Aller au contenu

Le cinéma belge en question

Depuis sa création en 2016, le Rayon Vert s’est positionné contre le cinéma belge francophone dominant. Non pas pour adopter une posture, mais pour théoriser une véritable opposition esthétique. Alors qu’une grande étude menée par Vers l’Avenir sous la plume de Michaël Degré a été dénigrée par une grande partie du secteur, il a toujours été pour nous essentiel de mettre sur la table la question esthétique qui est systématiquement évacuée du débat au nom de la relativité du goût, comme si le cinéma belge, francophone ou néerlandophone, était forcément bon et pouvait résister à l’analyse critique.

28 textes5 h 11 de lecture

Les textes

  1. Girl de Lukas Dhont, 2018

    La Preuve par l’Exemple à (ne pas) suivre

    Plombé par la malhonnêteté et le voyeurisme « inconscient » de la mise en scène de Lukas Dhont, « Girl » n'est qu'un énième film à sujet se servant du devenir-femme de son héroïne comme port-étendard.par Guillaume Richard9 min
    9 min
  2. Continuer de Joachim Lafosse, 2019

    C’était un beau Cheval Blanc…

    « Continuer » n'apporte pas le bol d'air frais dont le cinéma de Joachim Lafosse avait tant besoin. Ce n'est qu'un triste film psychologique de plus, manipulateur et bourré de clichés, dans la filmographie d'un metteur en scène indécrottable que rien ne semble pouvoir arracher à sa posture de "petit instituteur".par Guillaume Richard15 min
    15 min
  3. Le Jeune Ahmed de Jean-Pierre et Luc Dardenne, 2019

    La Chute et le Bourbier

    Avec « Le Jeune Ahmed », les frères Dardenne signent une fable morale étouffante et problématique du point de vue de la représentation de l'Islam et de l'origine du radicalisme.par Guillaume Richard13 min
    13 min
  4. Lola vers la mer de Laurent Micheli, 2019

    Si par une nuit d’orage…

    Avec "Lola vers la mer", Laurent Micheli dépeint le monde en couleurs de Lola malheureusement entravé par une lourdeur psychologique tant narrative (le père antagoniste) qu'esthétique (les clichés du cinéma psychologique).par Guillaume Richard7 min
    7 min
  5. Filles de joie de Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich, 2020

    Steak haché Power !

    Sur les plateaux TV et dans la presse, « Filles de joie » de Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich a été présenté comme un film de super-héroïnes. Or, les trois prostituées optent pour le revenge porn et sont plutôt animées par le ressentiment, la suspicion et la vengeance la plus bête qui soit : à la justice, elles…par Guillaume Richard7 min
    7 min
  6. Les Intranquilles de Joachim Lafosse, 2021

    L’art de ne pas avoir honte

    S’il donne l’impression, dans la première partie du film, de vouloir tout faire pour se « contenir », contourner ses vieux tics et ses vieux démons pour présenter un film « vierge » à un regard tout aussi « vierge », oublieux de tout le passif du réalisateur, Joachim Lafosse ne peut s’empêcher de retrouver sa vraie…par Thibaut Grégoire6 min
    6 min
  7. Julie (en 12 chapitres) de Joachim Trier, 2021

    J’aurais voulu être un artiste

    Avec sa voix-off littéraire et sa construction romanesque en chapitres, Julie (en 12 chapitres) s’affirme en tant qu’objet hautement « artistique » pour livrer une vision de l’artiste à la fois sombre et élitiste, teintée de misanthropie. En suivant son héroïne Julie à travers toute une série d’atermoiements, de choix…par Thibaut Grégoire6 min
    6 min
  8. Un monde de Laura Wandel, 2021

    L’asphyxie en partage

    Si Un Monde peut par moments faire illusion, notamment lorsqu'il convoque le spectre d'Ana Torrent de L'Esprit de la ruche, il n'est au final qu'un film coup de poing de plus reposant sur un dispositif soi-disant ingénieux mais au fond éculé, et une fin qui a pour seul but d'envoyer une bonne claque au spectateur. Il…par Guillaume Richard11 min
    11 min
  9. La Dernière tentation des Belges, 2022

