Logo du Rayon Vert Revue de cinéma en ligne

Claire Denis

« On aime le cinéma de Claire Denis parce qu’il était immunisé contre l’hystérie. Et son immunité était la nôtre, notre protection face aux déluges d’une hystérisation des rapport sociaux à l’heure, critique, des viralités démultipliées, médiatiques et zoonotiques. Non pas que les personnages de Claire Denis soient dépourvus d’hystérie, plus souvent les hommes que les femmes d’ailleurs, le frère de Nénette et Boni (1996), l’ancien légionnaire de Beau travail (1999), mais les films, eux, ne l’étaient jamais. Le peau des choses et la chair du monde invitaient à l’écumeuse dissémination, douce et taiseuse, des plans comme autant de fragments caressés, des touches à distance, mutiques et elliptiques, dont la sensualité garantissait l’impénétrabilité des êtres et l’opacité de leur désir. » Saad Chakali & Alexia Roux

Joe Alwyn et Margaret Qualley s'enlacent dans Stars at Noon
Rayon vert

« Stars at Noon » de Claire Denis : Des rêves à midi

13 novembre 2022
Stars at Noon, le dernier film mal-aimé de Claire Denis, pourtant reparti avec le Grand Prix à Cannes, est un tour de force, une affirmation que le rêve n’est pas encore mort. Si la main du marché a englouti tous les aspects de notre existence, elle ne parvient pas encore à percer la logique de notre inconscient dont elle ne comprend que les éléments les plus superficiels.
Vincent Lindon et Juliette Binoche s'enlacent dans Avec amour et acharnement
Critique

« Avec amour et acharnement » de Claire Denis : La tristesse au fond

17 septembre 2022
On a longtemps aimé le cinéma de Claire Denis parce qu’il était immunisé contre l’hystérie. Désormais l’hystérie l’a emporté, dans les grandes largeurs qui sont d’abyssales profondeurs. C’est un débondage en règle, les vannes grandes ouvertes menant à un tout petit siphon. L’hystérie est un naufrage et Claire Denis s’acharne à y engloutir l’amour que l’on pouvait avoir pour son cinéma. L’hystérie est la dernière métaphysique dont se repaît le cinéma français et se livrer à son hégémonie, qui est une tristesse et une détresse, c’est se faire l’otage sacrificiel des vedettes passées maître dans l’art d’en tirer profit, Juliette Binoche et Vincent Lindon. Dans Avec amour et acharnement , Claire Denis voudrait faire l’examen sérieux d’une hystérie haussée au niveau du malaise de civilisation, elle finit infectée par son sujet, otage de ses acteurs et captive de sa scénariste, comme l’enfant que dévore le divorce de ses parents.
Mati Diop et Alex Descas dans 35 rhums
Rayon vert

« 35 Rhums » de Claire Denis : Musique du déraillement

29 avril 2021
Dans « 35 Rhums », le mouvement existe d’abord par lui-même, il précède sa caractérisation, son origine et sa destination, bref : il précède son sens. Les personnages de Claire Denis naissent au spectateur à l’intérieur de ces mouvements pendant de longues minutes, avant que le récit ne donne quelques (incomplètes) explications sur leur identité et leurs relations.
Robert Pattinson dans High Life
Critique

« High Life » de Claire Denis : Désacralisation des tabous et des mythes de la science-fiction

10 novembre 2018
De quelle manière Claire Denis opère-t-elle, avec « High Life », une désacralisation des tabous et des mythes de la science-fiction ?