Logo du Rayon Vert Revue de cinéma en ligne

Gus Van Sant : Adolescences crépusculaires

Le cinéma de Gus Van Sant raconte une grande tragédie qui fait tenir dans le cinéma des destins ancrés dans la survie à l’adolescence. Dans tous ses films, les derniers jours de l’adolescence préparent en effet au temps d’après pour l’adulte qui en sera le survivant, même tout cabossé.

River Phoenix et Keanu Reeves à moto dans My Own Private Idaho
Rayon vert

« My Own Private Idaho » de Gus Van Sant : Les bruits du désir

17 avril 2026
Pour réveiller son voyageur endormi au début de My Own Private Idaho, Gus Van Sant embarque dans une errance à travers les sons. Entre bruits et silences, images rêvées et chaos du monde extérieur, le jeune Mike nous invite à rechercher avec lui les sons qui s’accordent au désir véritable.
Gabriel Nevins dans les couloirs de son école dans Paranoid Park
Rayon vert

« Paranoid Park » de Gus Van Sant : Le monde où l’on skate

17 avril 2026
Plus qu’un sport, le skate est un art de vivre. Il se caractérise par un rapport frontal à l’espace (on chute constamment contre le bitume) corrélé à une suspension du temps (on cherche une seconde d’élévation, on se laisse glisser). Pourtant, influencés par l’esprit des teen movies, les films de skate s’apparentent bien souvent à de simples films de bandes où se retrouvent de coutumières scènes d’intégrations, de rivalités et de triomphes. Rien de tout cela dans Paranoid Park qui suit un jeune homme dont la planche, peu utilisée mais toujours agrippée, est un signe d’isolement. Laissant de côté le théâtre flamboyant des relations adolescentes et la célébration vibrante des figures accomplies, l’œuvre singulière de Gus Van Sant aborde la pratique des rampes par son versant noir et métaphysique.
Joaquin Phoenix et Jonah Hill dans "Don't Worry, He Won't Get Far on Foot" de Gus Van Sant
Rayon vert

« Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot » de Gus Van Sant : Les vieux jours de l’adolescence, les derniers

17 avril 2026
En tirant sur ses vieux jours, l’adolescence qui joue les prolongations n’en sait pas moins qu’ils sont comptés. Les vieux jours de l’adolescence, en étant les derniers, préparent ainsi au temps d’après pour l’adulte qui en sera le survivant, même tout cabossé. C’est l’histoire vraie du dessinateur paraplégique John Callahan que raconte Gus Van Sant dans ce film décousu et tendre, hésitant entre la voie royale de la résilience et une éthique de la convalescence. On y reconnaîtra en mineur sa tragédie à tenir en cinéma un destin dans la survie à l’adolescence.
Michael Pitt en Kurt Cobain avec des lunettes de soleil dans Last Days
Rayon vert

« Last Days » de Gus Vans Sant : Pavane pour un fantôme défunt

17 avril 2026
Dans Last Days, on suit de loin en loin ce qui reste de Gerry comme de l’Amérique, une fois sortis de leur désert : une génération d’individus qui, après avoir crié trop fort, n’a plus la force de parler.
Les deux ados Eric Deulen et Alicia Miles dans Elephant
Rayon vert

« Elephant » de Gus Van Sant : Les oiseaux ne se cachent plus pour mourir

17 avril 2026
Dans Elephant, Gus Van Sant continue une réflexion débutée dans Gerry, aboutie dans Last Days. Le film repose sur des thèmes qui sont communs aux deux autres, tels que la solitude, l'absurdité de l'existence, et une approche cinématographique qui cherche à capturer des moments de crise intérieure sans explication facile.
La traversée du désert dans "Gerry" de Gus Van Sant
Rayon vert

« Gerry » de Gus Van Sant : Habiter l’absence

17 avril 2026
Le désert que traverse deux amis devient, dans Gerry, une cité perdue et terre d’exil – le cinéma. Cet endroit, émondé de tout artifice, devient le lieu d’une expérience existentielle. On y apprend, peut-être, que ce que nous avons de plus profond à offrir est ce gouffre que chacun porte en soi.