Emma Watson : Ange, Icône et Marionnette
Par Guillaume Richard, le 31 Mai 2018
Pour Le Rayon Vert

Emma Watson dans Bling Ring

Emma Watson : Ange, Icône et Marionnette

Emma Watson : Ange, Icône et Marionnette

Emma Watson : Récit d’une Aventure perceptive

Le calendrier Emma Watson 2018 est enfin affiché devant notre bureau. Les douze clichés qui le composent veillent maintenant sur nos plages horaires consacrées au travail. Pour l’amateur de films, accrocher le portrait d’une rencontre cinématographique revient à conserver la trace d’une aventure perceptive. Alors que nous aurions pu choisir des photos de paysages ou des tableaux, nous leur préférons un supplément d’âme, une certaine intensité provenant tout droit de notre histoire personnelle. Notre cas relève de l’événement, de la fascination et, certainement, de métaphysique, puisque il est autant question d’une rencontre que de visitations, de surcroît inattendues. La relation qui nous unit à Emma Watson est celle d’un spectateur pour une icône, d’un esprit esthète pour un ange, d’un expérimentateur pour une gamme d’intensité et d’affects différents que la vie n’offre pas forcément, ou plutôt : que la vie nous a offert et nous offre toujours, et qu’on cherche à reproduire un maximum tant que notre condition le permet – telle une addiction, avant que la vieillesse n’emporte définitivement notre capacité à nous enchanter.

Cette relation esthétique avec Emma Watson n’a été rendue possible que par l’accoutumance et les accidents heureux. Elle s’est construite dans un rapport sériel, comme si nous regardions un grand feuilleton où chaque nouveau film serait un épisode à part entière. Ce feuilleton pourrait s’appeler Emma Watson, et les films, bien loin d’être des œuvres autonomes, seraient de simples cadres, des lieux pour le passage d’un corps. L’important est de retrouver Emma Watson comme on retrouve un personnage de série TV. La singularité propre des films dans lesquels elle a joué conserve néanmoins une importance. En effet, chacun d’eux a pu faire évoluer le destin de l’actrice et la perception qu’on peut en avoir, mais seulement d’abord parce qu’ils sont au service de la star et non l’inverse. Les films, mis bout à bout ensemble, racontent une autre histoire, qui elle-même s’avère être liée à la personnalité publique de l’actrice dont on connaît les engagements. Nous verrons ainsi comment la représentation d’Emma Watson se construit et évolue autour de trois figures : l’ange, l’icône et la marionnette. Elle passe de l’une à l’autre presque de manière linéaire. C’est cette histoire, cette rencontre, intimement liée à notre expérience, que nous allons essayer de raconter en trois temps.

La révélation de l’Ange : « The Perks of Being a Wallflower » et « The Bling Ring »

En quelques années, Hermione Granger a déjoué tous les pronostics. La madame « Je sais tout » qui agaçait Poudlard s’est progressivement détachée de cette image de petite peste prétentieuse première de classe. Légèrement garçon manqué, elle endossait aussi le rôle de la bonne copine. Le personnage a évolué tout au long de la saga Harry Potter pour donner naissance, malgré lui, au prototype de l’icône que l’on connaît aujourd’hui. Ce changement a été rendu possible par l’évolution physique d’Emma Waston. L’émergence de sa beauté naturelle et la finesse de ses traits ont fini par l’éloigner du rôle qui lui était certainement prédestiné. Les films de la saga Harry Potter racontent ainsi l’évolution inattendue d’un corps : la génétique a parlé, et le hasard aurait pu transformer Emma Watson en un autre corps, une autre image. Au départ, donc, et au regard des habitudes de représentation, elle est celle qu’on ne regarde pas, ou qu’on ne pense pas regarder, à moins d’avoir un faible pour les premières de classes et les bonnes copines intrépides.

