Cinéphilie des premières fois : De ces rencontres imprévisibles avec les acteurs
Par Guillaume Richard, le 14 mai 2016
Pour Le Rayon Vert

Cinéphile aujourd’hui : Admiration d’acteurs

Cinéphilie des premières fois : De ces rencontres imprévisibles avec les acteurs

Cinéphilie des premières fois : De ces rencontres imprévisibles avec les acteurs

Le cinéma et les séries TV ne cessent de réinventer la cartographie mentale et affective des spectateurs en recouvrant des types d’expérience multiples et parfois contradictoires. C’est un lieu commun, mais toujours bon à rappeler : il n’existe pas une seule manière de se laisser traverser par les films, comme il n’existe pas non plus une seule manière de les attendre, de les regarder, de les éprouver ou de les faire continuer à vivre. La cinéphilie nous apporte de nouvelles manières de sentir, dont certaines prolongent ou transcendent nos habitudes perspectives quotidiennes. Comme nous le proposons avec nos écrits regroupés sous le nom de « Chambre Verte », un des nos rapports au cinéma est relié à notre découverte des acteurs, autant avec les acteurs eux-mêmes, en tant qu’êtres humains, qu’avec les personnages qu’ils incarnent à l’écran. Beaucoup de choses ont déjà été dites sur cette relation. Ce qui va nous intéresser plus spécifiquement ici, ce sont les premières rencontres, celles qui vont déterminer notre relation sur le long terme avec un acteur, son corps, ses possibles et/ou le(s) personnage(s) qu’il a porté(s). Quelle est l’importance de ces premières fois ? Quand et comment se produisent-elles ? A quel point notre intérêt pour un film peut dépendre essentiellement de la découverte d’un acteur ou d’un coup de cœur pour lui ? Cette faculté de pouvoir être constamment déplacé par un acteur dessine une cinéphilie aléatoire et imprévisible. A un point extrême où notre rapport à un film peut dépendre de notre désir de retrouver un acteur. Cette cinéphilie des premières fois n’est qu’un rapport parmi d’autres avec le corps de l’acteur. Nous l’exprimons ici tantôt par un rapport psychologique, tantôt par un rapport phénoménologique aux images. A ce titre, elle ne représente qu’un état affectif possible de la « Chambre Verte », une manière parmi d’autres d’en ouvrir les portes et d’entretenir une relation avec les corps dont nous conservons précieusement les traces.

L’imprévisibilité de cette facette de la cinéphilie est peut-être une affaire de premières fois, comme pour les premières émotions que l’on ressent devant les images d’un cinéaste dont on découvre le style et l’univers, et qui déterminera la suite de notre relation avec son œuvre. Avec les acteurs, il y a aussi événement, surgissement d’une nouveauté dans notre vie affective. Un corps inconnu jusqu’alors s’invite dans notre imaginaire pour y rester parfois jusqu’à notre mort. Le spectateur ne choisit pas le moment où il sera pris de court par un acteur. Les rencontres se produisent souvent quand il s’y attend le moins et, au fur et à mesure qu’elles s’accumulent, elles créent dans la vie cachée du cinéphile un grand archipel constitué de petits îlots habités par des acteurs différents. Ces premières rencontres, parce qu’elles sont imprévisibles et dépendent de plusieurs paramètres (notre état d’esprit du moment, etc.), peuvent ne pas avoir lieu du premier coup. Nous pouvons voir pour la première fois un acteur sans être interpellé. C’est seulement plus tard, lorsque l’acteur sera redécouvert dans un autre rôle, qu’il deviendra pour nous quelqu’un d’autre, qu’il se mette à exister d’une manière si différente qu’il parviendra à occuper une place particulière dans notre imaginaire de cinéphile. Il occupera alors son îlot. Il est donc très fréquent que la première rencontre, la vraie, ne se produise pas à la première rencontre historiquement datée. Bien entendu, elle peut aussi avoir lieu dans un cadre vierge, quand tous les acteurs nous sont inconnus et existent à travers des personnages forts sur une certaine durée. Si les rencontres avec les acteurs sont aléatoires et imprévisibles, cette facette de la cinéphilie confère à notre expérience du cinéma un caractère profondément malléable et indéfini. Chaque spectateur entretient un rapport différent avec ce monde commun du cinéma qu’il prolonge et expérimente d’une manière propre. L’activité cinéphilique de chaque spectateur tissera ainsi différemment cette grande toile à laquelle il apporte des extensions.

