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James Gray

James Gray filme l’impossibilité de coïncider avec soi-même. Son cinéma raconte peut-être une résignation teintée de désespoir, ou l’histoire d’un homme, peut-être celle, cinématographique, du cinéaste lui-même, incapable de vivre à la hauteur de ce qui sommeille en lui. L’homme de James Gray est dostoïevskien, il le cite souvent comme influence, mais aussi tchékhovien : un homme sans étui, où l’essentiel se joue dans l’invisible, dans ce que les mots ne peuvent nommer, pris dans la banalité du quotidien, désamorcés par la lenteur des gestes, enferrés dans une mélancolie sans résolution.

4 textes51 minutes de lecture

Les textes

  1. Two Lovers, 2008

    Le drame du seuil

    Si Two Lovers a tous les apparats de l'histoire d'amour, il est fondamentalement tourné autrement. S'y met en scène un rapport existentiel au monde. Il raconte l'égarement, comme tournoie au ciel le soleil, un tournoiement sans raison, comme son personnage Leonard va de côté, ou bien le malheureux, ou bien le fou, ou…par David Fonseca11 min
    11 min
  2. The Immigrant, 2013

    Faire parler le Cœur

    « The Immigrant » prête l’oreille à de nombreuses questions de langage. Les différentes langues parlées et la manière dont les personnages s’expriment sont autant d’éléments moteurs d'un récit où les personnages tentent de s’affranchir de leur milieu comme de leurs démons intérieurs, en posant des mots sur leurs…par Jérémy Quicke7 min
    7 min
  3. Ad Astra, 2019

    Per monstra, père monstrueux

    La force des films de James Gray consiste notamment dans la douce inquiétude d’un regard mélancolique qui désamorce l’hystérie caractéristique du roman névrotique familial. « Ad Astra » n'y déroge pas, quand bien même relève-t-il pleinement du familialisme comme idéologie conformant le régime de représentation…par Des Nouvelles du Front cinématographique9 min
    9 min
  4. Armageddon Time, 2022

    Enfance sans fards

    Dans Armageddon Time, James Gray n’entend pas poser sur sa jeunesse un regard nostalgique et émouvant, informé par l’adulte et l’artiste qu’il est devenu, mais travaille plutôt avec les exigences parfois arides de la quête d’exactitude du souvenir. S’attachant à traduire les contours indécis et les silhouettes d’un…par Pierre Mathieu24 min
    24 min

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