Il serait possible de chercher à saisir l’histoire de Chronic (2015) par un bout psychologique, celui d’un infirmier qui, suite à un drame, se sépare de sa famille et remonte la pente aux côtés de ses patients. Toutefois, cette lecture ne saurait épuiser le film de Michel Franco qui, dans le même temps, s’acharne à montrer les ambiguïtés et la violence des relations de soin. Mais si le réalisateur se plaît à confondre la douceur du travail infirmier avec la brutalité de la maladie et des rapports sociaux et s’il se refuse à dépouiller ses personnages de leurs troubles, c’est bien davantage l’expression d’un attrait pour l’humain dans sa complexité que celle d’une misanthropie. Il est désormais courant d’établir que Sundown puis Memory, marquent une étape dans la filmographie de Franco, réconciliant certains des spectateurs avec le réalisateur. Mais Chronic contient déjà en lui-même les fondations nécessaires à ce basculement.