Nous allons essayer de montrer comment cette cinéphilie des premières fois dépend d’au moins deux types de relations aux acteurs. Nous pouvons nous attacher aussi bien à l’acteur lui-même, en tant que corps et vecteur d’expressions, qu’au(x) personnage(s) qu’il a incarné et qui lui collent à la peau. Ainsi, il ne faut évidemment pas oublier que notre attachement pour un acteur dépend toujours du personnage qu’il incarne. Il devient inséparable du corps auquel il a prêté vie, et traine cette image, ce double de lui-même, comme une aura et une seconde peau. Une majorité de spectateurs s’accorde pour dire que Bryan Cranston ou James Gandolfini auront toujours en eux une part de Walter White et de Tony Soprano. Il n’est néanmoins pas nécessaire que le personnage ait une « gueule » et que nous le suivions sur la durée, comme dans une série TV. Cette intensification de la rencontre, cette familiarisation avec un corps autant qu’avec un personnage, peut se produire à n’importe quel moment. C’est un processus inhérent à notre investissement affectif dans les images : le spectateur, selon son parcours cinéphilique (les films vus ou non, manqués ou redécouverts, et l’état d’esprit qui est le sien au moment où il découvre l’œuvre), est toujours susceptible d’associer à jamais un acteur à un personnage. Tout comme il peut ne pas faire correspondre les deux et être marqué seulement par les dispositions du corps de l’acteur. Ces assimilations, à divers degrés, marquent la vie de tout cinéphile, qui aura mobilisé durant ces instants précieux les émotions, affects et processus d’identification nécessaires à cette curieuse et imprévisible alchimie.

Chaque spectateur fait ainsi des rencontres différentes. Il y a autant d’assimilations possibles qu’il a d’images, autant de chambres vertes qu’il a de spectateurs. Dans l’imaginaire des cinéphiles, certains acteurs et certains personnages résistent à l’oubli parce qu’il y a eu rencontre, à la première vision ou parfois bien plus tard. Cet imaginaire est comme une carte avec des coordonnées géographiques, un grand archipel avec ses nombreux îlots, où chaque emplacement correspond à un moment de l’histoire du spectateur. Comme les premières fois se prolongent déjà de manière très spécifiques rien qu’en nous-mêmes, et qu’il serait vertigineux d’approcher la manière dont elles fonctionnent chez d’autres spectateurs, nous allons maintenant tenter de partager certaines expériences récentes, forcément très personnelles puisqu’elles résultent de nos perceptions, et forcément aussi très partiales et étranges car elles épousent le fonctionnement de nos affects, qui sont autant d’étapes précises, situées, de notre vie de cinéphilie traversée par les vies que nous propose le cinéma. Suite à ce que nous développions plus haut, nous nous concentrerons sur deux manières différentes de faire vivre un acteur. Il sera soit question d’un attachement immédiat et indissoluble pour un personnage incarné par l’acteur. Soit d’une redécouverte des possible du corps de l’acteur en tant que tel qui entraîne, non pas une identification avec un personnage précis, mais une nouvelle attente pour l’acteur en lui-même.

