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Jim Jarmusch : Quêtes et voyages inopérants

Derrière son apparente sérénité, le cinéma de Jim Jarmusch se révèle beaucoup plus complexe qu'il n'en a l'air. Les quêtes, les questionnements et les voyages inopérants qui le traversent contrastent aussi bien avec la légèreté et la simplicité avec lesquelles les personnages appréhendent leur quotidien qu'avec les clichés qui entourent habituellement l’œuvre du cinéaste américain.

Le frère et la soeur dans Father Mother Sister Brother de Jim Jarmusch
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« Father Mother Sister Brother » de Jim Jarmusch : Valeur sentimentale

19 janvier 2026
Composé de trois segments distincts, Father Mother Sister Brother de Jim Jarmusch déplie une équation familiale à travers ses différents récits, par l’entremise d’éléments récurrents. Opérant un glissement progressif de la comédie au drame, il finit par abandonner la valeur matérielle des choses pour dévoiler leur valeur sentimentale dans un final dépouillé.
Masatoshi Nagase et Yūki Kudō dans leur chambre d'hôtel dans Mystery Train
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« Mystery train » de Jim Jarmusch : En vacance permanente

11 janvier 2026
Mystery train de Jim Jarmusch est un anti-road movie suspendu dans le temps autant qu'un anti-biopic fantôme sur ce qu'il reste d'Elvis Presley. Le film refuse les mouvements tout tracés pour saisir les manifestations les plus singulières de l'inertie d'un rayonnement spectral. C'est aussi un film musical, un blues cinématographique, qui doit beaucoup à deux morceaux d'Elvis, Mystery train évidemment, et Blue Moon, tant pour leurs tonalités que pour leur forme.
Iggy Pop, Ron Asheton et Scott Asheton en studio dans Gimme Danger
Esthétique

« Gimme Danger » de Jim Jarmusch : Les indomptés

11 janvier 2026
En 2016, Jim Jarmusch est à Cannes et il compte double : Paterson est projeté en compétition officielle, en « Séance de Minuit » Gimme Danger. Et les hiérarchies s’inversent : le documentaire vaut mieux que la fiction tout en partageant une idée commune : l’art n’advient qu’à l’épreuve du non-art, dans l’écart ténu d'avec son contraire. L’épopée des Stooges est plus sincère que l'ascèse du poète amateur qui, lecteur de William Carlos Williams, reconnaît comme lui que la poésie est partout, dans la matière du monde comme dans l’absence d’œuvre – partout, oui, sauf chez sa compagne. Cette inégalité n’a pas cours avec des musiciens qui ont converti en fureur et riffs l’électricité ouvrière de Detroit d’où ils sont originaires. Le rock y était animé alors d’un génie populaire, disposé à un communisme primitif et un anarchisme légendaire. Gimme Danger s’y consacre avec une belle simplicité en préférant au statut de l’héritier dandy capitalisant sur les survivances d’hier celui du témoin doublé de l’ami fidèle.
Forest Whitaker et la petite fille assis sur un banc dans Ghost Dog
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« Ghost Dog : La voie du samouraï » de Jim Jarmusch : Le bâtisseur de ruines

8 janvier 2026
Ghost Dog : La voie du samouraï est un film à la respiration lente. Jim Jarmusch y sculpte un cinéma de la marge, sec et nocturne. Il refuse l’escalade. Il préfère l’inéluctable. Chaque mort est déjà écrite. Ghost Dog le sait. Il n’esquive pas. Il avance vers la fin comme on respecte la mesure de son modèle qu'il sample : Le Samouraï, de Jean-Pierre Melville, qu'il répète pour le faire bruire autrement.
Roberto Benigni, Tom Waits et John Lurie sur leur lit dans leur cellule dans Down By Law
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« Down By Law » de Jim Jarmusch : To look out the window

8 janvier 2026
Si on se souvient facilement de Down By Law pour ses personnages marginaux et son vagabondage Louisianais, un récit oublié se dessine discrètement. Alors que le film voyage à travers de nombreux espaces, les portes, les murs ou encore les fenêtres briguent avant tout une maison à habiter.
Tom Hiddleston et Tilda Swinton assis à ne rien faire dans le film de Jim Jarmusch
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Les Voyages inopérants et les Quêtes spirituelles chez Jim Jarmusch

23 avril 2018
Les quêtes spirituelles qui traversent le cinéma de Jim Jarmusch n'ont pas besoin du voyage pour s'accomplir. Elles peuvent faire du surplace et se réaliser au creux d'un divan ou sous le nez des personnages. Analyse croisée de « Only Lovers Left Alive », « The Limits of Control » et « Paterson ».
Bill Murray assis dans son salon (Broken Flowers)
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« Broken Flowers » de Jim Jarmusch : La quête de Dissemblance de Bill Murray

22 janvier 2018
« Broken Flowers » dépasse un comique s'amusant des clichés et une poétique du décalé pour raconter, à partir d'un travail autour de la ressemblance, une quête de dissemblance angoissante. Et si cette quête était aussi celle de Bill Murray, dont le fils, Homer, apparaît à la fin du film ?
Paterson (Adam Driver) rencontre une jeune poétesse dans Paterson
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« Paterson » de Jim Jarmusch : La Quête de la Légèreté

28 avril 2017
« Paterson » montre la difficulté pour un homme qui se rêve poète, un poil orgueilleux et pratiquement incapable de s’accorder avec ce qui l’entoure, de retrouver la simplicité et la légèreté, aussi bien dans ses mots que dans son quotidien.