Toutes les publications

« It Must Be Heaven » de Elia Suleiman : Palestiniens partout, Palestine nulle part

« It Must Be Heaven » d’Elia Suleiman parle de la Palestine comme d'un "dépays" comique et mélancolique dont la circonférence serait partout et le centre nulle part ; et des Palestiniens comme un espèce en voie de disparition tandis que monte un devenir-palestinien global.

« La Mort en ce jardin » de Luis Buñuel : Civilisés, barbares, sauvages

« La Mort en ce jardin », film mineur d'un auteur majeur, offre à quelques archétypes du cinéma de genre, tels que l’aventurier brutal et cynique, la femme-enfant vierge et innocente, une voie de sortie en forme souveraine de robinsonnade réinventée.

« Little Joe » de Jessica Hausner : La petite clinique des erreurs

Si Jessica Hausner continue avec « Little Joe » son travail de sape de l’eudémonisme comme idéologie de notre temps d’après les idéologies, ça n'est pas sans rejoindre la catégorie des films d’auteur qui anémient les genres populaires en les mortifiant de la morgue de leur intellect à court d'idées.

« Dimanche » : Statu quo et crise environnementale

« Dimanche », une pièce de théâtre des compagnies Focus et Chaliwaté en tournée mondiale depuis novembre 2019, met en crise le statu quo de nos modes d'existence en situation de crise environnementale.

« Now Apocalypse » de Gregg Araki : Genres, sexualités et fin du monde

« Now Apocalypse » se présente à la fois comme une œuvre somme et le constat d'un échec. En passant par le médium télévisuel, Gregg Araki interroge les limites de son propre cinéma tout en perpétuant sa réflexion sur les liens entre hybridité générique et sexualité queer.

« Rushmore » de Wes Anderson : Réinventer l’espace pour reconstruire le collectif

« Rushmore » est une nouvelle histoire de famille réinventée chère au cinéma de Wes Anderson. Le film raconte aussi cela d'un point de vue esthétique : reconstruire l’espace pour que la nouvelle grande famille puisse y habiter.

« Miraï, ma petite sœur » de Mamoru Hosoda : Un plan pour l’éternité

Avec « Miraï, ma petite sœur », Mamoru Hosoda poursuit le travail entamé avec l'esthétique superflat lorsque le plan met à plat les chagrins narcissiques de l'enfance et la filiation généalogique.

« Matthias et Maxime » de Xavier Dolan : Baiser taché

Dans « Matthias et Maxime », l’heure n’est plus à l’expression débridée des sentiments, des frustrations et des colères, mais plutôt à une sorte de contenance forcée que semblent s’imposer les personnages et que Dolan s’impose également à lui-même.

« Joker » de Todd Phillips : Pitreries du nihilisme

Triste sire du ressentiment devant ses prédécesseurs comique ou inquiétant, ce joker n'a pour royaume que le nihilisme réactif d'un pitre – à la réserve de l'un ou l'autre indécidable sauvés du naufrage.

« Ad Astra » de James Gray : Per monstra, père monstrueux

La force des films de James Gray consiste notamment dans la douce inquiétude d’un regard mélancolique qui désamorce l’hystérie caractéristique du roman névrotique familial. « Ad Astra » n'y déroge pas, quand bien même relève-t-il pleinement du familialisme comme idéologie conformant le régime de représentation hollywoodien.

La représentation de la femme dans le « Rape and Revenge »

Analyse du « rape and revenge movie », sous-genre controversé du cinéma d'horreur qui interroge pourtant nos modes de représentation des genres et de la sexualité. Il permet surtout de questionner l'image de la femme face à celle de la masculinité dominante.

« Perdrix » de Erwan Le Duc : Le Perdreau et l’Arbrisseau

À finalement jouer la rengaine du sentimentalisme pour son « Perdrix », Erwan Le Duc déforce la charge historique et politique initiée par une rencontre aussi improbable qu'amoureuse dans les Vosges.

« Les Héros ne meurent jamais » de Aude Léa Rapin : Zoran est arrivé

Critique et clinique, le film « Les Héros ne meurent jamais » d'Aude Léa Rapin s'offre comme la fiction cathartique d'un document traumatique sous l'horizon de la résurrection d'un défunt de la guerre de Bosnie-Herzégovine.

« Alice et le Maire » de Nicolas Pariser : Économie de la Modestie

« Alice et le Maire » de Nicolas Pariser ne peut être réduit ni à du théâtre filmé, ni à un cinéma de « qualité française », même s’il leur ressemble. C'est un film sur le langage, le retour de la pensée et l'utopie d'un futur à inventer.

« Nuestras madres » de César Díaz : Les paradoxes du cinéma humanitaire

« Nuestras madres » de César Díaz cherche à faire le deuil du génocide guatémaltèque et à poser des émotions sur le désastre. Mais en même temps, il n'échappe pas aux limites esthétiques d'un cinéma dit « humanitaire ».

« Fahrenheit 451 » de François Truffaut : Un escalier vers le ciel étoilé

Avec « Fahrenheit 451 », François Truffaut raconte l'histoire d'une « fuite vers soi-même » qui prend la forme d'une lutte invisible qu'un homme mène contre sa propre incapacité à laisser faner son regard et sa sensibilité.

« Portrait de la jeune fille en feu » de Céline Sciamma : Pyromanie fumeuse

Film-monstre en même temps que film-somme, « Portrait de la jeune fille en feu » est étouffé par la toute-puissance de son scénario mais scintille néanmoins de quelques brasiers sauvages.