Si Emma Watson a su laisser derrière elle Hermione Granger comme on abandonne une carapace vide, il est important de noter qu’elle n’a pas tout perdu de son personnage et que, bien au contraire, elle en conserve une série de traits qui continuent à l’identifier. L’image de la fille intelligente, brillante même, lui colle toujours à la peau. Dans presque tous ses rôles, elle incarne un personnage dont les facultés intellectuelles et la sensibilité comptent en premier lieu. Emma Watson est donc née avec Hermione Granger, mais après, il y a eu comme une sorte d’anomalie, une évolution imprévue du personnage. La petite peste est devenue une icône. La pimbêche s’est transformée en ange. Notre désintérêt pour les films Harry Potter nous a fait manquer la subtilité de cette évolution. Pourtant, la magie de la rencontre inattendue devait déjà certainement opéré. Nous n’étions simplement pas encore prêt à l’accueillir.

Emma Watson et Logan Miller dans The perks of being a wallflower

Emma Watson en incarnation de l’amour adolescent perdu.

Cette première rencontre, même manquée, a pourtant été déterminante. Car forcément, par la suite, nous n’avions aucune attente, et c’est souvent lorsqu’on s’y attend le moins que quelque chose se produit. Quand l’attente est déjouée ou supplantée par le hasard et la surprise, l’événement survient. Deux films très différents ont ainsi changé notre rapport à l’actrice : The Perks of Being a Wallflower de Stephen Chbosky (2012) et The Bling Ring de Sofia Coppola (2013). On sait qu’il est difficile pour un acteur de se reconvertir après un rôle à succès. Surtout lorsque celui-ci s’étend sur la durée, comme avec Harry Potter, et que le personnage est devenu familier d’une grande partie du public. Comme ce n’est pas notre cas, et que d’Emma Watson, nous ne gardions finalement que peu de choses, une nouvelle rencontre était possible. Il est fréquent de ne pas savoir mettre un visage sur un nom et de rencontrer bien plus tard un acteur. Cette part subjective du parcours de l’amateur de films, que nous avons déjà essayé d’éclaircir dans un précédent texte, est décisive. C’est donc seulement à partir de la période qui suit la série des Harry Potter que notre aventure commence.

Passé quasiment inaperçu à sa sortie, snobé par la critique intellectuelle qui n’y retrouve pas de marottes à défendre, mais devenu culte auprès d’une partie du public, The Perks of Being a Wallflower de Stephen Chbosky présente Emma Watson comme un ange : un ange tombé du ciel sous les traits de la petite amie inattendue. Emma joue la fille dont on ne s’attend pas à tomber amoureux. Pour obtenir cet effet, Chbosky ne la filme pas de n’importe quelle manière : elle occupe indifféremment l’espace, tel un personnage secondaire classique, avant d’attirer toute l’attention sur elle à travers une épiphanie affective écrasante. The Perks of Being a Wallflower, dont le dessein est magnifiquement résumé par son slogan « We are Infinite », joue la carte nostalgique de l’amour adolescent perdu autant que celle de l’expérience infinie, béate, qu’est l’événement de la rencontre amoureuse. Cette épiphanie, si courante dans la vie pour tous les expérimentateurs qui en font une quête vitale, trouve une matérialisation esthétique à laquelle Emma Watson prête son corps. Elle ne se produit pas de n’importe quelle manière. Un événement n’est jamais attendu et ne peut être intégralement contrôlé : en termes esthétique et filmique, nous pourrions dire que son origine ne se situe pas plein cadre, mais sur ses bords, dans les zones en friche du champ (et du hors champ) où se renversent soudainement la teneur des apparences et la place de ce qui était jusqu’alors assigné.

