« Grâce à Dieu » : Je sais bien, mais quand même

À l'œuvre dans « Grâce à Dieu » de François Ozon, le déni soutient à la fois le pacte cinématographique et un consensus social en forme de pacte idéologique. Et l'un de rendre gorge à l'autre, par des voies qui se soutiennent plus d'une éthique de l'esthétique que du civisme.

Dernières publications

« The Immigrant » de James Gray : Faire parler le Cœur

« The Immigrant » prête l’oreille à de nombreuses questions de langage. Les différentes langues parlées et la manière dont les personnages s’expriment sont autant d’éléments moteurs d'un récit où les personnages tentent de s’affranchir de leur milieu comme de leurs démons intérieurs, en posant des mots sur leurs plaies.

« Le Roi Lion » : Idéologies de la Fable Disneyenne

Derrière les beaux sentiments, « Le Roi Lion » cache une série de contradictions : le discours de Zazu, le rabat-joie de service, finira par aboutir ; Timon et Pumba énoncent un message inaudible opposé à la fable disneyenne ; le projet « politique » de Scar s’avère tout aussi intenable dans un monde qui décrédibilise ses idées.

« La Ballade de Buster Scruggs » : Des Épouvantails dans le Désert

« La Ballade de Buster Scruggs » relève à la fois du célèbre nihilisme des frères Coen et d'une relecture de certaines paraboles de l'Ancien Testament. Ce mélange détonnant confère au film son étrange construction et, surtout, son impression d'absurdité ou de gratuité.

Critiques

« Les Éternels » de Jia Zhang-ke : Immortalité, Fétiche et Guérison

À travers le destin de Quiao et Bin, Jia Zhang-ke travaille à nouveau avec brio la porosité des genres en recourant au fantastique, à la fresque épique et à l'allégorie. Ce qui lui permet comme d'habitude de décrire, sur plusieurs décennies, la réalité socio-économique de la Chine.

« Le Château de Cagliostro » de Miyazaki : L’Horlogerie interne du Démiurge

Avec le Château de Cagliostro, paru sur les écrans japonais en 1979 et qui connait 40 ans après sa première sortie dans les salles françaises, Hayao Miyazaki met en forme les trois grands principes de son cinéma d'animation : le machinisme, le syncrétisme et l'ambivalence démiurgique.

« Si Beale Street pouvait parler » : Esthétisme et Anesthésie, la méthode Barry Jenkins

Avec « Si Beale Street pouvait parler », la douceur du cinéma de Barry Jenkins devient le point d'ancrage d'une méthode anesthésiante, où le style hyper référencé du cinéaste (Wong Kar-Wai en tête) permet de faire passer plus facilement les clichés tout en atténuant la violence latente qui traverse le film.

A découvrir

Les Visions de Sam Neill : De « Jurassic Park » à « Event Horizon »

De Jurassic Parc à Event Horizon, Sam Neill a été l’une des incarnations à l’écran d’un spectateur confronté à de nouvelles images, le témoin sacrificiel de ces créations hybrides, et le produit de la réflexion d’un cinéma de genre sur le statut et le rôle de son public. Analyse.

Interviews

Humanité restante, penser l’événement avec la série « The Leftovers »

Rencontre avec Saad Chakali et Alexia Roux à propos de leur ouvrage « Humanité restante, Penser l'événement avec The Leftovers » paru chez L'Harmattan en septembre 2018.

« L’Heure de la sortie » : Interview avec Sébastien Marnier

Avec « L’Heure de la sortie », Sébastien Marnier signe un second film impressionnant. En s’intéressant à l’économie des affects qu’il faut mettre en place pour se préparer aux catastrophes qui nous guettent, le cinéaste propose une puissante réflexion sur la désaffection.

« Braquer Poitiers » : Interview de Claude Schmitz

Claude Schmitz nous explique les secrets de fabrication de son irrésistible « Braquer Poitiers » : le travail avec les acteurs, la porosité entre la fiction et le réel ou encore le rôle décisif du montage.

Tendances

« La Favorite » : Sens et Métaphore, le Bestiaire de Yorgos Lanthimos

Avec « La Favorite », le cinéma de Yorgos Lanthimos opère peut-être un changement de cap décisif et définitif. Il se dirigerait vers des voies moins cérébrales et formalistes en dépliant son récit sur deux niveaux de lecture laissant autant de place aux paraboles et autres métaphores qu'aux affects.

« Le Labyrinthe de Pan » : Porosité des mondes, Porosité des genres

Ancré dans une réalité historique avérée, le Labyrinthe de Pan s'articule selon les codes du conte et du merveilleux : retour sur les trois épreuves d'Ofelia et la symbolique du film de Guillermo del Toro, quand le corps féminin se fait territoire de résistance et de renaissance.

Beckett : En attendant plusieurs fois Godot

Trois fois l'ennui et le divertissement avec le chef d'œuvre de Samuel Beckett, en attendant Godot : dans le texte original paru en 1949, dans le film « Beckett dirige Beckett » réalisé en 1989, et dans la mise en scène de Jean-Pierre Vincent jouée au Théâtre de Namur en 2015.

Thématique

Ce mois-ci, nous vous proposons trois articles partageant la thématique de l’ego perdu, l’occasion de poursuivre la lecture du Lost Ego de François de Smet.

« Ingrid Goes West » et le simulacre de l’Ego véritable

Contre le postulat d'une solidité de notre Égo, analyse des contradictions, artifices et différents jeux de sens dans « Ingrid Goes West », un film de Matt Spicer avec Aubrey Plaza et Elizabeth Olsen.

« Sandy Wexler » : Le Gigantisme métafictionnel de l’Impresario

Lors de son mariage, Sandy Wexler chante devant les stars dont il est, pour le meilleur et pour le pire, l’impresario. Les paroles de la chanson suggèrent que rien ne vaut le spectacle de Hollywood : sous la farce, Adam Sandler fait l'éloge du monde du faux.

« Split » : le pacte de croyance de M. Night Shyamalan

Enquête sur les mystères, les règles, la symbolique et les origines de La Bête dans Split à travers une donnée essentielle du cinéma de M. Night Shyamalan : le pacte de croyance conclu avec les spectateurs.