Guillaume Richard

68 ARTICLES
Co-fondateur et rédacteur du Rayon Vert.

« Animus Animalis » d’Aiste Zegulyte : Quand la Mort nous Regarde

Avec « Animus Animalis », Aistė Žegulytė filme la mort qui regarde la vie à travers une position omnisciente qui pourrait être celle de la mort elle-même si celle-ci devait s'incarner sous une forme narrative.

« Santiago, Italia » de Nanni Moretti : La Morale de la Partialité

Avec « Santiago, Italia », Nanni Moretti applique au documentaire la recette bien connue de son cinéma : un engagement partial et intime. Il fait ainsi le pari de prendre à rebours certaines tendances morales du cinéma documentaire.

« Dumbo » de Tim Burton : L’Éléphant qui réenchante les Regards

Dumbo est un corps par lequel le réenchantement est possible. Ce qui a pour effet de briser la logique marchande du film et de laver les cœurs des personnages de leur noirceur.

« Edward aux mains d’argent » : La Revanche Policière de Tim Burton

L’imagination de Tim Burton est policière : elle juge, hiérarchise, oppose, nie. Elle est aussi animée par un esprit de revanche. « Edward aux mains d'argent », considéré pourtant comme un des meilleurs films du cinéaste, présente déjà toutes les caractéristiques de cet imaginaire policier.

« La Ballade de Buster Scruggs » : Des Épouvantails dans le Désert

« La Ballade de Buster Scruggs » relève à la fois du célèbre nihilisme des frères Coen et d'une relecture de certaines paraboles de l'Ancien Testament. Ce mélange détonnant confère au film son étrange construction et, surtout, son impression d'absurdité ou de gratuité.

Une Nuit au Salon de l’Érotisme de Bruxelles

Espace, images, spectateurs, actrices : le salon de l’érotisme déploie une expérience qui n’a rien à envier au cinéma et aux performances mettant en scène la relation entre le "performer" et le spectateur. Avec, au bout du compte, une étrange expérience : celle de succomber à une image, et plus précisément à une actrice jouant à l’automate.

« Seule à mon mariage » : Interview de Marta Bergman

Entretien avec Marta Bergman autour de la sortie de « Seule à mon mariage », son premier film, qui contourne les clichés du cinéma naturaliste et ceux entourant la communauté rom. La réalisatrice évoque ses choix narratifs et esthétiques ou son travail sur la musique et la personnalité de Pamela, le personnage principal du film.

« Continuer » de Joachim Lafosse : C’était un beau Cheval Blanc…

« Continuer » n'apporte pas le bol d'air frais dont le cinéma de Joachim Lafosse avait tant besoin. Ce n'est qu'un triste film psychologique de plus, manipulateur et bourré de clichés, dans la filmographie d'un metteur en scène indécrottable que rien ne semble pouvoir arracher à sa posture de "petit instituteur".

« Doubles vies » d’Olivier Assayas : La Grainothèque du Futur

Avec « Doubles vies », Olivier Assayas ne cherche pas à souligner l’opposition attendue entre le livre et le numérique, le réel et la dépravation dans le virtuel. Il dépeint d’abord l’adaptation des hommes à une nouvelle ère : le film se présente ainsi comme une réflexion sur le futur de cette réalité hybride, constituée de croisements entre ce qui tient de l'humain et du numérique.

« La Favorite » : Sens et Métaphore, le Bestiaire de Yorgos Lanthimos

Avec « La Favorite », le cinéma de Yorgos Lanthimos opère peut-être un changement de cap décisif et définitif. Il se dirigerait vers des voies moins cérébrales et formalistes en dépliant son récit sur deux niveaux de lecture laissant autant de place aux paraboles et autres métaphores qu'aux affects.

Rowan Atkinson, entre Bean et Black Adder : L’Art de la Fourberie

Sous une apparente maladresse, les personnages de Black Adder, Mister Bean et Johnny English ne racontent qu'une histoire : celle de la fourberie de Rowan Atkinson, qui drape la médisance et une certaine méchanceté avec un voile de ruse et d'élégance.

« Gone Girl » de David Fincher : Le retour de la petite Amy

« Gone Girl » pose une nouvelle fois la question de la place qu'occupent la littérature et les jeux de société dans le cinéma de David Fincher. Au départ du jeu « Destins », auquel joue Nick, comment le cinéaste développe-t-il le parcours d'Amy en parallèle avec la version littéraire de celle-ci, "La Petite Amy" ?

« Une Affaire de famille » : La Maison des Possibles à l’Aube du Printemps

Avec « Une Affaire de famille », Hirokazu Kore-eda raconte l'histoire d'un printemps qui se prépare, malgré tout, sur les ruines verdoyantes d'une double utopie : les existences d'une Maison de tous les possibles et d'une Famille idéale.

« Burning » de Lee Chang-Dong : Le feu invisible des Great Hungers

Analyse du monde invisible de « Burning » : celui des Great Hungers où le rôle du feu, de la lumière et des éléments disséminés (le chat, le puits, les serres ou les meurtres) est déterminant.

