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Les enquêteurs de "La Nuit du 12"
BRIFF

« La Nuit du 12 » : Interview de Dominik Moll

Thibaut Grégoire
Dans « La Nuit du 12 », Dominik Moll s'empare du genre "piégé" de l'enquête policière et confère à la figure du policier une dimension quasi mythologique de passeur ou de réceptacle d'émotions. Son passage à Bruxelles, lors du BRIFF, était l'occasion pour nous de décrypter et d'analyser avec lui ce film, ainsi que de revenir sur l'ensemble de son œuvre et des obsessions qui la nourrissent : de la hantise au mal en passant par l'animalité.
Thibaut Grégoire

« La Nuit du 12 », un film de Dominik Moll (2022)

Avez-vous accordé de l’importance au chiffre 12 dans la conception du scénario ? Il semble qu’il y ait un mystère autour de ce nombre – qui s’apparenterait presque à de la numérologie ? Le meurtre survient la nuit du 12, la victime a 21 ans (12 inversé)… Et puis, il y a une sorte d’évitement par rapport au 13, qui est un nombre encore plus lourd en termes de symbolique…

Il n’y a pas de signification particulière mais, quand on a commencé à travailler sur le scénario avec Gilles Marchand, on s’était imaginé que le meurtre ait lieu l’été, juste avant le 14 juillet. Et le 13, ça prenait une dimension un peu trop appuyée, et qui aurait pu avoir une connotation « horrifique ». Et, basiquement, on trouvait que « la nuit du 12 », ça sonnait bien. Après, c’est vrai que le 12 est un chiffre qui est « chargé », il y a les 12 apôtres, etc. Mais c’est marrant parce que, après-coup, je me suis dit qu’il y avait pas mal de films emblématiques qui avaient utilisé le chiffre 12 : L’Armée des 12 singes, 12 hommes en colère,… Le cinéma semble inspiré par ce nombre.

Pourquoi avoir voulu faire un film sur la police et sur les policiers ? La figure du policier a été largement récupérée par les téléfilms et les séries, et il y a aussi actuellement un clivage certain, politique, dans la manière dont sont perçus la police et les policiers. Or, dans La Nuit du 12, vous revenez à une utilisation du policier comme figure presque mythologique, un peu comme un passeur ou un réceptacle de toutes les émotions, de toutes les souffrances. En cela, on pourrait rapprocher cette démarche de celle d’Arnaud Desplechin dans Roubaix, une lumière. Comment avez-vous appréhendé cette figure du policier ?

Avant de tomber sur le livre de Pauline Guena, je m’étais toujours dit que faire un film sur une enquête policière proprement dite ne m’intéressait pas en tant que tel. J’ai fait des films où il y a des crimes mais dans lesquels on se trouve soit du côté de ceux qui en sont victimes, soit de ceux qui les perpètrent. C’est le cas dans Seules les bêtes par exemple, même s’il y a un personnage de gendarme, qui est d’ailleurs déjà interprété par Bastien Bouillon, mais très en retrait. Il n’y a pas de flics du tout non plus dans Harry, un ami qui vous veut du bien. Et, en règle générale, les récits de crimes qui me passionnent sont plutôt dans le style de Patricia Highsmith, dans lesquels il n’y a jamais de policiers non plus. Mais quand je suis tombé sur ce livre et sur cette enquête-là en particulier, j’ai été accroché par l’idée du policier hanté par une affaire. Ça n’a rien de nouveau, évidemment, mais la façon dont c’était raconté dans le livre m’a fasciné. C’est sans doute dû au fait que le livre est très documenté, Paulin Guena a passé un an en immersion à la PJ de Versailles. Du coup, La Nuit du 12 est très riche en détails et elle nous rend les enquêteurs proches. On se dit que les flics sont des êtres humains comme les autres. Ces personnages m’étaient donc devenus proches et j’avais envie de les voir incarnés, et de raconter comment ils sont affectés par leur travail et par la difficulté qu’ils ont à le faire.

