Sous couvert d’hommage à Samuel Paty, L’Abandon se révèle moins un film de cinéma qu’un objet idéologique parfaitement aligné avec le climat politique français actuel. Derrière sa prétendue neutralité républicaine, le film participe à la fabrication émotionnelle d’un récit national anxieux où l’islam devient la figure centrale de l’ennemi intérieur. Vide cinématographiquement, réduit à une grammaire de téléfilm pathétique et illustrative, le long-métrage transforme une tragédie complexe en instrument de cohésion morale et identitaire. À travers lui se dessine une République française qui se proclame universaliste tout en assignant sans cesse certains corps – musulmans – à une altérité permanente.