    Film-résurrection de Jan Bucquoy

    Auteur depuis plus de trente ans de films « anarchistes » et « anarchiques », dans lesquels se côtoient des références à gogo (Debord, Godard, …), goût de la provocation et zones floues entre réalité et fiction, Jan Bucquoy ressuscite son cinéma après plus de douze ans d’absence, et ressuscite également par la fiction…par Thibaut Grégoire10 min
    10 min
  10. La Ruche de Christophe Hermans, 2022

    Le pesticide des clichés

    C'est le devoir de la critique de mener encore certains combats, et un des nôtres consiste à riposter contre le formatage du cinéma d'auteur belge francophone et international fondu dans un moule psychologico-réaliste. La Ruche de Christophe Hermans en constitue un énième exemple déprimant : on en peut plus de voir…par Guillaume Richard5 min
    5 min
  11. Tori et Lokita de Jean-Pierre et Luc Dardenne, 2022

    Mécanique de l’écrasement

    Avec Tori et Lokita, les frères Dardenne s'essaient au film coup-de-poing et plongent leur personnage principal, la pauvre Lokita, dans un tourbillon d'humiliations en tous genres dont le spectacle mécanique et métronomique ne peut conduire qu'à l'écrasement pur et simple de ce personnage sacrificiel. Si une piste est…par Thibaut Grégoire7 min
    7 min
  12. Close de Lukas Dhont, 2022

    Des larmes, du signifiant et pipi au lit

    Semblant découvrir ou inventer le mélodrame, Lukas Dhont se livre avec son second long métrage à un grand exercice d'exorcisme par les larmes et d'allégorisation constante, au gré de scènes et de plans pétris de sens. Échappant de peu au label "film d'humiliation à la belge", lequel compte maintenant quelques fleurons…par Rédaction5 min
    5 min
  13. Dalva d’Emmanuelle Nicot, 2023

    Relooking réussi

    Dalva s'en tire sans les honneurs dans le genre codifié du récit psychologique d'émancipation dont l'évolution n'est pas encore pour demain. C'est l'histoire d'un relooking réussi qui manque de profondeur même s'il faut bien sûr laisser du temps au temps. Avant d'être, dans sa deuxième partie, le récit du retour d'une…par Guillaume Richard5 min
    5 min
  14. Ailleurs si j'y suis de François Pirot, 2023

    L’appel de la morosité

    Dans Ailleurs si j'y suis, Mathieu, Catherine et Stéphane sont loin d'être des rois de l'évasion. D'une manière cynique et paradoxale, le film reste largement traversé par le contrôle et martèle qu'il est impossible pour eux de changer de vie et de monde : la forêt, filmée à la fois de manière bucolico-exotique et…par Guillaume Richard7 min
    7 min
  15. Le Cours de la vie de Frédéric Sojcher, 2023

    Plus belle la vie

    Le Cours de la vie méritait bien un dyade. Si le film est traversé par au moins trois trajectoires et permet au fantôme de Jean-Pierre Bacri de venir hanter l'amphithéâtre où Agnès Jaoui donne son cours de scénario, le film se révèle dans l'ensemble médiocre en réchauffant le pire d'un romantisme téléfilmesque à la…par Rédaction10 min
    10 min
  16. Le syndrome des amours passées d’Ann Sirot et Raphaël Balboni, 2023

    Consommons-nous les uns les autres

    Pour leur deuxième film après Une vie démente (2020), Ann Sirot et Raphaël Balboni s’intéressent à une nouvelle pathologie, cette fois-ci fictive. Celle dont est atteint le couple du film les rend stérile, à moins qu’ils ne retournent coucher avec chacun de leurs ex. Ce Syndrome des amours passées liquide tout…par Marius Jouanny5 min
    5 min
  17. Un Silence de Joachim Lafosse, 2024

    La mort du loup

    Un Silence est le combo, le best-of du pire de Joachim Lafosse : celle d'une grande pathologie et d'un grand pervers narcissique qui, ici, renverse toute la salière dans la soupière. Retour en dyade sur le film.par Rédaction9 min
    9 min
  18. Amal de Jawad Rhalib, 2024

    La tumeur, Gargamel et le Flamand magique

    Brandi par les institutions et les médias comme outil de propagande idéal pour asseoir un discours manichéen sur l'éducation, Amal de Jawad Rhalib emprunte une voie ouverte par des oeuvres telles que Noces ou Animals, mais semble pousser encore plus loin sa démarche volontariste et manipulatrice. En trouvant des…par Thibaut Grégoire9 min
    9 min
  19. Julie se tait de Leonardo Van Dijl, 2025

