Un space trip avec Thor et les Avengers : Les Blockbusters à l’ère du délire perceptif
Par Guillaume Richard, le 25 juin 2018
Pour Le Rayon Vert

Thor Ragnarok siège drogue

Un space trip avec Thor et les Avengers : Les Blockbusters à l’ère du délire perceptif

Un space trip avec Thor et les Avengers : Les Blockbusters à l’ère du délire perceptif

Analyse des références à la drogue dans « Thor : Ragnarok » (2017) et les films Marvel

L’analyse des liens qui existent entre le cinéma et les effets de la consommation de drogue est encore à ce jour marginale dans les études cinématographiques. L’expérience de celui qui décide de se droguer, avec l’altération de la perception qui l’accompagne, est rarement mobilisée pour comprendre des films qui appellent pourtant ouvertement le paradigme de la défonce. Cette absence est sans doute liée à la dévaluation (logique) de ce type d’expérience, tenue depuis toujours à l’écart des bonnes mœurs et dans les marges de notre propre maîtrise consciente du monde. Les pouvoirs anarchiques de la drogue fascinent et font peur à la fois. Pourtant, nous le savons depuis toujours, avec les grands poètes ou les révolutions hippies des années 60, la drogue occupe une place essentielle dans le processus créatif autant que dans la forme des œuvres elles-même. C’est un secret de polichinelle qu’on feint de ne pas voir. Une image dans le tapis : explicite sans l’être totalement. Un nombre incalculable d’œuvres se réfère explicitement ou non aux délires du drogué. C’est aussi un sujet pop et commercial, inséparable de la contre-culture et d’une certaine aptitude à la coolitude. On dit souvent du cinéma qu’il se confond avec un rêve éveillé. Qu’il donne à voir le monde et qu’il permet de se voir soi-même, en tant qu’être humain, projetant sur l’écran ses désirs et mettant à l’épreuve son sens éthique. Mais c’est aussi un art chamanique et hallucinatoire, non seulement pour ceux qui racontent les histoires et les fabriquent, mais également pour les spectateurs, avides de trips sophistiqués et de sensations fortes. Les blockbusters de l’ère numérique marquent peut-être l’accomplissement de cette destinée inavouée du cinéma, portée par la drogue et le délire psychédélique. Les effets spéciaux ont atteint un tel degré de technicité qu’ils permettent maintenant de réaliser les trips les plus fous. Par là, le blockbuster ne « tournoierait pas indéfiniment dans un grand huit un peu idiot »(1) »Des manèges disjonctés de Mondwest à ceux de Jurassic Park ou de Destination Finale 3, tout se passe donc comme si le parc avait servi à démythifier une forme de plaisir littéralement coupable : le public y est châtié pour s’être oublié dans les images du divertissement next-gen. Une manière d’appel à voir la part mi-joyeuse, mi-ubuesque d’un cinéma qui serait entièrement revendu à la cause foraine, comme à sa préhistoire. A l’heure où le blockbuster tournoie indéfiniment dans un grand huit un peu idiot, la prophétie semble s’être concrétisée. Le parc a d’ailleurs disparu des intrigues : sans doute parce que les films, l’ayant intégré à leur propre logiciel, l’ont depuis longtemps englouti et digéré. » Yal Sadat, « La fabrique des mondes – Anatomie du parc à thèmes » in Carbone, Lyon, 2018, p.229 , mais aurait atteint la forme ultime de l’expérience perceptive qu’il peut offrir aux spectateurs. À rebours des clichés tenaces qui ne traduisent au fond que notre incapacité à comprendre un genre de films prétendument écervelés, nous allons tenter d’approcher le film de super-héros, et particulièrement ceux de la franchise Marvel, à travers l’expérience perceptive qu’il propose.

