Le cinéma de Werner Herzog traque, entre autres, les formes de spiritualité portées par les premiers et les derniers de leur genre. Avec La Grotte des rêves perdus, le cinéaste s'aventure ainsi dans la Grotte Chauvet pour en retrouver l'ampleur spectrale qui résonne encore aujourd'hui. L'ami et le témoin, à savoir le ou les artistes de Chauvet, sont cette fois-ci absents, mais leurs traces convoquent un monde invisible dont il faut actualiser les secrets alors que se profile notre disparition prochaine, rappelée ici par la présence d'une centrale nucléaire et la réserve de crocodiles qui s'est installée autour. Le film, conçu en 3D, rappelle aussi que le cinéma est né dans les grottes préhistoriques, dès l'émergence d'une vie spirituelle à l'aube de l'humanité.