Sofia Coppola n’utilise pas autrement Emma Watson dans The Bling Ring. À nouveau, celle-ci interprète un personnage secondaire, ou du moins à égalité avec les autres personnages du film, alors que son statut de star internationale pourrait lui donner accès à des premiers rôles d’envergure. Emma Watson incarne une adolescente dévergondée, fêtarde et superficielle. Soit l’exact opposé de sa personnalité. Sofia Coppola répète d’ailleurs dans plusieurs interviews l’importance du fossé qui séparait l’actrice et le rôle, et qu’il était amusant de voir à quel point Emma Watson parvenait à rendre crédible un personnage qui ne lui ressemblait pas du tout. Elle danse et s’enivre dans les soirées de L.A comme dans un clip de rappeurs US. La transformation est fascinante, d’autant plus qu’elle est filmée du coin de l’œil, de manière presque anodine. Une des plus grandes stars du monde fait presque de la figuration dans un film qu’elle ne semble que traverser. Emma Watson occupe les marges plutôt que le centre du cadre et du récit. Elle est filmée comme une apparition furtive, tel un ange discrètement de passage sur terre. D’où cette étrange impression : le cinéma semble vouloir protéger Emma Watson de nos regards dévorants, comme si son être était ce qu’il y avait de plus grand, de plus intense et de plus précieux. C’est pourquoi The Perks of Being a Wallflower et The Bling Ring, ainsi que Noah de Darren Aronofski (dont nous ne parlerons pas), contribuent à renforcer le mystère autant que la puissance de déflagration d’Emma Watson.

Il est donc amusant de constater que dans ces deux films, Emma Watson incarne une nouvelle fois des personnages qu’on ne nous invite pas immédiatement à regarder. C’est une star filmée comme un personnage secondaire. Et c’est de cette place assignée dans le récit, et de là uniquement, que se produisent l’événement et la déflagration. Peut-on tomber amoureux d’une actrice qu’on ne nous cache pas ? Un événement peut-il se produire dans une configuration différente et, justement, dans des cas où l’espace et le récit sont soumis à la présence de l’acteur ? Bien évidemment. C’est même le cas le plus courant, puisque le cinéma a toujours organisé l’espace de manière à ce que le corps de l’acteur soit présenté de la manière la plus nette et frontale possible. La fascination du spectateur pour un acteur repose a priori sur une relation de non-dissimulation. Autrement dit : rien n’est en théorie masqué au spectateur, on lui livre l’acteur en pâture, il peut le dévorer, l’arracher à l’écran et le faire ensuite peupler son propre imaginaire sous différentes formes. C’est là le destin de la star de cinéma. Mais ce n’est pas exactement celui d’Emma Watson. En tout cas, pas dans le cas de notre aventure. Le mécanisme de la fascination est certes reconduit, mais de manière détournée et moins frontale. Le construction perceptive s’opère différemment. Emma Watson est la fille qu’on n’attendait pas, et c’est pour cela qu’elle peut fasciner.

Icône : « La Belle et la Bête » et la femme engagée

La suite, on la connaît, à regret. Emma Watson est devenue une star planétaire et une des femmes les plus admirées, notamment pour ses engagements à l’ONU et en faveur du droit des femmes. Tout récemment encore, elle a fait don d’un million de livres à une société luttant contre le harcèlement sexuel et les inégalités entre les hommes et les femmes. La voilà donc sous le feu des projecteurs où le monde des images la transforme en icône. Elle occupe maintenant le centre du cadre et des attentions. L’ange a été capturé et jeté en pâture dans l’espace public, pour la plus grande tristesse de ceux qui, comme nous, angélologues ou esthètes, entretenaient jalousement une fascination d’un genre particulier pour l’actrice. La fille qu’on ne pensait pas regarder attire désormais tous les regards et tous les corbeaux. La voir désormais régulièrement en pleine lumière lui retire-t-il pour autant ses mystères ? C’est difficile à dire, car nous aimons la retrouver dans de nouveaux films. Nous savons peut-être avant tout que son spectre continue à nous travailler pendant qu’elle se pavane sur la place du marché et affole les tabloïds. C’est peut-être ça le plus important : la distinction entre l’actrice et son spectre.