« First Man » : L’Odyssée de la Maîtrise de la Fragilité

Une troisième histoire gravite autour de « First Man » : celle du processus qui a mené l’intelligence humaine à réussir un exploit. Et si la relative lourdeur du biopic, au bout du compte, ne faisait que servir cette troisième histoire, qui n'est autre que la maîtrise de la Fragilité ?

« Girl » : La Preuve par l’Exemple à (ne pas) suivre

Plombé par la malhonnêteté et le voyeurisme « inconscient » de la mise en scène de Lukas Dhont, « Girl » n'est qu'un énième film à sujet se servant du devenir-femme de son héroïne comme port-étendard.

Westworld : Une Utopie sous Contrôle

Au départ du livre de Bruce Bégout, « Le ParK », nous nous frottons à « Westworld » et son obsession pour le contrôle, sa peur de l'Infini, son virage vers le HBO Porn.

« Au Poste » de Quentin Dupieux : L’insupportable Présent

Avec « Au Poste ! », Quentin Dupieux entérine la culture de la patience comme moyen d'accès à son cinéma. Il replace le spectateur face à ses propres résistances pour le confronter à l'insupportable présent.

« 13 novembre : Fluctuat Nec Mergitur » : Éloge de l’Impudeur

Sous la forme d'une éloge de l'Impudeur, la série Netflix « 13 novembre : Fluctuat Nec Mergitur » rappelle ce qu'a été le réel de l’événement à rebours du discours consensuel des médias de masse et de l'opinion.

« Avant que nous disparaissions » : Le Fantôme chez Kurosawa, entre Matérialité et Peur

En affichant son goût marqué pour la science, Kiyoshi Kurosawa entérine le changement de forme de ses fantômes. « Avant que nous disparaissions », loin d'être une parodie des films de SF, porte à la fois la matérialité scientifique du spectre et la peur humaine de disparaître.

Emma Watson : Ange, Icône et Marionnette

D’ange à icône, d’icône à marionnette, la carrière d'Emma Watson a évolué en lien avec sa personnalité publique et son statut d'icône. Pourtant, rien ne la prédestinait à la lumière, et la voilà maintenant prisonnière de sa propre image. Retrouvera-t-elle sa nature angélique qui faisait vaciller notre perception ?

« Wild Wild Country » : Le Documentaire et l’Esthétique de l’effet spectaculaire

« Wild Wild Country » s'inscrit dans un genre de documentaire où il n'y a plus rien à voir : sous son apparence de saga épique dont il transpose habilement les codes, il ne fait rien d'autre qu'imposer une esthétique de l'effet spectaculaire.

Les Voyages inopérants et les Quêtes spirituelles chez Jim Jarmusch

Les quêtes spirituelles qui traversent le cinéma de Jim Jarmusch n'ont pas besoin du voyage pour s'accomplir. Elles peuvent faire du surplace et se réaliser au creux d'un divan ou sous le nez des personnages. Analyse croisée de « Only Lovers Left Alive », « The Limits of Control » et « Paterson ».

« How to Talk to Girls at Parties » : Les visites extraterrestres d’Elle Fanning

Par la seule présence d’Elle Fanning, How to Talk to Girls at Parties porte en lui une étrangeté métaphysique. L'actrice prête son corps à la quête du souvenir de l’amour adolescent perdu. Par là, comme chez Winding Refn, elle devient une incarnation mythique et fantasmatique.

« Power Rangers », le BIFFF et Le Spectateur Nomade

Essai de sociologie du cinéma autour de l'idée d'un spectateur nomade qui ferait varier autant que possible les conditions de réception des films : les expériences alternatives de la salle de cinéma permettent de repenser notre posture de spectateur religieux et silencieux.

« Black Mirror » Saison 4 : Le Sacerdoce de Charlie Brooker

En voulant nous sensibiliser à l'humanité des hologrammes et à la cruauté humaine, Charlie Brooker semble délaisser la critique des dangers imminents des nouvelles technologies au profit d'une leçon de morale chrétienne et populiste.

« Broken Flowers » de Jim Jarmusch : La quête de Dissemblance de Bill Murray

« Broken Flowers » dépasse un comique s'amusant des clichés et une poétique du décalé pour raconter, à partir d'un travail autour de la ressemblance, une quête de dissemblance angoissante. Et si cette quête était aussi celle de Bill Murray, dont le fils, Homer, apparaît à la fin du film ?

« BoJack Horseman » : Un Cheval de Troie nommé Psychanalyse

Avec cette saison 4 de Bojack Horseman, le célèbre cheval de Hollywoo n'est plus que l'ombre de lui-même. Interprétés à l'aide d'une psychologie freudienne caricaturale, les traumatismes familiaux s'imposent comme la clé de lecture du mal-être des personnages.

« Ingrid Goes West » et le simulacre de l’Ego véritable

Contre le postulat d'une solidité de notre Égo, analyse des contradictions, artifices et différents jeux de sens dans « Ingrid Goes West », un film de Matt Spicer avec Aubrey Plaza et Elizabeth Olsen.

« Mindhunter » (Série Netflix) : N’est pas chasseur d’Esprit qui veut !