En général, j’aime bien les gens qui essaient de bien faire leur travail. J’essaie de bien faire mon travail en tant que réalisateur mais il y a plein de domaines où les gens veulent bien faire leur travail, malgré les difficultés, que ce soit à l’hôpital, dans la police, etc. Et là, je sentais qu'il s'agissait de gens qui voulaient bien faire leur travail mais qui étaient alourdis par le manque de moyens, le manque de personnel, les procédures et toutes ces choses dont d’autres films ou séries ont pu parler. Un des premiers qui l’a fait au cinéma, c’est Bertrand Tavernier dans L.627, dans lequel il parle de toutes ces tracasseries administratives qui mettent des bâtons dans les roues des enquêtes. J’avais à la fois envie de raconter ça, et aussi comment un enquêteur encaisse le fait d’être constamment confronté à des crimes sordides. Et puis, avec mon coscénariste Gilles Marchand, on en est vite venu aussi à ce fil rouge de la masculinité qui est dans le film. On avait la volonté de questionner cela, le fait que ce soit un milieu qui reste quasi exclusivement masculin, même si les séries télé ont pu donner l’illusion que ça s’était féminisé. Dans la réalité, ça reste l’exception. Les crimes sont commis par des hommes et, comme le dit la jeune enquêtrice à la fin de La Nuit du 12, c’est un peu bizarre que les hommes commettent des crimes et qu’ils soient également censés les résoudre. Où est la femme, dans tout ça ? À travers ce film, nous voulions donc aussi questionner la masculinité et les rapports hommes-femmes. L’avantage du film de genre ou d’une enquête policière, c’est que ça offre un cadre connu par les spectateurs, avec des codes. Mais ça permet d’y glisser d’autres thématiques qui vont au-delà de la question de savoir si on va trouver le coupable ou non.

Il y a aussi dans La Nuit du 12 l’idée que toutes les pistes sont épuisées. C’est une idée que l’on retrouve dans pratiquement toutes les séries d’enquêtes, le fait que tous les suspects possibles et imaginables soient envisagés jusqu’à ce qu’il n’en reste plus. Bruno Dumont a d’ailleurs à la fois théorisé et tourné au comique cette idée dans P’tit Quinquin. Avez-vous également travaillé cette idée de l’épuisement des pistes ?

L’épuisement des pistes vient du fait qu’ils pensent avoir fait le tour des suspects et que peut-être l’un d'eux est le coupable, mais chacun a plus ou moins un alibi, et les enquêteurs n’ont aucun élément tangible pour aller plus loin. Ce qui nous intéressait le plus, c’était de montrer, à travers les interrogatoires de ces divers suspects, un panel d’attitudes des hommes envers cette jeune femme. On sent qu’il y en a certains qui prennent cela avec légèreté, un peu comme si le fait qu’elle soit morte ne pèse absolument pas et n’ait aucune importance. La présence des ces suspects permettait ainsi d’explorer cela, certains types de discours et d’attitudes envers les femmes.

Yohan (Bastien Bouillon) est hanté par son enquête
© Haut et Court

Le personnage de Bastien Bouillon dit aussi, à un moment donné, que tous ces suspects auraient pu commettre le crime, un peu comme si tout le monde l’avait fait, mais en même temps personne… Il y a presque une piste surnaturelle ou fantastique qui arrive par cette ouverture-là, par le fait que le tueur soit multiple et insaisissable, qu’il est tout le monde et personne à la fois.

