Ce que l'on apprend des ténèbres, dans Lessons of Darkness, c'est d'abord leur texture, leur épaisseur, leur consistance. Il ne faut pas y chercher de métaphore : l'obscurité est d'abord matérielle, c'est celle du pétrole qui se répand partout. La guerre du Golfe a laissé derrière elle, dans les plaines koweïtiennes, des puits éventrés par les bombardements, dont le brut jaillit du sous-sol et inonde les terres. Partout, les sols, les arbres, les infrastructures sont recouverts d'un liquide gluant, et les jets qui s'échappent des puits s'embrasent, composant un paysage infernal. La guerre que donne à voir Werner Herzog est d'abord la lutte contre cet ennemi sans visage, contre ces flammes et ces étendues dévastées.