À partir d'une opposition entre le Mind et le Spirit, Mindhunter renverse le système de croyance de son personnage pour le transformer en une sorte d'Icare de l'Âge de la psychologie. N'est pas chasseur d'Esprit qui veut !

Netflix : Quand les contenus antisystèmes et l’idée de liberté se font marchandises

Enquête sur l'omniprésence de contenus libertaires et antisystèmes sur Netflix. Comment expliquer cette contradiction ? Sur quel présupposé repose-t-elle ? Comment celle-ci traduit-elle une stratégie de "contrôle" ?

« Le vent souffle sur Erzebeth » : Pathologie de la Femme-tempête

Le Vent souffle sur Erzebeth raconte l'histoire d'une Femme-tempête dont le corps et les actions semblent être génétiquement liés au vent violent qui balaie avec régularité le petit village de Somlyo. Une pathologie peut-elle dépendre de ce qui se passe dans l'infiniment petit ?

« Have a Good Time ! » : Les Parcs d’attractions désenchantés des Frères Safdie

Pour les frères Safdie, les espaces ont toujours été de grandes zones de jeu indéterminées où se brouillent différents niveaux de réalité cauchemardesques. En inversant les codes du parc d'attractions, ils nous lancent un ironique et désenchanté : « Have a good time ! »

« Laissez bronzer les cadavres » : Interview avec Hélène Cattet et Bruno Forzani

Interview avec Hélène Cattet et Bruno Forzani autour de « Laissez bronzer les cadavres », sorti en salles en 2017, à l'occasion de laquelle les deux cinéastes évoquent leur méthode de travail et leur rapport au sommeil, à l'onirisme, l'érotisme, l'humour ou la couleur.

L’empreinte du Leviathan : « Faute d’Amour » d’Andreï Zviaguintsev

« Faute d'amour » (Loveless) d'Andreï Zviaguintsev raconte une lutte entre un monstre des abysses, dont les traces sont visibles dans les éléments liquides, et un Dieu apportant la Lumière sur le monde.

À partir de « Charlie et la Chocolaterie » : Tim Burton, Policier de l’imaginaire et Fossoyeur de freaks

L'imaginaire de Tim Burton, sous son apparente marginalité et malgré son origine macabre, serait en réalité traversé par un désir de conformisme totalitaire et de négation d'autres formes d'altérité.

« Involuntary : Happy Sweden », l’Armageddon de Ruben Östlund

Sorti en 2018, Happy Sweden de Ruben Östlund est moins une petite leçon de morale qu'un étrange film de science-fiction apocalyptique prônant une forme de vitalisme présente dans toute l’œuvre du cinéaste. Dans ce Royaume, les Involontaires sont rois.

Hantologie de la Frontalité : du Surgissement des Démons dans « It Comes At Night »

Comment ce qui hante l'esprit se présente à l'être tourmenté ? « It Comes At Night » cherche à répondre esthétiquement à cette question en travaillant sur la frontalité comme espace où se manifestent les démons.

Immortalité et Cinéma : L’immortalité cosmique selon Borges

Comment, à partir de conférences données par Borges de 1977 à 1978, l'immortalité peut-elle se penser au cinéma et à travers la présence spectrale de l'acteur : « Au-delà de notre mort corporelle restent nos actes, nos œuvres, nos façons d'être, cette merveilleuse partie de l'histoire universelle ».

« Arde brillante en los bosques de la noche » de Mariano Pensotti

Composé de trois actes sollicitant successivement des marionnettes, un sketch avec les acteurs et un film, Arde brillante en los bosques brillante de la noche s'intéresse à la question de la libération des corps. Comment affranchir aujourd'hui un corps des modes d'être du capitalisme ?

« Philip Seymour Hoffman, par exemple » : un nom sur des tapis de cosmos

Nul biopic pesant, nul hommage mortifère. « Philip Seymour Hoffman, par exemple » propose de concevoir l'acteur de cinéma comme un spectre que tout un chacun, créateur comme spectateur, peut rappeler à tout moment parmi les vivants : pour l'éternité des noms et des images.

« Paterson » de Jim Jarmusch : La Quête de la Légèreté

« Paterson » montre la difficulté pour un homme qui se rêve poète, un poil orgueilleux et pratiquement incapable de s’accorder avec ce qui l’entoure, de retrouver la simplicité et la légèreté, aussi bien dans ses mots que dans son quotidien.

Contaminations spirituelles : Interview avec Fabrice Du Welz

Croyances, cinéma et ésotérisme : rencontre avec le cinéaste belge Fabrice du Welz à l'occasion de la sortie de « Message from the King » : « Je conçois le travail sur la foi comme mouvement propice à la déconstruction, et plus précisément à la déconstruction de l'âme »

« Planetarium » : Interview avec Rebecca Zlotowski

Rebecca Zlotowski revient sur plusieurs thèmes clés qui traversent « Planetarium » : la présence des fantômes, le rapport à l'Histoire, les liens qui se créent avec le cinéma ou la circulation du refoulé. Autant de pistes possibles pour se réapproprier un film énigmatique.