Le cinéma de Nurith Aviv est l’abri d’hospitalité des mots de vérité, ces contre-feux quand le règne planétaire de la communication impose aux paroles d’être tues ou de vanité. On y prend langue dans l’écart des rapports de l’autre et l’avec, qui font bégayer la loi de l’Un en l’ouvrant au plus d’un – plus d’une langue, plus d’une tradition, plus d’un pays. Plus d’un nom aussi et voilà que le prénom fait désormais autrement disloquer les assignations à l’identité unique. Une abondance d’intelligence sensible fait une qualité d’être dans le nouage du pluriel et du singulier. Le chiffre du prénom tient dans l’équation dont l’X est l’innommé, celui d’avant tout nom propre qui est l’impropre et le multiple dont nous sommes de roses errantes le bouquet. Son résultat est amour pour qui s’engage dans la parole en sachant garder le silence ou l’affronter.