L’ange déchu est donc devenu une icône. À la relation intime qui unit l’ange à son hôte se substitue l’institutionnalisation d’un corps et le cirque d’une emblème. Emma Watson a vendu son âme sur la place publique. Elle a scellé un pacte répugnant avec le monde dominant. Elle a quitté l’ombre pour la lumière, les marges pour le centre, le monde des angélologques auxquels elle se manifestait pour l’espace public où rien n’a de valeur. Nous ne pouvons plus convoquer Emma Watson de la même manière qu’auparavant. D’autres yeux, d’autres pouvoirs, qui ne savent pas la regarder, ou qui n’ont pas partagé notre histoire, s’emparent maintenant d’elle dans une relation salie et impure. Emma Watson a été transformée en icône du politiquement correct et en femme idéale. Tout cela est sans doute aussi une très bonne chose : une femme exemplaire a trouvé une place dans ce monde vicié et n’hésite pas à jouer de sa personne pour essayer de faire changer les mentalités.

Emma Watson en Belle dans La Belle et la Bête

Emma Watson en Icône Disney.

Dans ce contexte,  il n’y a donc rien de surprenant à voir Emma Watson incarner Belle pour Disney dans la version live de La Belle et la Bête (2017). Sur papier, Belle est un personnage taillé sur mesure pour l’actrice. Cultivée, lectrice, ouverte d’esprit, dotée d’une sensibilité évidente et d’une beauté inégalable, les points communs entre le personnage et Emma Watson sont nombreux. Une séquence renforçant ce parallèle a même été ajoutée par rapport au dessin animé original. On y voit Belle donner un cours de lecture à une petite fille du village avant de se faire ramener à l’ordre par des villageois agacés par le progressisme de la jeune femme. Cette séquence, tout à fait superflue, semble devoir sa présence dans le film uniquement pour renforcer la stature et la modernité d’un personnage qui ne fait plus qu’un avec l’icône qui le porte. Disney se cherchait une princesse idéale et l’a trouvée en la personne d’Emma Watson : la princesse parfaite ne se devait pas d’être seulement jolie, il fallait qu’elle soit aussi intelligente et emblématique des transformations de la société.

Ce rapprochement est si évident et prémédité qu’il en vient à faire oublier qu’Emma ne convient peut-être pas physiquement au rôle. Elle semble en effet beaucoup trop jeune et le costume de princesse apparaît trop grand pour elle. Les couples qu’elle forme avec Luke Evans et Dan Stevens ne fonctionnent pas. Ils sont trop âgés, trop grands, et l’alchimie ne prend pas. La Belle et la Bête dégage ainsi une sorte d’anachronisme comique, comme si Disney avait sacrifié la cohérence de son film pour offrir à son icône le grand rôle qu’elle n’avait pas encore reçu. Un rôle en pleine lumière à la hauteur de sa personnalité publique. Et pour ce qui relève de la magie, nous passerons notre chemin. Il n’y a rien de féérique dans ce bric-à-brac kitch de Disney, rien qui ne vienne enchanter ou déconcerter la perception. Notre Emma est maintenant semblable à une image publicitaire : un corps formaté pour devenir une icône, un corps désacralisé désormais dénué de mystère.

Marionnette : « The Circle »

Le statut iconique acquis par Emma Watson s’accompagne d’une réification évidente. Il y a toujours un revers à la médaille. On ne peut pas se transformer en icône sans devenir en même temps la marionnette de cette image. Si La Belle et la Bête offre une consécration à une femme hors du commun, brillante et engagée, et permet d’assoir son influence médiatique et populaire, l’image que s’est désormais inventée Emma Watson lui colle à la peau de manière un peu encombrante. D’autant plus qu’elle n’en possède plus le contrôle. La relative discrétion de son passage sur la place publique rendait encore une forme de contrôle possible. Emma, qui n’était pas encore un premier rôle, traversait les films comme une comète et une promesse, comme une révélation qu’on aimait admirer secrètement. Aujourd’hui, c’est devenu impossible. Emma Watson n’est plus seulement une icône qu’on préservera de tout écart. Elle est une marionnette prisonnière des fils qui circonscrivent son champ d’action. L’icône n’est même plus libre, et ne peut l’être par nature : elle est exposée aux yeux de tous comme une bête de foire – même si cette bête est la plus belle de toutes.