Oui, et même lui s’inclut dedans. Ce qui nous importait aussi, c’était de raconter la trajectoire du personnage de Yohan, joué par Bastien Bouillon. Et ce n’est pas parce que l’enquête n’aboutit pas à la fin que l’on finit forcément sur un constat d’échec ou sur de l’amertume. On voulait vraiment qu’il y ait une sorte d’envol dans son évolution et qu’il commence à questionner certaines choses. Il y a notamment cette question qui est soulevée par la meilleure amie de Clara, du fait que d’énumérer les suspects potentiels, qui ont presque tous eu une relation avec la victime, ça commence à insinuer l’idée qu’elle l’a peut-être cherché parce qu’elle multipliait les aventures et qu’elle aimait bien les « bad boys ». On en arrive vite à se dire que si elle avait eu une vie plus rangée, il ne lui serait sans doute rien arrivé. Ce qui est complètement dingue comme raisonnement car ce ne serait jamais le même s’il s’agissait d’un homme. Et le personnage de Yohan se rend compte qu’il est lui-même dans cette pensée-là. Il y a très peu de femmes dans La Nuit du 12, mais leur parole est importante et permet d’évoluer.

Il y a dans vos films une récurrence de personnages qui sont hantés, d’une manière ou d’une autre. Dans ce film-ci, il s’agit de policiers qui sont hantés par une affaire, mais vous avez évidemment souvent exploré cette question, au premier degré, notamment dans Lemming ou dans Le Moine, et dans pratiquement tous vos films, en réalité….

Dans La Nuit du 12, il ne s’agit évidemment pas de vrais fantômes comme dans Lemming, mais plutôt d’une mort ou d’une absence qui nous hante, et qui hante Yohan même s’il ne fait pas du tout partie de la famille. Il y a aussi l’idée du deuil et de l’absence qui sous-tend le film, par l'intermédiaire des personnages des parents et des proches de Clara.

Il y aussi presque toujours dans vos films l’apparition incongrue d’un objet ou d’un élément qui n’a a priori rien à faire là. Dans Harry, un ami qui vous veut du bien, il s’agit de l’œuf, dans Lemming, ce sont les lemmings, et dans La Nuit du 12, ce serait la fleur dont Marceau (Bouli Lanners) envoie la photo à Yohan, vers la fin du film.

C’est curieux parce que c’était vraiment un détail qui était dans le livre. Dans celui-ci, le personnage de Marceau est très différent, il n’est pas autant impacté par l’affaire que dans le film, et il disparaît uniquement parce qu’il a changé d’affectation. Mais en effet, à un moment donné, il envoie une photo de fleur à son collègue, bien après, alors qu’il n’avait plus donné de nouvelles. Dans le livre, ce n’est d’ailleurs pas une gentiane, mais un crocus. Mais il n’y a pas vraiment d’explication, ça reste très mystérieux. J’aimais bien ce mystère et je voulais le garder intact et que ça reste inexpliqué. Mais récemment, quelqu’un m’a dit que le fait d’avoir choisi la gentiane comme fleur n’était pas anodin car c’est une fleur qui pousse dans les montagnes. Ce serait ainsi comme un message adressé à Yohan pour le faire sortir de son vélodrome où il roule sans cesse en rond, pour aller escalader les cols en vélo. Mais je pense que c’est important qu’il y ait des choses qui nous échappent dans les films, car si tout a une explication ou une signification trop forte, ça tue un peu la magie de certaines choses.

Même si La Nuit du 12 est un film qui s’inscrit clairement dans un genre réaliste de thriller et d’enquête, on y retrouve aussi par moments une ambiance ou des éléments quasi fantastiques, notamment cette fleur dont on parlait, ou encore ces scènes dans le vélodrome, qui sont vraiment filmées comme si c’était un film fantastique ou de science-fiction. Et puis également le fait que le tueur soit multiple et insaisissable. Avez-vous travaillé cela dans la mise en scène, dans le jeu des acteurs… ?