« Ça » d’Andrés Muschietti : Des enfants et leurs parents – et le clown qu’il y a entre eux

Derrière le masque numérique et plâtreux du clown éructant de « Ça » se rappelle une mémoire pharmacologique de l'enfance : celle de combats contre des dragons imaginés depuis le trou noir d'un ordre parental dysfonctionnel et diabolique.

« Liberté » d’Albert Serra : Le crépuscule des idoles

Grevé par un dandysme moignon, « Liberté » d'Albert Serra égrène ce qu'il reste de transgression à une époque du capitalisme tardif où celle-là n’a plus cours, sinon dans les manières consensuelles et festives de sa simulation.

« River of Grass » de Kelly Reichardt : « Evergladed »

Analyse de « River of Grass » de Kelly Reichardt : comme le remake minimaliste et désenchanté, drôle et inventif de toute une tradition cinématographique du road-movie criminel.

« Thalasso » de Guillaume Nicloux : Dialectique de la résurrection des corps

« Thalasso » de Guillaume Nicloux s'impose comme une réflexion sur le corps et la résurrection au cinéma à travers trois icônes : Michel Houellebecq, Gérard Depardieu et Sylvester Stallone.

« Mirage de la vie » de Douglas Sirk : L’or et l’oraison

Au couchant du vieil Hollywood pour lequel Douglas Sirk célèbre alors une oraison, se lève un nouveau soleil, l’or des subalternes qui, le temps est venu désormais, passeront enfin de l’autre côté du contrechamp. Glorieusement.

« Roubaix, une lumière » d’Arnaud Desplechin : Les pleins pouvoirs de l’Accoucheur

Arnaud Desplechin invente dans « Roubaix, une lumière » un policier aux pouvoirs presque surnaturels. Ce qui soulève de nombreuses questions à la fois éthiques, politiques et esthétiques.

« Une fille facile » de Rebecca Zlotowski : Les chants de Zahia

Avec « Une fille facile », Rebecca Zlotowski dresse un portrait inattendu et complexe de Zahia, entre le chant de la sirène et le chant de la raison, l'ensorceleuse et la sagesse, qui déjoue les standards d'une certaine forme de féminisme.

À partir de « Le Dictateur » : Le corps primitif de Chaplin contre le spectacle télévisuel

Animalité et Satyre dans le cinéma de Charlie Chaplin : redevenir primitif, sale, barbouillé, montrer son derrière, être méchant comme des enfants pour échapper au lissage du spectacle télévisuel.

« Herbes flottantes » de Yasujirô Ozu : Le Phare et la Bouteille

« Herbes flottante » raconte une triple disparition, celles de : l’autorité patriarcale d’un chef, la survie d’une mauvaise troupe de théâtre traditionnelle et la possibilité pour un homme de pouvoir se réconcilier avec son fils.

« Midsommar » d’Ari Aster : Des vertus immersives de l’archétype et de la référence

Pour faciliter l’immersion du spectateur dans les situations vécues par les personnages, accompagnant ceux-ci dans leur descente vers « l’antre de la folie », Ari Aster recourt précisément à des références connues et à des archétypes scénaristiques tels que le trauma initial et la dissémination d’indices.

À partir de « Monsieur Verdoux » : Une trinité de l’obscénité

À partir de « Monsieur Verdoux » jusqu'à « Un Roi à New York », en passant par « Les Feux de la rampe » : analyse d'une trinité de l'obscénité personnifiée par Verdoux, Shahdov et Calvero dans la filmographie de Charlie Chaplin.

« Donnie Darko » : Interview de Richard Kelly

Dans cet entretien, Richard Kelly revient sur les mystères et les thématiques de « Donnie Darko » : le sacrifice, les univers parallèles, le rôle du lapin ou encore la fin du monde.

« Koko-di Koko-da » de Johannes Nyholm : Immersion dans un cauchemar interactif

« Koko-di Koko-da » se présente à la fois comme un objet de fascination où la place du spectateur ne cesse de fluctuer et une surprenante tentative de croiser le film d'auteur, le film de genre et le film "à sujet".

« Les Trois lumières » de Fritz Lang : La responsabilité d’avoir un destin (ni un drame, ni une fatalité)

Entre archaïsme et modernité, allégorie surannée et dispositif meta moderne, « Les Trois lumières » du démiurge Fritz Lang met son héroïne à l’épreuve morale d’une conversion de la fatalité en destinée – amor fati.

« Yves » de Benoît Forgeard : L’ennemi le plus intime

Depuis la critique potache d'un monde où le capitalisme relève de l'air conditionné, et de l'évaluation des ambivalences de ce tiers démoniaque incontournable qu'est l'intelligence artificielle, « Yves » de Benoît Forgeard propose sur le fil – cronenbergien – un nouvel agencement du désir et de la libido.

« Zombi Child » : Interview de Bertrand Bonello

Bertrand Bonello, qui se présente à la fois comme architecte et cinéaste instinctif, revient dans cet entretien sur sa méthode de travail, son utilisation de la musique et de thématiques fantastiques comme l'idée de possession.

« Animus Animalis » d’Aiste Zegulyte : Quand la Mort nous Regarde

Avec « Animus Animalis », Aistė Žegulytė filme la mort qui regarde la vie à travers une position omnisciente qui pourrait être celle de la mort elle-même si celle-ci devait s'incarner sous une forme narrative.

« Le Daim » de Quentin Dupieux : L’Arc du délire (bandé par le délire de l’autre)

Monté sur une cinéphilie taxiderme nourrie de l'inerte, tout en raccords avec l’américanisation du monde comme réification, désertification et « californication », « Le Daim » de Quentin Dupieux s'ouvre à une rêverie mélancolique sur la possibilité du cinéma à l’heure très réelle de la « cinématographie générale ».