L'expérience de la drogue dans Las Vegas Parano

Les films Marvel sont devenus la cible favorite des critiques intellectuelles. Des avis nécrologiques s’enchaînent depuis quelques années pour en déplorer leur nullité pendant qu’ils rencontrent un succès croissant auprès du public et, à coup sûr, forgent des imaginaires. James Cameron déclarait récemment être lassé des Avengers (2) « Ce n’est pas que je n’aime pas ces films, mais franchement, les gars, il y a d’autres histoires à raconter que celles d’hommes remplis de testostérone qui n’ont pas de famille et qui se battent à mort pendant deux heures en détruisant des villes sur leur chemin ». https://www.20minutes.fr/arts-stars/cinema/2259975-20180423-james-cameron-marre-films-avengers-kevin-feige-repond , embrayant ainsi le pas de Steven Spielberg qui prédisait leur fin économique. Ce dernier a depuis nuancé ses propos en défendant Les Gardiens de la Galaxie (3)« Mais de tous, le film de super-héros qui m’a le plus impressionné est celui qui ne se prend pas du tout au sérieux, à savoir Les Gardiens de la Galaxie. Une fois le film fini, je suis sorti du cinéma en ayant l’impression d’avoir fait l’expérience de quelque chose de nouveau, libéré de tout cynisme et qui ne se souciait pas d’être sombre quand il n’y en avait pas besoin.» https://www.melty.fr/marvel-studios-steven-spielberg-devoile-son-film-prefere-a528085.html
et Black Panther (4) «I think Ryan Coogler did an amazing job writing and directing a movie that is culturally, perhaps, the largest cultural break-out film of the last decade. It’s going to really change things and keep things changed for the betterment of all of us. I think the whole idea that young white kids from principally red communities are going to say ‘I want to grow up and look and be just like Black Panther.’ I think that’s a wonderful, wonderful thing that’s happening right now. » https://www.flickeringmyth.com/2018/03/steven-spielberg-praises-marvels-black-panther-and-its-cultural-significance/ tout en annonçant la production imminente d’un film de super-héros par le studio Amblin. Les louanges de Spielberg sont formulées dans des termes convenus. Les Gardiens de la Galaxie est apprécié pour sa désinvolture, tandis que Black Panther est jugé pour son importance culturelle et ses vertus éthiques. On retrouve là les ingrédients bien connus de la recette Marvel : humour et esprit de sérieux, les deux étant inséparables d’une touche décontractée que le studio a su imposer. De manière générale, « les blockbusters récents, avec un succès variable, jouent systématiquement la carte de la nostalgie, s’appuie sur des passages humoristiques et ciblent un public familial. » (5) Gérardin, Tim, Christopher Nolan, la possibilité d’un monde, Playlist Society, Levallois-Perret, 2018, p.111 . Cette définition, injustement restrictive, est la plus couramment acceptée aujourd’hui. Dans bien des cas, elle permet simultanément de décrier les films qu’elle englobe. Et n’en déplaise aux puristes, Spielberg et Cameron sont tout autant concernés que les autres.

Postulons un autre point départ : il n’y aurait pas d’une part des blockbusters nobles et des blockbusters pauvres, mais une seule et même esthétique favorisant un rapprochement avec le trip hallucinatoire. Tous les films à effets spéciaux s’inscrivent dans l’élan procuré par la révolution numérique. C’est précisément l’esthétique de cette révolution qui demeure encore peu étudiée. Il n’est plus question ici de thématique, mais d’un système perceptif qui se construit en partie sur l’expérience de la consommation de drogue. Nous le verrons, ce renversement de perspective permet de nuancer le choix des principales caractéristiques qu’on attribue généralement au genre, en premier lieu celui du commerce de la nostalgie et, bien entendu, sa dimension résolument familiale. Mais surtout, il pose une question morale. La place de la drogue dans notre société, importante dans l’histoire de notre culture tout en étant tenue dans les marges, est déjà en soi schizophrénique. N’est-il pas inquiétant de voir l’esthétique des blockbusters se rapprocher ouvertement du trip hallucinatoire ? C’est un peu comme si Las Vegas Parano avait pignon sur rue, certes à une échelle réduite et aseptisée, mais le dispositif est en place et ne peut qu’éveiller les désirs de repousser les limites de la perception. Nous ne postulons pas ici une relation de cause à effet primaire présupposant la naïveté du spectateur, qui ne ferait que reproduire ce qu’il voit à l’écran – bien que Las Vegas Parano ne soit pas un film culte pour rien. Mais une étrange prédisposition des blockbusters à lorgner vers le trip, qui serait elle-même constitutive du cinéma et de notre rapport aux images. Le cinéma aurait le pouvoir de nous donner envie de planer sans nous avertir des dangers. Les blockbusters à destination d’un large public, étonnamment, ne se sont pas interdits d’explorer ces nouveaux terrains de jeu offerts par le développement des effets spéciaux numériques.