Oui car, même si c’est un film qui est ancré dans une certaine réalité, voire actualité, j’aime aussi bien créer un univers, un monde, qui n’est pas uniquement naturaliste. Il y a évidemment des films qui sont strictement naturalistes et que je peux beaucoup apprécier, mais personnellement, par goût et par envie, je tends plutôt à créer un univers qui va vers le rêve ou le cauchemar, qui travaille la limite entre le réel et le rêve. Quand je peux glisser cela sans que ça ait l’air plaqué ou artificiel, je ne m’en prive pas. Il y aussi cette séquence dans laquelle Yohan est allongé dans son lit, où tous les visages des suspects se superposent au sien. Là, on est vraiment loin de tout naturalisme et beaucoup plus proche du rêve. Mais ça me fait plaisir que vous pointiez également les scènes du vélodrome car, quand j’ai découvert cet endroit, au sud de Grenoble, je me suis tout de suite dit que ce cadre allait me permettre de transcender ces scènes-là, d’aller plus loin que le premier degré des scènes où le personnage va faire du sport pour se défouler, et d’accéder à une autre dimension, visuelle notamment.

Un interrogatoire mené par Bastien Bouillon dans "La Nuit du 12"
© Haut et Court

Vos films semblent s’inscrire à chaque fois dans un genre ou un sous-genre différent. Cela fait-il partie de vos envies de cinéaste, de changer de genre et d’ancrage à chaque fois ? Comment abordez-vous cette question du genre en général ?

Ce n’est en tout cas pas programmatique. Je ne me dis pas que je vais faire tel film parce que je viens d’en faire un qui est totalement différent. C’est à chaque fois déclenché par quelque chose de précis. Pour La Nuit du 12, c’est la lecture du livre. C’était également le cas pour Le Moine, c’était la lecture de ce roman gothique qui m’avait donné l’envie d’explorer cet univers-là. Mais, encore une fois, le genre offre une base de travail dans laquelle on peut glisser d’autres thématiques, c’est ça qui me plaît. Mais sinon, j’en parlais avec Bouli Lanners récemment : c’est sûr qu'un jour, j’aimerais beaucoup m’atteler au genre du western. Mais là on tombe très vite dans des budgets un peu prohibitifs (rires).

Il y également dans tous vos films la présence d’un animal : le singe dans Harry, le lemming évidemment, le corbeau dans Le Moine, le chien dans Des Nouvelles de la planète Mars, etc. Et dans La Nuit du 12, quel est-il ?

Il y a une forte présence des chats. Notamment, l’idée du chat noir, dans la police, ce nouvel arrivant qui porterait malheur lors de cette enquête qui s’avère compliquée. Cela sert de bizutage de traiter le petit nouveau de chat noir. Et du coup, ça nous a donné l’idée de décliner cela en multipliant la présence des chats. Il y en a un dans le cimetière, vers la fin du film, et également un chez la copine d’un des suspects. Et puis, il y en a eu un qui n’était même pas invité, lors de la scène où Clara quitte la maison de son amie, juste avant de se faire tuer. Quand on a tourné le plan, il y a un chat qui a débarqué de lui-même pour faire de la figuration, un peu comme un présage. Mais c’est vrai que l’animal et l’animalité, c’est quelque chose qui me travaille. Je pense que ma première envie en tant que cinéaste, c’était le cinéma animalier. À un moment donné, cette envie a bifurqué sur les êtres humains, je ne sais pas pourquoi, mais il doit m’en rester quelque chose. Je suis toujours féru d’ornithologie, je fais souvent des randonnées pour observer les oiseaux. J’ai gardé cet intérêt certain pour les sciences naturelles et c’est sûr que ça nourrit mon travail de réalisateur.