Ben Mendelsohn dans Bloodline

Bloodline, la série de Todd A. Kessler, Glenn Kessler et Daniel Zelman, nous a durablement marqué et, simplement d’abord, grâce aux personnages et aux corps qui les portent. Danny (Ben Mendelsohn), John (Kyle Chandler), Meg (Linda Cardellini) et Kevin (Norbert Leo Butz), les quatre frères et sœurs qui composent la fratrie Rayburn, deviennent ces personnages qui ne vont plus cesser, pour nous, de hanter les acteurs. Il n’est désormais plus possible de voir ces acteurs autrement que comme les personnages qu’ils incarnaient dans Bloodline. C’est typiquement une première fois qui crée un nouage affectif entre notre imaginaire de cinéphile, les acteurs et les personnages de la série. A l’avenir, allons-nous désormais rechercher ces personnages à travers ceux les acteurs incarnerons dans leurs prochains films ? Réussirons-nous à regarder ces acteurs indépendamment de ce qu’ils étaient dans Bloodline ? Nous y avons découvert pour le première fois Ben Mendelsohn. Nous l’avons vu ensuite dans plusieurs films où il fût systématiquement utilisé pour son côté bad boy, comme dans Slow West. Or, dans ce film, Ben Mendelsohn nous apparaît d’abord comme la caricature de son personnage dans Bloodline. C’est comme si on l’avait arraché à la série, tel un animal de cirque forcé de répéter indéfiniment le même numéro. Son personnage dans Slow West porte les traces, ou plutôt les stigmates, du Danny de Bloodline, au point d’être complètement livide et déboussolé. Il nous donne l’impression d’avoir été abandonné par la série et de naviguer entre les autres films à la recherche de la famille Rayburn. Comme si les personnages de Ben Mendelsohn, en quête de rédemption, ne cherchaient tous qu’à retrouver le paradis perdu de la maison familiale, avec l’espoir de ré-écrire le sort funeste de la série. C’est en tous cas avec et pour lui que nous traçons cet étrange destin. Tout, ici, s’entremêle. Nous ne savons plus très bien distinguer l’acteur, son personnage de Danny et les autres films de sa filmographie. A nos yeux, Ben Mendelsohn restera sans doute toujours le mauvais fils Rayburn. Par là, il devient à proprement parler « acteur » des autres films dans lesquels il joue.

Le même processus d’identification a fonctionné avec la série Netflix Unbreakable Kimmy Schmidt. A son origine, un émerveillement pour l’actrice principale, Ellie Kemper, inconnue au bataillon de nos acteurs aimés, et sa fraîcheur, son humour, son sourire, son énergie débordante. La première rencontre avec un acteur peut alors être romantique. Nous pouvons simplement tomber amoureux. Et qu’aimons-nous vraiment dans ce coup de foudre ? Pas seulement la personnalité du personnage ou le physique de l’acteur, mais aussi la découverte d’un monde nouveau auquel ceux-ci nous invitent, un monde nouveau que notre imaginaire de cinéphile ne connaissait pas encore et qui s’est désormais logé au creux de notre être. Nous aimons alors toujours cette première fois car elle est indissociable de notre sentiment amoureux. Nous la jalousons déjà parce que nous pensons être les premiers et les seuls à s’approprier ce nouveau corps, d’autant plus qu’il ne sera pas découvert de la même manière par tous les autres spectateurs. A nouveau, tout s’entremêle. Il n’est plus possible pour nous de voir Ellie Kemper autrement que comme le fantôme de Kimmy Schmidt. Elle aura toujours un pied dans la série, comme si c’était là dont elle provenait, comme si c’était sa véritable maison, comme si elle ne faisait que jouer quand elle n’est pas Kimmy Schmidt. Nous sommes peut-être alors avant tout fidèles aux lieux où se déroulent les rencontres. Nous assimilons des corps aux espaces. Notre imaginaire de cinéphile n’est donc peut-être qu’un grand terrain vague que nous remplissons d’espaces mentaux.

