L'écriture singulière de Valeska Grisebach fait sourdre du réel le plus brut les mille fictions et toutes les aventures souterraines qui habitent un visage, une silhouette, un paysage rencontrés dans ce qui constitue leur altérité même. Le romanesque ne s’invente pas : il se regarde simplement. Et c’est toujours ce regard, cette expérience primaire de l’observation qui sont, chez Valeska Grisebach, au point de départ de la mise en scène. L’Aventure rêvée déploie une forme secrètement épique où le voyage dans le passé devient une archéologie insaisissable et inquiète. Le film fait la part belle aux espaces et aux décors qui portent en eux les stigmates de l’histoire et de ses ruptures violentes.
