques, identitaires. Avec « Inherent Vice », Paul Thomas Anderson égrène les figures de la raison malheureuse et hystérique à l'ère du capitalisme. Et si le détective, cette figure grise, offrait quelques échappées - sous la forme de volutes cannabiques - à la subsomption intégralement désintégrative du capital ?
Matt Dillon en Serial Killer dans The House that Jack Built
Esthétique

« The House that Jack Built » de Lars von Trier : Le démiurge et ses contrariétés

29 octobre 2018
À l'occasion de la sortie de « The House that Jack built », portrait de Lars von Trier en démiurge pervers maintenant film après film le cap de la contrariété : celle du spectateur, et la sienne propre, jusqu'à la mortification.
Les 4 amis et l'utopie dans Les Frères Sisters
Critique

« Les Frères Sisters » de Jacques Audiard : L'or perdu de la douceur masculine

23 octobre 2018
L'utopie foudroyée par l'éclair de la pulsion reste une fatalité persistante qui obscurcit les belles promesses du cinéma de Jacques Audiard. Ce bonheur provisoire de la communauté improbable qu'on trouve dans « Les Frères Sisters » lui a pourtant fait le plus grand bien.
Moustapha Mbengue et Emmanuelle Devos dans Amin
Critique

« Amin » de Philippe Faucon : La rétention jusqu'à la résignation

21 octobre 2018
La retenue de « Amin », si caractéristique du style de Philippe Faucon, se raidit en rétention, envenimée d’une frilosité par volonté de ne pas faire de vagues en franchissant des lignes seulement imaginaires.
Alane Delhaye (Coincoin) devant la flaque extraterrestre
Rayon vert

« Coincoin et les Z'inhumains » : L'identité frontalement biaisée

23 septembre 2018
Avec Coincoin et les Z'inhumains, Bruno Dumont continue à saborder le naturalisme des représentations et des identités : dans la farce et les éclats de rire carnavalesques s'annonce la fête des masques identitaires rendus, abattus et révélés dans leur facticité bariolée.