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Abbas Kiarostami : Les carrefours du labyrinthe

On ment souvent chez Abbas Kiarostami, on bégaie autant et les adultes pas moins que les enfants. C’est ainsi que la vie continue. Et le cinéma aussi en constituant avec ses fabulations l’un de ses embranchements. Le cinéma des bifurcations est celui des carrefours et des labyrinthes autant que des ritournelles. Abbas Kiarostami est un cinéaste obsessionnel et ses personnages, surtout les enfants qui sont ses démons au sens où ils ont aussi la garde de son génie, rédiment leurs obsessions en réussissant à substituer à la compulsion de répétition une obstination héroïque. C’est la zébrure de l’idée, c’est l’instant décisif : c’est le kaïros qui s’incarne dans la figure de l’ami dont l’attente fonde l’horizon métaphysique de l’œuvre du cinéaste iranien.

8 textes1 h 17 de lecture

Les textes

  1. Le Pain et la rue et Expérience, 1970

    L’exemple des enfants

    Chercher à l'intérieur de soi ou bien faire avec ce qu'il y a à portée de main de quoi bricoler des petites machines de résistance, voilà ce qu'il faut pour tenter un rapport nouveau entre le réel et la réalité qui ne soit plus d'opposition statique mais de composition dynamique. C'est ce que les premiers enfants du…par Des Nouvelles du Front cinématographique8 min
    8 min
  2. Hommage aux professeurs et Devoirs du soir, 1989

    Le mal au ventre des enfants

    Quand l'éloge consensuel ouvre sur l'os des paroles hétérodoxes, la fonction de témoignage et d'intervention débouche quant à elle sur la critique générale d'une institution pilier de la révolution iranienne. Si la maltraitance scolaire est un motif partagé, c'est en se déclinant au pluriel. Le courage de la vérité…par Des Nouvelles du Front cinématographique7 min
    7 min
  3. Au travers des oliviers, 1994

    Gigogne et vergogne

    Le labyrinthe est un tapis persan et son motif central dans Au travers des oliviers est le tournage d’une séquence issue du film précédent, Et la vie continue. C’est un jeu et l’on n’en finirait jamais de jouer : toute séquence d’un film d’Abbas Kiarostami serait comme un tiroir et en ouvrir la boîte ferait découvrir…par Des Nouvelles du Front cinématographique9 min
    9 min
  4. Le Goût de la cerise, 1997

    La terre jusqu’au ciel

    Après le tremblement de terre du 21 juin 1990 qui a ruiné le nord du pays et dont les territoires abritent pourtant les reconstructions verdoyantes de Et la vie continue et Au travers des oliviers, c'est un autre tremblement de terre que filme Abbas Kiarostami dans Le Goût de la cerise. Cette dévastation est celle-là…par Des Nouvelles du Front cinématographique8 min
    8 min
  5. Ten, 2002

    Rond-point et sens unique

    Ten c'est le cinéma d'Abbas Kiarostami qui, comme un coup de dé à l'heure de la révolution numérique, rejoue dix fois de suite la non opposition des contraires, fiction et documentaire, pellicule et numérique, cinéma et art contemporain, dans l'expression renouvelée des frictions du féminin et du masculin. Ten qui…par Des Nouvelles du Front cinématographique7 min
    7 min
  6. Copie conforme, 2010

    La prose politique du monde

    Il est toujours bien difficile d’écrire sur une œuvre quand d’autres l’ont consacré/désacralisé au préalable par toute une végétation de glose, du dithyrambe à la condamnation, interdisant sans doute d’y voir autre chose, tout comme le décor de la société iranienne, du moins ses représentations occidentales, a imprimé…par David Fonseca19 min
    19 min
  7. Like Someone in Love, 2012

    La route de l’introspection

    Avec Like Someone in Love, Kiarostami, dans la lignée de Yasujirô Ozu, traite de l'incommunicabilité en filmant des êtres perdus illusionnés par l'idée d'amour. Véritable œuvre somme où se télescope la plupart des motifs esthétiques comme thématiques de son cinéma, le film du réalisateur du Goût de la cerise utilise…par Fabien Demangeot12 min
    12 min

Autour de l’œuvre

  1. Mon gâteau préféré de Maryam Moghaddam et Behtash Sanaeeha, 2025

    Jardin suspendu

    Mon gâteau préféré de Maryam Moqadam et Behtash Sanaeeha permet de prendre un bon bol d'air face à la machine d'oppression politique et esthétique du cinéma iranien contemporain qui domine la production exportée chez nous. Ce cinéma est un poids lourd à la tête dure qui, paradoxalement, met KO le spectateur et broie…par Guillaume Richard7 min
    7 min

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