Parallèlement à ces rencontres qui se produisent du premier coup, nous pouvons aussi redécouvrir des acteurs que nous connaissions déjà et qui, pour diverses raisons – film manqué, personnages oubliables, état d’esprit dissipé, etc., n’ont pas attiré notre attention. Dans ce cas précis, l’identification et l’appropriation de l’image de l’acteur fonctionnent différemment. Nous n’allons plus lier, dans notre imaginaire, l’acteur et le personnage qui va nous le faire redécouvrir, mais prendre conscience de tous les possibles que l’acteur peut incarner et qu’un nombre restreint de films et de cinéastes ont jusqu’à présent su exploiter. Ou qui du moins n’ont pas su répondre à notre attente et à ce qui peut nous dérober. L’acteur devient le vecteur de possibles. Il ne portera pas en lui un personnage unique qui le traquera de film en film. Il nous apparaîtra plutôt comme le support indispensable de l’expérience d’œuvres que nous découvrirons par l’entremise des possibles qu’il saura mettre au jour. Ici, nous nous attachons donc beaucoup plus à l’acteur qu’au personnage.

Fabrizio Rongione

Fabrizio Rongione et Grégoire Leprince-Ringuet en sont deux exemples. Nous les avons redécouvert respectivement dans La Sapienza d’Eugène Green et Une Hisoire de fou de Robert Guédiguian. Auparavant, nous restions indifférents aux apparitions du premier chez les frères Dardenne, et le second nous évoquait vaguement quelques films de Christophe Honoré. Green est parvenu à nous faire croire au potentiel de Rongione en nous le montrant, à contre-emploi, sous les traits d’un architecte spirituel. Tout l’inverse de ses rôles chez les Dardenne, où il se fond dans le paysage. Au corps naturaliste assimilé aux mondes des Dardenne, Green oppose un corps bressonien qui se détache des espaces. Green redonne un corps à Rongione. Quand à Leprince-Ringuet, il suscitait en nous un vague souvenir de déjà-vu. Nous nous demandions même si ce n’était lui ou un autre acteur. Dans Une Hisoire de fou, il incarne parfaitement un personnage obstiné, victime du terrorisme, qui désire comprendre coûte que coûte ce qui lui est arrivé. Le personnage est d’abord très bien écrit, mais il doit aussi sa force au jeu nuancé de Leprince-Ringuet, qui est capable de faire basculer le film par la tonalité de sa voix. Redécouverte de corps et de voix. C’est ce que nous rechercherons avec intérêt dans nos prochaines rencontres avec eux.

Citons également notre rencontre avec Roxane Duran dans Évolution de Lucile Hadzihalilovic. Dès qu’elle apparaît à l’écran, notre mémoire se met à fonctionner. Dans quels films l’avons-nous vue ? Le Ruban Blanc est le premier nom à sortir, puis Michael Kohlhaas, et ensuite, après consultation de sa filmographie, nous nous rappelons d’elle dans Le Moine et 17 filles. Nous l’avions vue mais sans la voir. Son austère beauté avait certes frappé à la porte de notre imaginaire, mais sans parvenir à y rentrer. Seule Lucile Hadzihalilovic a su faire sortir Duran de ses précédents personnages. D’où l’impression, avec Évolution, de la voir pour la première fois, de la voir enfin. Si elle pouvait systématiquement être filmée de cette manière, elle pourrait faire prendre vie à une large gamme de possibles. A l’instar de Rongione et Leprince-Ringuet, Roxane Duran devient pour nous, après cette redécouverte, une actrice de possibles, qui nous intéresse moins pour ses personnages que pour la singularité des expressions de son corps. Notre relation avec les acteurs dépend évidemment beaucoup du cinéaste. C’est un point important que nous n’évoquerons pas ici et sur lequel nous reviendrons peut-être dans le futur.

