La tentative de modernisation recherchée par De la Comédie-Française tombe à plat comme sa volonté de rendre hommage à la célèbre institution et ses pensionnaires. Le film de Martin Darondeau et Bertrand Usclat tient de la publicité mensongère sur au moins trois aspects contradictoires : il relève d'abord et surtout du théâtre filmé et du mauvais boulevard, en opposition avec le théâtre qui se joue à la Comédie-Française. Ensuite, l'héritage que le film veut célébrer, notamment celui de Molière, est abîmé. L'autodérision aurait pu fonctionner si le mauvais boulevard n'était pas la référence première. Enfin, le comique caillé ne parvient jamais à s'intégrer dans l'urgence du récit : il aurait fallu écouter la célèbre fable de Jean de La Fontaine, qui est pourtant une autre emblème de la maison, chez qui rien ne sert de courir (de surcroît dans tous les sens), il faut arriver à point (avec moins de laxisme et une réflexion plus aboutie sur le comique).
