« Monrovia, Indiana » de Frederick Wiseman : La sphérologie comme spéléologie

« Monrovia, Indiana » est particulièrement affecté par un paysage dévasté : Frederick Wiseman n'a rien d’autre à proposer face à la victoire du camp réactionnaire que le tableau réactif de la petitesse triomphante, répondant au ressentiment des vainqueurs par le ressentiment mimétique des vaincus. 

Le Rayon Vert

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« Le Bateau phare » de Jerzy Skolimowski : L’exil du paria comme une île

Sous couvert du huis-clos maritime d'un Bateau Phare immobile, Jerzy Skolimowski fait affleurer les vies insulaires de ses personnages : des gangsters théâtraux et immatures au paria en exil tenant le cap de mystérieux principes.

« Amours chiennes » d’Iñárritu : Au Temps des Chiens

Quelle place occupe le chien dans « Amours chiennes » ? Analyse d'un rôle décisif mais aussi d'un manque dans le cinéma d'Alejandro González Iñárritu.

« Que le diable nous emporte » de Jean-Claude Brisseau : Le maître du logis et son refuge comme une caverne

En raison de ses démons, la construction du conte moral proposé par « Que le diable nous emporte », aussi savante soit-elle dans une stratégie des apparences théorématiques voilant cependant un credo axiomatique, ne sort résolument pas de la « pensée straight ».

« Paul Sanchez est revenu ! » de Patricia Mazuy : Le Chaudron du fait divers (et ses marmitons)

Reconnaissance symbolique, pulsion de mort, auto-intoxication fantasmatique : « Paul Sanchez est revenu ! » de Patricia Mazuy est travaillé par une série de figures majeures et tristes du désir contemporain. Peut-être moins drôles que terrifiantes, à la fin. Analyse.

« Sport de filles » de Patricia Mazuy : À hue et à dia (de la fiction et du documentaire)

La rencontre de Marina Hands et de Bruno Ganz, pour une articulation salvatrice entre une puissance d’intensification physique et psychique de l’existence individuelle et un support de socialisation collective et de discipline des corps.

« L’Adieu à la nuit » d’André Téchiné : L’aveuglement de l’Âge

Analyse du discours idéologique de « L’Adieu à la nuit » d’André Téchiné, qui met en valeur les sermons et la morale des anciens tout autant que la question générale de l'aveuglement.

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« L’Heure de la sortie » et la Collapsologie : Trembler ensemble

Dans le sillage de « Melancholia », « L'Heure de la sortie » de Sébastien Marnier pourrait bien être le premier grand film français de collapsologie : accueillir la peur pour faire le deuil d'un monde qui s'effondre; entrevoir une autre fin du monde possible.

« L’Heure de la sortie » : Interview avec Sébastien Marnier

Avec « L’Heure de la sortie », Sébastien Marnier signe un second film impressionnant. En s’intéressant à l’économie des affects qu’il faut mettre en place pour se préparer aux catastrophes qui nous guettent, le cinéaste propose une puissante réflexion sur la désaffection.

Humanité restante, penser l’événement avec la série « The Leftovers »

Rencontre avec Saad Chakali et Alexia Roux à propos de leur ouvrage « Humanité restante, Penser l'événement avec The Leftovers » paru chez L'Harmattan en septembre 2018.

« Rendre la violence supportable » : Interview de Mikhaël Hers pour « Amanda »

Comment rendre la violence supportable ? Interview de Mikhaël Hers pour « Amanda » sur la place des attentats, du deuil ou de la lumière dans le film.

Tendances

« Us » de Jordan Peele : Littéralement, la voix des sans voix

Avec Us, Jordan Peele place une fois de plus au cœur de son dispositif la révolte de ceux qui n'ont pas de voix. Lecture socio-politique du film.

« Inherent Vice » de Paul Thomas Anderson : La Raison en Fumée

Paranoïaques, hystériques, identitaires. Avec « Inherent Vice », Paul Thomas Anderson égrène les figures de la raison malheureuse et hystérique à l'ère du capitalisme. Et si le détective, cette figure grise, offrait quelques échappées - sous la forme de volutes cannabiques - à la subsomption intégralement désintégrative du capital ?

« Burning » de Lee Chang-Dong : Le feu invisible des Great Hungers

Analyse du monde invisible de « Burning » : celui des Great Hungers où le rôle du feu, de la lumière et des éléments disséminés (le chat, le puits, les serres ou les meurtres) est déterminant.

En 2016, Paterson signait le retour inattendu et inespéré de Jim Jarmusch. Il revient cette année à Cannes avec The Dead Don’t Die qui a reçu un accueil glacial. Ce qui nous rend d’autant plus curieux de le voir et de le relier avec notre travail autour des quêtes et du quotidien qui traversent son cinéma.

« Broken Flowers » de Jim Jarmusch : La quête de Dissemblance de Bill Murray

« Broken Flowers » dépasse un comique s'amusant des clichés et une poétique du décalé pour raconter, à partir d'un travail autour de la ressemblance, une quête de dissemblance angoissante. Et si cette quête était aussi celle de Bill Murray, dont le fils, Homer, apparaît à la fin du film ?

Les Voyages inopérants et les Quêtes spirituelles chez Jim Jarmusch

Les quêtes spirituelles qui traversent le cinéma de Jim Jarmusch n'ont pas besoin du voyage pour s'accomplir. Elles peuvent faire du surplace et se réaliser au creux d'un divan ou sous le nez des personnages. Analyse croisée de « Only Lovers Left Alive », « The Limits of Control » et « Paterson ».

« Paterson » et la Quête de la Légèreté

« Paterson » montre la difficulté pour un homme qui se rêve poète, un poil orgueilleux et pratiquement incapable de s’accorder avec ce qui l’entoure, de retrouver la simplicité et la légèreté, aussi bien dans ses mots que dans son quotidien.