L’Île de la tentation, autant que Koh-Lanta, émissions de télé-réalité qui se sont choisies principalement pour théâtre des opérations une île, dans leur apparente « inoffensivité », sont spectaculairement le lieu de l’apprentissage des spectateurs à un certain type de rapport au pouvoir. Tranquillement, ces émissions préparent des cerveaux disponibles aux logiques de contrôle et de surveillance les plus délétères dans les démocraties libérales sous forme de biopolitique divertissante. Si elles accoutument encore les individus à une forme évidente de néolibéralisme, elles habituent surtout le spectateur au mode de fonctionnement de tous les camps et autres centres de rétention qui pullulent à travers la planète, transformant ainsi ce qui devrait relever de l’état d’exception en mode de fonctionnement routinier. Ou comment la télé fournit clés en main un guide de gestion des populations en contexte démocratico-divertissant.
