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James Gray

James Gray filme l’impossibilité de coïncider avec soi-même. Son cinéma raconte peut-être une résignation teintée de désespoir, ou l'histoire d'un homme, peut-être celle, cinématographique, du cinéaste lui-même, incapable de vivre à la hauteur de ce qui sommeille en lui. L'homme de James Gray est dostoïevskien, il le cite souvent comme influence, mais aussi tchékhovien : un homme sans étui, où l’essentiel se joue dans l’invisible, dans ce que les mots ne peuvent nommer, pris dans la banalité du quotidien, désamorcés par la lenteur des gestes, enferrés dans une mélancolie sans résolution.

Joaquin Phoenix et Vinessa Shaw s'embrassent dans Two Lovers
Rayon vert

« Two Lovers » de James Gray : Le drame du seuil

27 octobre 2025
Si Two Lovers a tous les apparats de l'histoire d'amour, il est fondamentalement tourné autrement. S'y met en scène un rapport existentiel au monde. Il raconte l'égarement, comme tournoie au ciel le soleil, un tournoiement sans raison, comme son personnage Leonard va de côté, ou bien le malheureux, ou bien le fou, ou la pensée, en rond.
Jaylin Webb et Anthony Hopkins assis sur un banc dans Armageddon Time
Rayon vert

« Armageddon Time » de James Gray : Enfance sans fards

25 novembre 2022
Dans Armageddon Time, James Gray n’entend pas poser sur sa jeunesse un regard nostalgique et émouvant, informé par l’adulte et l’artiste qu’il est devenu, mais travaille plutôt avec les exigences parfois arides de la quête d’exactitude du souvenir. S’attachant à traduire les contours indécis et les silhouettes d’un passé résolument sombre, coulés dans l’étroitesse et la violence du cadre domestique et scolaire, il offre néanmoins à son alter ego Paul Graff une véritable épaisseur et une porte de sortie finale, lui permettant à la fois d'échapper à la rudesse du monde tout en continuant à le hanter.
Brad Pitt dans Ad Astra
Critique

« Ad Astra » de James Gray : Per monstra, père monstrueux

11 octobre 2019
La force des films de James Gray consiste notamment dans la douce inquiétude d’un regard mélancolique qui désamorce l’hystérie caractéristique du roman névrotique familial. « Ad Astra » n'y déroge pas, quand bien même relève-t-il pleinement du familialisme comme idéologie conformant le régime de représentation hollywoodien.
The Immigrant (Film, 2013)
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« The Immigrant » de James Gray : Faire parler le Cœur

18 mars 2019
« The Immigrant » prête l’oreille à de nombreuses questions de langage. Les différentes langues parlées et la manière dont les personnages s’expriment sont autant d’éléments moteurs d'un récit où les personnages tentent de s’affranchir de leur milieu comme de leurs démons intérieurs, en posant des mots sur leurs plaies.