Il y a également la question du mal qui traverse votre travail, comment il apparaît sous différents aspects…

Ça m’intéresse effectivement, car c’est quelque chose qui est présent partout, et qui l’a toujours été. Mais ce qui me travaille, ce n’est pas le mal comme quelque chose d’extérieur qui nous tombe dessus, mais plutôt la part de mal que chacun a en soi et comment il la gère. Je sais que quand j’avais vu Blue Velvet de David Lynch, cette question m’avait beaucoup troublé. Avant, j’étais probablement dans un système de pensée beaucoup plus binaire, plus schématique, avec les gentils et les méchants. Mais dans ce film-là, quand le personnage de Kyle MacLachlan se met à frapper Isabella Rossellini, à sa demande, et qu’il prend du plaisir à le faire alors que ça l’effraie, ça m’a perturbé et fait réfléchir. Il y a un peu de ça dans Harry, un ami qui vous veut du bien, avec ce personnage qui est une espèce d’excroissance des mauvaises pulsions que peut avoir le personnage de Laurent Lucas. On a tous des pulsions qui ne sont pas très nobles en soi, et tout dépend de la manière dont on arrive à les gérer, à les juguler.

Comment assimilez-vous les influences, que l’on peut voir et reconnaître dans vos films ? Est-ce que vous en avez conscience et les prenez en compte au moment de l’écriture, avec votre coscénariste Gilles Marchand ?

Il y en a forcément, et beaucoup sont inconscientes. Je sais que, concernant La Nuit du 12, beaucoup de gens m’ont parlé de l’influence de Memories of Murder alors que, sincèrement, je n’y avais pas pensé du tout, même si c’est un film que j’ai vu et qui m’a plu. Après, il y a aussi des choses dont on ne veut justement pas être influencé, comme par exemple, dans ce cadre-ci, tout ce qui vient d’un terrain très balisé par la télé, la série télé policière. On s’est constamment posé la question de comment faire pour que ça ne fasse pas « télé ». Parfois, on écrivait des dialogues et on se disait vraiment que ça faisait téléfilm, que ça n’allait pas du tout. Il fallait donc gommer ça. Par exemple dans des scènes un peu emblématiques comme l’arrivée sur la scène de crime, on a choisi de ne pratiquement pas mettre de dialogues, pour éviter ça, et de traiter cela de façon très « melvillienne ». Donc du coup, on s’est raccroché à une influence, celle de Melville, pour en contourner ou en éviter une autre, celle des séries télévisées. On a évoqué par exemple Le Samouraï pour écrire le personnage de Bastien Bouillon, dans ce côté très dessiné d’un mec dont on ne sait rien, qui vit seul dans un appartement très spartiate. Après, Delon dans Le Samouraï est plus du côté du « masque », tandis que Bastien Bouillon va plus chercher dans l’intériorité, on sent que ça remue intérieurement et que ça affleure sur son visage.

Je sais aussi qu’il y a des influences directes. Par exemple, durant l’écriture, j’ai découvert le travail de Rodrigo Sorogoyen, qui m’a beaucoup impressionné. Sa façon d’utiliser l’extrême grand angle dans sa mise en scène m’a vraiment intéressé. C’est quelque chose que je ne trouve pas terrible d’habitude mais là ça fonctionne vraiment car ça fait partie intégrante de sa mise en scène. On n’a pas utilisé des focales aussi courtes dans La Nuit du 12, mais ce qui me plaisait dans sa façon de travailler, c’était que les personnages soient toujours fortement inscrits dans leur environnement, y compris dans des lieux très exigus. J’avais envie, sans aller aussi loin que lui, de reprendre cela et de faire exister l’étroitesse de ces bureaux de la PJ, ou également d’autres décors, d’être dans des focales plutôt courtes, et assez rarement dans des gros plans. On pourrait évidemment imaginer les interrogatoires filmés uniquement avec de très gros plans, alors que là il y a une certaine distance qui m’intéressait plus à ce moment-là. Je sais que ça, c’était une vraie influence car j’ai également demandé au chef opérateur de voir ces films pour s’en inspirer. Il y a donc des influences qui sont tangibles et puis d’autres qui sont présentes sans qu’on s’en rende forcément compte.


Entretien réalisé au Brussels International Film Festival (BRIFF), le 26 juin 2022.

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