    Silence coupable

    Comme le titre de l’œuvre de Leonardo Van Dijl l’indique explicitement, la jeune joueuse de tennis Julie (Tessa Van den Broeck) ne parle pas dans le film des sévices de son entraîneur (Laurent Caron). Aveu de faiblesse : le cinéma ne peut être le lieu de la libération de la parole. Il se fait plutôt le porte-voix…par Léo Le Breton11 min
    11 min
  20. Jeunes mères de Luc et Jean-Pierre Dardenne, 2025

    Tuer les pères, sauver les mères

    Après avoir cédé à la tentation du film coup de poing et de la démonstration dans leurs deux films précédents, Luc et Jean-Pierre Dardenne semblent dans un premier temps continuer sur la même voie avec Jeunes mères. Se moulant cette fois-ci dans le cadre téléfilmesque du film choral et dans une mouvance « post-Dalva…par Thibaut Grégoire8 min
    8 min
  21. Rano de Valéry Rosier, 2025

    Martine à Madagascar (et retour en martyre sur le BRIFF 2025)

    Retour en martyre sur la huitième édition du BRIFF, le Brussels International Film Festival, qui s'est tenue du 20 au 28 juin 2025, et sur le film Rano de Valéry Rosier et Farellia Tahina Venance, un film belge en vacances à Madagascar dans lequel Mara Taquin décline sans nuances son personnage-type.par Guillaume Richard13 min
    13 min
  22. L'Intérêt d'Adam de Laura Wandel, 2025

    Le cinéma mis en famine

    L'état dans lequel se trouve le petit Adam résume parfaitement ce que fait subir Laura Wandel au cinéma : une famine. Sa vision du monde est inhospitalière et fascinée par les effets de la pulsion de mort. Après Un monde qui s'intéressait déjà péniblement au calvaire d'Abel, L'Intérêt d'Adam remet le couvert avec un…par Guillaume Richard8 min
    8 min
  23. Six jours ce printemps-là de Joachim Lafosse, 2025

    À perdre la maison

    Film de la déflation après l'implosion, Six jours ce printemps-là joue la carte de la discrétion, mais si l'auteur fait le mort, c'est en marchant à pas de loup pour différer sa résurrection.par Des Nouvelles du Front cinématographique3 min
    3 min
  24. On vous croit de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, 2025

    Les gueules de l’emploi

    En plus de recycler des normes esthétiques et des archétypes du cinéma belge francophone à sujet, maintenant devenu art institutionnel, On vous croit de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys théorise également les emplois récurrents d'acteurs devenus partie intégrante de ce système clos et oppressif. S'il côtoie les…par Thibaut Grégoire10 min
    10 min

Autour de l’œuvre

  1. Entretien

    Écriture et Appauvrissement

    Pris au jeu de l’interview, le noyau dur du Rayon Vert s'attable au bar digital pour discuter des films belges, de l'écriture sur le cinéma, des vlogs et de l’appauvrissement entraîné par la communication 2.0.par Rédaction25 min
    25 min
  2. Critique

    Bar digital n°2

    Accoudés au bar digital, avec tout le panache et les emportements qui vont avec, nous revenons, en ce mois de février 2020, sur la dixième cérémonie des Magritte du cinéma belge, un bilan cinéma du journal « Le Soir », « Werk ohne Autor » de Florian Henckel von Donnersmarck sacré par l'UCC et le dernier « Star Wars ».par Rédaction41 min
    41 min
  3. Rayons verts

    Sociologie et économie du cinéma belge et de la cinéphilie en Belgique

    Dans cette étude à la fois sociologique et économique, nous nous intéressons dans un premier temps à la place qu'occupe la cinéphilie (au sens parisien du terme) en Belgique et au nombre d'entrées que réalisent les films d'auteur. Sur base des données récoltées, nous verrons que cette pratique semble bien marginale et…par Guillaume Richard42 min
    42 min
  4. Varia

    Les Magritte du Cinéma 2022

    Crise sanitaire oblige, la onzième cérémonie des Magritte du Cinéma avait pour nouveauté un dispositif alternant une scène avec ses gradins et ses coulisses. Au programme : des faux raccords hilarants, un timing bien trop strict, des textes qui tombent à plat et des séquences tire-larmes dignes d'un télé-crochet. Mais…par Guillaume Richard4 min
    4 min

Autres cycles

Tous les cycles →