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Terrence Malick : De la (com)passion à l’abandon

Ce cycle de textes consacré à Terrence Malick a pour but d’arracher le cinéaste des clichés auxquels une grande partie de la critique le réduit : mauvais lecteur de Rousseau, nostalgique d’un Éden fantasmé, etc. Il célèbre plutôt la lumière jetée sur notre monde depuis que la vie s’y est installée et le temps s’est écoulé, cette lumière qui irrigue tous ses films où les personnages errent dans les interstices du monde en célébrant l’incarnation de l’amour tout en ressentant la fatalité de l’éphémère et du temps qui passe : telle est la poétique phénoménologique du désœuvrement chez Terrence Malick. Et la phénoménologie, on le sait, est une affaire de lumière et d’incarnation qui révèle le visible et l’invisible à celui qui le reçoit dans sa relation avec un objet. C’est pourquoi Terrence Malick filme comme personne la présence. Sa caméra flottante capte même quelque chose d’irréaliste. Elle saisit toujours quelque chose d’invisible qui est très difficile à traduire par des mots : une éclosion du fameux supplément d’âme qui accompagne la matière et le temps.

8 textes1 h 14 de lecture

Les textes

  1. La Balade sauvage, 1975

    L’image et la réalité, l’une dans l’autre

    La valeur intrinsèquement surréaliste du cinéma trouve une pleine affirmation dans La Balade sauvage, en particulier dans la force de sa critique à l’égard du principe de réalité. Ses personnages, Kit (Martin Sheen), un éboueur délirant et meurtrier, avec Holly (Sissy Spacek), adolescente naïve et innocente - mais de…par Thibaut Morand5 min
    5 min
  2. Le Nouveau Monde, 2006

    Contre-mythe et épopée de l’Amérique

    Fait remarquable, dans son quatrième long-métrage, Le Nouveau Monde, Terrence Malick fait débuter l'histoire de l'Amérique plus tôt qu'à l'accoutumée. Elle ne débute pas avec la conquête de son Ouest comme sa glorieuse Guerre de Sécession. Il en fait remonter le cours pour en revenir à sa source anglaise, en un long…par David Fonseca16 min
    16 min
  3. À la merveille, 2013

    Carte de Tendre

    Le langage Malickien tel qu’il a pris forme dans À la merveille pourrait exprimer un pari radical : tenter de donner corps à ce mouvement insaisissable et indicible de l’amour qui dépasse les êtres et peut les unir puis les séparer sans raison. Pour tenter d’y résister, les personnages cherchent à inscrire leur être…par Jérémy Quicke6 min
    6 min
  4. Knight of Cups, 2015

    La grâce de l’éternel retour

    Il faudrait savoir analyser Knight of Cups de Terrence Malick. Mais comment parler d'un film sans but, sans chemin, où son acteur principal déambule, où il faudra par nécessité ouvrir la voie à mains nues, lui qui, scénariste, n'en a plus, ne sachant donc ni où l’on va ni pourquoi l’on s’y rend, seulement guidé par…par David Fonseca11 min
    11 min
  5. Voyage of Time, 2017

    À la recherche du supplément d’âme

    Avec Voyage of Time, Terrence Malick ouvre un dialogue avec Mother, la force qui a créé l'univers, la nature et les différentes formes de vie qui ont peuplé notre planète. Il lui pose la grande question de la métaphysique : qu'est-ce que signifie être et exister ? Terrence Malick voyage ainsi dans le temps à la…par Guillaume Richard5 min
    5 min
  6. Song to Song, 2017

    Aller au-delà de l’image et des mots

    Avec Song to Song, sans doute plus qu’avec aucun autre de ses films auparavant, Terrence Malick tend à dépouiller le cinéma de certains de ses artifices afin de le constituer en pur langage. Le scénario extrêmement dépouillé de Song to Song, s’il répond à des codes assez classiques du cinéma hollywoodien, avec en…par Fabien Demangeot12 min
    12 min
  7. Une vie cachée, 2019

    Bulles de savon et plafond cathédrale

    Avec « Une vie cachée », le cinéma de Terrence Malick ne retrouve pas la tension féconde entre le paradis intemporel de l'amour et la griffe de l'histoire qui le nourrissait de « Badlands » à « Tree of Life » : empesé d'une religiosité abondamment soulignée dans une grande forme jouant pendant trois heures les grandes…par Des Nouvelles du Front cinématographique10 min
    10 min

Autour de l’œuvre

  1. Rayons verts

    Prisonniers du désert

    Dans « Knight of Cups », Terrence Malick subvertit les données du roman de chevalerie ou du récit picaresque pour faire affleurer à leur surface ce qui serait le squelette d’une sensation ou d’un souvenir. Analyse de l’expérience et de l’épreuve du temps chez Malick, Dumont et Herzog.par Maël Mubalegh9 min
    9 min

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