Le poster psychédélique de Thor Ragnanok Le poster de Thor Ragnanok, avec ses couleurs vintage, annonçait un nouveau délire kitsch emprunt de nostalgie, dans la lignée directe des Gardiens de la galaxie. Le film contient pourtant peu de références explicites à la pop culture. Il ne dégaine pas non plus l’habituelle coolitude hyper référencée qui a fait le succès des précédents Marvel. Au contraire, Thor Ragnanok propose un dispositif qui court-circuite la perception par le biais d’une mise en scène du corps drogué : un corps devenu incontrôlable et impuissant dont les perceptions sont altérées par des expériences qui ressemblent à des trips hallucinatoires. Dans une des premières scènes, Thor se trouve dans le manoir du Doctor Strange. Ce dernier lui joue une série de tours grotesques qui lui font perdre ses repères spatiaux. Thor est téléporté à son insu dans différentes pièces de la maison, se retrouve avec un verre de bière à la main sans même le demander et finit, au bout de sa petite balade tortueuse, par dégringoler les escaliers du manoir. La grossièreté assumée du montage, qui procède par coupe sèche, crée pour le spectateur la même impression de perte de repère que pour le personnage. Un peu comme si nous étions stone. Dans la suite de son aventure, Thor est capturé par une chasseuse de primes qui place sur son cou un capteur paralysant ses facultés motrices. Thor, prisonnier de son hôte, se retrouve alors attaché sur un trône mobile qui le fait traverser une sorte de trip interstellaire où lui est présenté le délire mégalo du Grand Maître (Jeff Goldblum). Le corps du héros est à nouveau dépossédé de sa puissance et est soumis aux effets psychotropes qui le contrôlent ou se présentent à lui. Enfin, le cas de Hulk est son tour particulièrement éclairant. Bruce Banner, également captif du Grand Maître, vient de passer deux années complètes dans le corps du monstre vert sans jamais retrouver son apparence humaine. Lorsqu’il atterrit, Banner est complètement déboussolé, comme s’il revenait d’un long trip. Son sens de la réalité est à ce point altéré qu’il donne l’impression d’être encore coincé dans un univers parallèle. Se transformer en Hulk, si cela n’a jamais été montré comme un don ni même comme un pouvoir positif, est ici assimilé à une expérience intense de défonce, une plongée dans un long trip où le corps humain, dominé par les forces psychotropes de la bête, s’abandonne totalement à une expérience psychédélique.

Thor sur son siège dans Thor ragnanok

Thor Ragnanok pose ainsi les bases d’une réflexion stimulante : quels sont les liens possibles entre le film de super-héros et l’expérience de la défonce ? Et de quelle manière cette intrication houleuse, résolument non familiale et ne jouant pas la carte de la nostalgie, influence-t-elle le statut de l’héroïsme véhiculé par les films Marvel ? Doctor Strange (2016, Scott Derrickson) pourrait parfaitement résumer la trajectoire de ce nouveau héros qui contrôle les pouvoirs de son corps après s’être entièrement abandonné à des forces qui le dépassent. Strange est un chirurgien arrogant et matérialiste qui va découvrir les pouvoirs de l’esprit. En voyage au Tibet pour retrouver l’usage de ses mains après un grave accident, il rencontre le maître d’une discipline obscure (Tilda Swinton) qui va le projeter dans un trip intergalactique où toutes ses certitudes vont être bousculées. Strange se trouve ainsi propulsé dans une aventure qui n’a plus rien de logique. Après avoir accepté sa destinée, il répétera à plusieurs reprises dans le film qu’il ne comprend pas ce qu’il se passe ni ce qui lui arrive. A l’instar de Thor Ragnanok, la mise en scène du corps héroïque dans Doctor Strange est assimilée à un long trip dénué de sens. Ce dispositif se retrouve également dans les films les plus sérieux de la franchise Marvel, comme le récent Black Panther (2017, Ryan Coogler). Si le héros est déjà ici conscient des règles du monde auquel il appartient, il doit néanmoins, pour devenir roi, absorber un psychotrope puissant obtenu à partir de plantes fluorescentes. Le lien est pour le moins évident. Dans son trip, Black Panther débarque dans un monde translucide où il rencontre des panthères aux yeux brillants perchant sur un arbre isolé au milieu de la savane. Une des panthères se révèle même être le père défunt du héros. Puissante, la came ! Nous pourrions encore citer les voyages délirants de Ant-Man dans le monde de l’infiniment petit, qui se confond là aussi avec un trip mettant à l’épreuve le corps humain.

