« Two Lovers » de James Gray : Le drame du seuil
Si Two Lovers a tous les apparats de l’histoire d’amour, il est fondamentalement tourné autrement. S’y met en scène un rapport existentiel au monde. Il raconte l’égar...
James Gray filme l’impossibilité de coïncider avec soi-même. Son cinéma raconte peut-être une résignation teintée de désespoir, ou l’histoire d’un homme, peut-être celle, cinématographique, du cinéaste lui-même, incapable de vivre à la hauteur de ce qui sommeille en lui. L’homme de James Gray est dostoïevskien, il le cite souvent comme influence, mais aussi tchékhovien : un homme sans étui, où l’essentiel se joue dans l’invisible, dans ce que les mots ne peuvent nommer, pris dans la banalité du quotidien, désamorcés par la lenteur des gestes, enferrés dans une mélancolie sans résolution.
4 textes51 minutes de lecture
Two Lovers, 2008
The Immigrant, 2013
Ad Astra, 2019
Armageddon Time, 2022Si Two Lovers a tous les apparats de l’histoire d’amour, il est fondamentalement tourné autrement. S’y met en scène un rapport existentiel au monde. Il raconte l’égar...