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Apichatpong Weerasethakul

Depuis plus de 25 ans, Apichatpong Weerasethakul s'est imposé comme un cinéaste majeur dont l'œuvre est à la fois cohérente et sans cesse en mouvement. De ses films aux installations, elle n'a cessé de s'aventurer dans l'espace et le temps, le réel et le rêve, la politique et la thérapie. Revoir ses films aujourd'hui, ou visiter une de ses installations, c'est se rendre compte de l'incroyable unité des expériences proposées par Apichatpong Weerasethakul et dont les motifs sont nombreux : la grotte, les esprits, le sommeil, la chambre, le bestiaire à la fois domestique et sauvage, la méditation ou encore les conflits politiques. Les textes que nous proposons dans ce cycle, qui se répondent les uns les autres, rendent compte logiquement de cette richesse et de cette cohérence. Pour le lecteur comme le spectateur, c'est une invitation à se replonger en soi-même, à garder les yeux ouverts et à se penser en lien avec des expériences forcément métaphysiques.

Min Oo allongé le long de la rivière dans Blissfully Yours
Esthétique

« Blissfully Yours » d'Apichatpong Weerasethakul : Le choc des civilisations n’aura pas lieu

28 novembre 2021
Le transfontiérisme est-il la solution trouvée au clash civilisationnel théorisée un temps par Samuel Huntington ? Une terre liftée, toutes cicatrices effacées, d’où le Mal aurait miraculeusement disparu ? Bien au contraire, dans Blissfully Yours, la permanence du vivant n’est possible que sous réserve de l’existence de frontières, qui inaugure un geste politique fort : ce n’est pas l’abolition des frontières qui permettrait de tenir cette promesse, mais au contraire la pleine et entière reconnaissance de celles-ci qui, loin de forclore l’espace et le temps, autoriseraient un passage permanent entre le spirituel et le temporel, le terrestre et le céleste, l’urbanité et la nature, l’amour et la sexualité, la vie et la mort, autorisant le rendez-vous de toutes les civilisations.
Jenjira Pongpas assise dans le cimetière dans Cemetery of Splendour
Esthétique

« Cemetery of Splendour » d’Apichatpong Weerasethakul : Sur les strates poétiques d’une réalité onirique

16 novembre 2021
Par-delà le rêve et la réalité, Cemetery of Splendour est l'exploration poétique d'un monde à la fois immuable et en perpétuelle anamorphose. Le motif du palimpseste constitue la structure à la fois narrative et architecturale d'un film qui célèbre la puissance de l'imaginaire face à un régime politique oppresseur. En abolissant les frontières entre l'humain et le divin, le sommeil et l'éveil ou encore l'immensément grand et l'immensément petit, Weerasethakul appelle le spectateur à simplement contempler ce qui se trouve en face de lui.
Le soldat couché dans la forêt dans Tropical Malady
Rayon vert

« Tropical Malady » d'Apichatpong Weerasethakul : La thérapie de la jungle

16 novembre 2021
Tropical Malady d'Apichatpong Weerasethakul raconte l'histoire d'une déception amoureuse dont la guérison s'effectuera dans la jungle. Si le film est scindé en deux parties, il n'en demeure pas moins uni par la recherche d'un antidote qui prendra la forme d'une quête spirituelle et thérapeutique.
Dans la grotte d'Oncle Boonmee
Esthétique

« Oncle Boonmee » d’Apichatpong Weerasethakul : Quand le cinéma se souvient de ses vies antérieures

16 novembre 2021
Par l’intermédiaire de son personnage principal et par la mise en scène de ses vies antérieures, Apichatpong Weerasethakul décline le retour aux origines et l’étend au cinéma dans son ensemble ainsi qu’à son propre cinéma. Si Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures montre les vies antérieures de son personnage principal, il expose également les siennes en tant qu’il appartient à un art dont l’histoire et les origines ressurgissent par intermittence en son sein.
Une femme dort dans un film de l'installation Periphery of the Night
Esthétique

« Periphery of the Night » d'Apichatpong Weerasethakul : Expérimenter l’espace et le temps

15 novembre 2021
« Periphery of the Night » est autant une invitation à garder les yeux ouverts qu'à les fermer. Le visiteur, porté par le rythme envoûtant des vidéos projetées, circule à l'intérieur de différentes salles qui lui permettront de créer, à son tour, sa propre narration. La contemplation amène ici à la création d'une multiplicité d'œuvres mentales défiant les lois du temps et de l'espace.
Jenjira Pongpas et Maiyatan Techaparn dans Mekong Hotel
Rayon vert

« Mekong Hotel » d'Apichatpong Weerasethakul : La dernière fois que j’ai vu le Mékong

13 novembre 2021
Mekong Hotel prolonge avec modestie un geste de cinéma, ample et précieux parce que rêvé quand le rêve enveloppe les peuples qui dorment dans l’attente fébrile de leur réveil. Rêver que les films sont des embarcations pour des voyages immobiles vers de mystérieuses contrées, pays antiques et nations mythiques, terres réémergentes après avoir été liquidées. Rêver en commun qu’il y a un autre monde à portée de mains et dans les viscères des rêveurs. Rêver des mondes oubliés et engloutis pour mieux s'en ressouvenir à l'avenir, là où l’on voit depuis l’horizon meurtri de l’Asie du sud-est une autre Atlantide – l’éden insituable des rêveurs en commun qui tient tout à la fois de la serre tropicale, du jardin d’essai et du Navire Night.
Le Vortex de la Fever Room d'Apichatpong Weerasethakul
Histoires de spectateurs

Les fièvres de la « Fever Room » : Récit d'une performance d'Apichatpong Weerasethakul

12 juin 2016
Si le rêve est une porte vers l'expérience temporelle de l'éternité, comme le pensait Borges, alors l’œuvre de Weerasethakul est celle qui travaille le plus intensément cette piste. Comme les rêves, la Fever Room nous permet d'approcher les mystères du temps. En voici le récit.