Il pourrait donc y avoir au départ de l’héroïsme Marvel une expérience fondatrice de défonce liée à une remise en question du monde cartésien ainsi qu’un abandon du corps à des forces qu’il ne maîtrise pas. Cette tendance ne se vérifie peut-être dans pas dans tous les films, et en premier lieu dans ceux que nous estimons être les plus faibles (les Avengers & Captain America), mais elle traduit potentiellement la part chaotique qui anime à sa source la nature de chaque super héros. A côté de ce dispositif narratif (dé)mobilisant les personnages, les effets des trips se font également ressentir pour le spectateur. Non seulement nous sommes projetés en même temps que les héros dans des délires visuels parfois indigestes (et remplissant donc, par là, parfaitement leur rôle) mais, surtout, la surenchère d’effets spéciaux et l’omniprésence de détails visuels rapprochent la vision des films de l’expérience hallucinatoire. C’est un fait curieux et peu questionné : et si la vocation du blockbuster des années 2000 était de nous retourner la tête ? La frontière semble par moment se réduire entre le spectacle pour le spectacle et un trip, certes éveillé mais halluciné, qui nous bombarde d’effets que seule la technique actuelle permet de créer. Cette idée n’est pas neuve, mais elle pourrait avoir atteint son paroxysme. Du losange lumineux sur l’affiche de Thor Ragnanok, en plus de tous les motifs et visions pychés qui parsèment le film, aux mandalas mouvants du générique final de Doctor Strange, les films Marvel regorgent de symboles et d’analogies suggérant un lien conceptuel entre entre son expérience perceptive et celle du trip psychédélique. Du moins s’y retrouve toujours une invitation à voyager, avec ou sans drogue.

Les motifs psychédéliques et le Mandala dans Doctor Strange

Sur la relation entre le cinéma et les psychotropes, Dick Tomasovic déploie une réflexion stimulante. « On est spectateur avant d’être buveur, on découvre les effets de la boisson alcoolisée par sa représentation avant d’en faire la réelle connaissance par l’expérience, on devine le pouvoir de son trouble, ses puissances de métamorphoses et ses forces déséquilibrantes, régénératrices ou mortifères bien avant de se trouver en situation d’ingérer un quelconque breuvage alcoolisée »(6)Tomasovic, Dick, Shots, Alcool & Cinéma, Paris, Les éditions du Caïd, p.8 . Il poursuit ensuite en comparant l’alcool et la drogue. « Le buveur est conscient de son ivresse, il n’ignore pas le filtre qui trouble sa vue, il prend en considération l’altération du monde que l’alcool a fait naître, il sait qu’il voit double et pourquoi il voit double, son délire n’est pas forcement maîtrisé, mais il est connu et explicable. Tout être ivre s’avoue toujours son ivresse. Il sait qu’il est autre tout en étant lui-même, parce qu’il se sent intensément lui-même en s’abandonnant à l’autre de lui-même. Au contraire, l’usage des stupéfiants offre un délire qui n’est pas toujours conscient de lui-même et qui substitue au monde un autre univers totalement autarcique, isolant le consommateur de son entourage en l’emportant dans un ailleurs lointain. L’ivresse est une greffe sur le monde, alors que le psychédélisme procède à son remplacement. L’un travaille la vérité, l’autre y subroge la chimère. »(7) Ibid, p.11

Nous pourrions, à la suite de Tomasovic, avancer deux grandes idées. La première, c’est que dans bien des cas, le spectateur fait l’expérience des effets de la drogue au cinéma avant même de les expérimenter dans la réalité. Le cinéma favorise un imaginaire du voyage propice à être exploré sous l’effet des drogues, quand ce ne sont pas les films eux-mêmes, comme Las Vegas Parano, qui servent d’impulsion au désir d’essayer les stupéfiants. Éprouver les limites de la perception, défricher de nouveaux espaces imaginaires, s’aventurer au-delà d’un quotidien balisé, sont des points communs que le cinéma et la drogue partagent. On ne naît pas drogué, on le devient par une opération qui trouve son origine dans l’imaginaire. Celui-ci peut être stimulé par les puissances visuelles du cinéma qui travaille peut-être moins la vérité qu’il ne substitue au monde une chimère. C’est là le deuxième point : le cinéma offre à l’expérimentateur une source inépuisable de délires à explorer. Les films sont des mondes autarciques au sein desquels il est tout à fait possible de se perdre, avec ou sans drogues. Celui qui a déjà regardé un film sous influence comprendra sans difficulté notre propos. Il n’est pas question d’adrénaline ou de porosité avec le jeu vidéo : les images gorgées d’effets spéciaux favorisent les aventures perceptives et les trips visuels.