Emma Watson et Google dans The Circle

Emma Watson en Marionnette du Big Brother.

N’était-il pas déjà paradoxal de voir Emma Watson incarner une des plus célèbres princesses des films Disney ? On reconnaît bien ici l’hypocrisie de la maison qui essaie de nous faire avaler des couleuvres avec cette histoire de princesse made in ONU. Car au final, c’est le cliché de la jeune femme romantique croyant au prince charmant qui est reconduit dans La Belle et la Bête. Il est donc étonnant de voir Emma Watson, une des figures féministes les plus en vue du moment, prêter ses traits à ce personnage problématique. C’est même inexplicable, si ce n’est peut-être par le fait que le pauvre Emma est devenue une marionnette. On ne peut pas non plus résoudre cette ineptie en avançant le caractère progressiste de Belle, puisque celui-ci ne sert qu’à définir superficiellement le personnage dans la première partie du film et disparaît progressivement au fil du récit. La Belle et la Bête semble ainsi faire coexister deux tendances inconciliables : le film assoit le statut d’icône progressiste d’Emma Watson à travers un stéréotype. Pour nous qui sommes attachés à notre ange d’antan, cette insulte ressemble à une crucifixion, telle une chouette qu’on cloue sur la porte d’une maison, ou à l’ange auquel on coupe les ailes et qui ne pourra plus jamais venir nous visiter.  

On retrouve le même genre de contradiction dans The Circle (2017), le dernier film en date d’Emma Watson. Elle y interprète une jeune femme qui devient le visage de marque d’une sorte de Google du futur. Le film compte à nouveau plusieurs dimensions méta-réflexives fascinantes. Une jeune femme que rien ne prédestine à attirer la lumière est transformée en l’espace de quelques mois en icône d’un géant informatique du contrôle. Très vite, elle découvre l’envers du décor, qui n’est en fait pas si dangereux puisqu’au final, le système résistera à la tempête et son égérie continuera à le soutenir. Le dernier plan de The Circle montre ainsi Emma Watson encerclée de caméras scrutant ses moindres gestes, comme pour afficher, volontairement (ou non ?), son soutien à Google et à son entreprise de contrôle sur la vie privée des citoyens.

Emma n’a jamais été autant manipulée que dans The Circle. Difficile de croire qu’elle a donné son accord pour apparaître dans un film de propagande aussi insolent et grotesque. Et en même temps, celui-ci résume parfaitement le trajet que nous avons tenté de décrire jusqu’ici. D’ange à icône, d’icône à marionnette, Emma Watson ne semble plus avoir de contrôle sur sa propre image puisqu’elle la vend désormais à des ogres comme Disney ou Google. Peut-on à la fois être un symbole du progressisme actuel et une marionnette du système ? Une féministe engagée et une princesse Disney ? Une femme éclairée et l’égérie de Google ? Ce récit fut donc l’histoire d’une déception. Celle de voir un ange se faire dévorer par le système. On voit mal comment Emma pourrait s’en sortir. Une marionnette peut-elle s’affranchir de ses fils et redevenir un ange ? Parviendra-t-elle à retourner dans l’ombre, là où nous l’avons tant aimée ? La suite de la carrière d’Emma Watson nous le dira.

Guillaume Richard

Co-fondateur et rédacteur du Rayon Vert.

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Pour citer cet article : Guillaume Richard, « Emma Watson : Ange, Icône et Marionnette », dans Le Rayon Vert [En ligne], publié le 31 Mai 2018, imprimé le 05 August 2018, URL : https://www.rayonvertcinema.org/emma-watson-ange-icone-et-marionnette/.