Terminons par un cas plus complexe, mais tout aussi courant, qui mêle les deux types de relations aux acteurs que nous avons tenté d’évoquer. Il s’agit de notre redécouverte de Reese Weetherspoon dans Walk the line, le biopic de James Mangold sur Johnny Cash, où elle incarne June Carter. Le film nous la présente pour la première fois lors d’un concert qui marque aussi la première rencontre entre Johnny Cash et June Carter. Mangold nous identifie au regard amoureux de Cash lorsqu’il voit enfin « en vrai » celle qu’il écoutait à la radio quelques années auparavant. Dans cette mesure, le spectateur pourra plus facilement épouser la perception romantique de Cash, et s’approprier ainsi le coup de foudre du personnage. Il va sans dire que nous avons complètement marché. Reese Weetherspoon n’est plus une actrice comme les autres, indifférente au courant de notre vie. Elle occupe désormais un îlot de notre imaginaire de la même manière qu’elle investissait la scène du concert. Ici, bien qu’il y ait eu un « coup de foudre », nous n’avons pas associé par la suite Weetherspoon au personnage de June Carter. Notre regard sera certainement plus affectif maintenant, mais nous le devrons moins à son personnage qu’aux dispositions de son corps. Nous avons pu la voir avec beaucoup de plaisir dans d’autres films sans déceler June Carter à même ses traits. Est-ce parce que nous connaissions déjà Weetherspoon et qu’il ne s’agit pas d’une première rencontre « historique » ? Ce type de première rencontre avec un acteur condamne-t-il celui-ci à être associé définitivement avec son personnage ? D’une certaine manière, ne faudrait-il pas manquer un acteur à la première rencontre pour éviter de l’associer à un personnage et mieux le redécouvrir à l’avenir, à travers tous les possibles qu’il peut incarner ? Ou bien tout dépend du travail du cinéaste ?

Les liens qui nous unissent aux acteurs sont donc aussi diversifiés que difficilement cernables. A eux seuls, au sein de la pluralité de notre expérience de cinéphile, ils dessinent les contours d’une cinéphilie des acteurs, avec ses modes de fonctionnement propres, qui serait en même temps une cinéphilie des premières fois. On pourrait nous reprocher d’être souvent trop psychologue et, dans un sens, de niveler cette pratique de la cinéphilie : tout le monde aurait ses raisons. Il reste difficile de ne pas accorder d’intérêt à une relation, même primaire, fanatique, de goût, entre un spectateur et un acteur. Mais alors, si tout est relatif, nous sortons du cadre de la cinéphilie et d’une tentative de réflexion sur le cinéma. L’important reste alors les mots , toujours les mots : il faut pouvoir sauver les modalités de ces relations, les expliquer, les comprendre. Et alors seulement ce qui est profondément subjectif s’insère dans une pratique de réflexion sur le cinéma. Cette cinéphilie des premières fois n’a pas été inventée par les séries TV, car elle se soustrait à un genre précis et est corrélative de notre rapport aux images. Elle nous fait confondre l’art et la vie, au point où les rencontres que nous pouvons faire à l’écran finissent par être beaucoup plus fortes que certains liens que nous avons créés dans la « vie réelle ». Ces rencontres nous parlent d’abord de notre vie, de ce que nous y cherchons, de ce que nous attendons d’elle. Nous voulons sans doute y faire des rencontres similaires, ou ressembler à ces corps et être à leur place. Faire la rencontre d’un acteur, que ce soit pour lui-même ou pour un personnage qui lui colle à la peau, va au final toujours déborder notre vie de cinéphile pour se répercuter dans la manière dont nous regardons le monde et nous rapportons aux autres. Tout cela est aléatoire et imprévisible : c’est ce qui fait que les cinéphiles dépendent beaucoup du cinéma.

Guillaume Richard

Co-fondateur et rédacteur du Rayon Vert.


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Pour citer cet article : Guillaume Richard, « Cinéphilie des premières fois : De ces rencontres imprévisibles avec les acteurs », dans Le Rayon Vert [En ligne], publié le 14 mai 2016, imprimé le 16 December 2018, URL : https://www.rayonvertcinema.org/cinephilie-des-premieres-fois/.