Les blockbusters du XXIème siècles, avec leur surenchère d’effets numériques, inventent peut-être ouvertement des images et des motifs prévus à cette fin. La seule satisfaction d’une soif de grand spectacle n’est pas suffisante pour expliquer toutes les subtilités et les interactions possibles à l’œuvre dans ce type de film. Les Marvel, comme nous l’avons vu, jouent clairement la carte du film cool et stone parsemé d’allusions. Si on veut avancer une explication, on pourrait déjà revenir à notre constat introductif : c’est la société qui exclut dans ses marges l’expérience des drogues et la transforme en impensé de notre culture. Afin de ne pas la regarder en face, on préfère assimiler le blockbuster au parc d’attraction, comme si la recherche de l’adrénaline s’effectuait pour elle-même, sans lien avec notre rapport au monde et aux limites qu’il y a à tester. Les intentions qui nous animent ne sont pas toujours propres, et rien, dans notre expérience au monde, ne nous sépare de notre corps vivant. La candeur et le mépris qui accompagnent l’étude des blockbusters est un bel exemple de déni, alors que s’y rejoue explicitement notre désir d’expérimenter autrement la réalité.

Fiche Technique

Réalisation
Taika Waititi

Acteurs
Chris Hemsworth, Tom Hiddleston, Cate Blanchett, Mark Ruffalo, Tessa Thompson, Jeff Goldblum, Benedict Cumberbatch

Durée
2h10

Genre
Action, Comédie, Fantastique

Date de sortie
2017

Guillaume Richard

Co-fondateur et rédacteur du Rayon Vert.

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Notes   [ + ]

1. »Des manèges disjonctés de Mondwest à ceux de Jurassic Park ou de Destination Finale 3, tout se passe donc comme si le parc avait servi à démythifier une forme de plaisir littéralement coupable : le public y est châtié pour s’être oublié dans les images du divertissement next-gen. Une manière d’appel à voir la part mi-joyeuse, mi-ubuesque d’un cinéma qui serait entièrement revendu à la cause foraine, comme à sa préhistoire. A l’heure où le blockbuster tournoie indéfiniment dans un grand huit un peu idiot, la prophétie semble s’être concrétisée. Le parc a d’ailleurs disparu des intrigues : sans doute parce que les films, l’ayant intégré à leur propre logiciel, l’ont depuis longtemps englouti et digéré. » Yal Sadat, « La fabrique des mondes – Anatomie du parc à thèmes » in Carbone, Lyon, 2018, p.229
2. « Ce n’est pas que je n’aime pas ces films, mais franchement, les gars, il y a d’autres histoires à raconter que celles d’hommes remplis de testostérone qui n’ont pas de famille et qui se battent à mort pendant deux heures en détruisant des villes sur leur chemin ». https://www.20minutes.fr/arts-stars/cinema/2259975-20180423-james-cameron-marre-films-avengers-kevin-feige-repond
3.« Mais de tous, le film de super-héros qui m’a le plus impressionné est celui qui ne se prend pas du tout au sérieux, à savoir Les Gardiens de la Galaxie. Une fois le film fini, je suis sorti du cinéma en ayant l’impression d’avoir fait l’expérience de quelque chose de nouveau, libéré de tout cynisme et qui ne se souciait pas d’être sombre quand il n’y en avait pas besoin.» https://www.melty.fr/marvel-studios-steven-spielberg-devoile-son-film-prefere-a528085.html
4. «I think Ryan Coogler did an amazing job writing and directing a movie that is culturally, perhaps, the largest cultural break-out film of the last decade. It’s going to really change things and keep things changed for the betterment of all of us. I think the whole idea that young white kids from principally red communities are going to say ‘I want to grow up and look and be just like Black Panther.’ I think that’s a wonderful, wonderful thing that’s happening right now. » https://www.flickeringmyth.com/2018/03/steven-spielberg-praises-marvels-black-panther-and-its-cultural-significance/
5. Gérardin, Tim, Christopher Nolan, la possibilité d’un monde, Playlist Society, Levallois-Perret, 2018, p.111
6.Tomasovic, Dick, Shots, Alcool & Cinéma, Paris, Les éditions du Caïd, p.8
7. Ibid, p.11

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Pour citer cet article : Guillaume Richard, « Un space trip avec Thor et les Avengers : Les Blockbusters à l’ère du délire perceptif », dans Le Rayon Vert [En ligne], publié le 25 juin 2018, imprimé le 26 September 2018, URL : https://www.rayonvertcinema.org/thor-3-ragnarok-analyse/.